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Le poisson traité a la cote

14 décembre 2005, 20:00

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Les poissons en barquettes sont plus chers mais la consommation est en hausse et les congélateurs des supermarchés en regorgent. Ce créneau, promis à un bel avenir, profite, d?une part, aux producteurs et, de l?autre, aux consommateurs. D?autant plus qu?il n?est pas facile de trouver du La Perle de taille raisonnable...

?Nous avons répondu à la demande des ménagères, explique Hemraz Ghina, directeur de National Cold Storage (NCC) et président de la Bank Fishing Operators Association. Quand elles rentrent du travail, elles préfèrent cuire du poisson déjà nettoyé et tranché.?

Sonny Wong, Sales and Marketing Manager de Happy World Foods (HWF) et Suren Nandee, directeur de la Nandee Cold Storage (NCS) abondent dans le même sens. ?C?est une tendance attendue mais pas exceptionnelle, précise Sonny Wong. Les consommateurs sont prêts à débourser plus pour un produit qui leur facilite la vie mais la vente du poisson La Perle est nettement supérieure.?

HWF se targue de son unité d?empaquetage aux normes internationales de sécurité alimentaire tandis que la NCS a investi Rs 5 millions dans une nouveau département d?empaquetage pour une meilleure présentation du produit.

Sur les 4 500 tonnes de poisson blanc, c?est-à-dire le sacréchien, le capitaine et autres, qui sont consommées annuellement, entre 12 % à 15 % sont en barquettes.

Au kilo, le sacréchien écaillé et étripé est à Rs 124, la vieille rouge à Rs 230, le vacoas à Rs157 et le capitaine et le cateau à Rs 159. On trouve aussi des espèces à moins de Rs 100 le kg, simplement enveloppé dans du plastique alors que le poisson La Perle coûte Rs 90 le kg.

?Si le prix du poisson en barquette est plus cher que le poisson La Perle, c?est à cause du coût de production, notamment la main-d??uvre, l?emballage, l?étiquetage, la marge de profit du producteur et des distributeurs?, dit Hemraz Ghina. Un point de vue partagé par Guru Ramphul, directeur de Nice World Ltd (NWL). ?C?est le poisson fraîchement pêché sur les bancs que nous mettons en barquette. C?est de la valeur ajoutée !? souligne Hemraz Ghina.

<B>?Pas de pénurie en vue?

Si depuis quatre ans, la NWL assure l?approvisionnement des crevettes, crabes et ourites en sachets, ce n?est que depuis un mois qu?elle s?est lancée, comme une dizaine de compagnies, dont NCS, HWF, Panagora, et Ireland Blyth, dans les barquettes de poisson. A commencer par le cateau, pour continuer, dès janvier, avec d?autres poissons de l?Inde, d?Oman et d?Indonésie.

?Nous importons notre matière première car de nombreux bateaux de pêche mauriciens ont déjà un réseau de distribution et une clientèle alors que les petites compagnies n?ont pas de marge de man?uvre, explique Guru Ramphul. Avec la menace de la grippe aviaire, la consommation du poisson a augmenté dans le monde de même que le prix. C?est la raison du manque de poisson sur le marché international. Nos principaux pays fournisseurs exportent le poisson frais vers l?Europe à bon prix.?

Le ministère de la Pêche a octroyé des permis d?importation pour 600 tonnes de poisson afin de contrer toute pénurie sur le marché local. Si les gros importateurs ont pu entreprendre des démarches pour l?importation, la situation est plus compliquée pour les petits importateurs. D?autant plus que le permis, valable pour 45 jours seulement, pose problème pour l?importation et l?arrivée à temps de la cargaison à Port Louis.

?En fin d?année, la demande dépasse l?offre. C?est en partie dû aux problèmes de certains opérateurs. Résultat : une hausse de prix du poisson en barquette, qu?il soit importé ou non?, ajoute Sonny Wong sur la même longueur d?onde que Suren Nandee et Guru Ramphul sur cette question de pénurie. En revanche, les compagnies de pêche pensent autrement à l?instar de Hemraz Ghina. ?Il n?y a pas et il n?y aura pas de pénurie de poisson La Perle en fin d?année. Nous suivons la situation de près.?

Si trois cargaisons sont attendues en janvier, deux totalisant 250 tonnes de poisson La Perle sont déjà là. Le Hoi Shiong V est attendu la semaine prochaine avec 160 tonnes et le Shandrani le 28 décembre avec 100 tonnes. En clair: 500 tonnes de poisson pour décembre, soit une consommation mensuelle presque normale.

PLAN D?ACTION

<B>Pour un meilleur quotidien des pêcheurs</B>

■ Le plan d?action du Centre de documentation, de recherches et de formation Indianocéaniques (Cedrefi) et de l?Apostolat de la mer vise à mieux combattre les opérateurs de pêche illégaux. S?il est accepté par le ministère de l?Agro-industrie et de la Pêche, il sera en vigueur en janvier. Mis en place à la suite d?une étude sur les pêcheurs, leurs familles et le pays et géré par les pêcheurs, le plan servira aussi à éviter les mauvaises planifications du passé.

Le secteur a récemment connu nombre de problèmes dont le plus fréquent demeure les pêcheurs amateurs qui transgressent les lois. Pour Pynee Chellapermal, directeur du Cefrefi, cela provient d?un manque de formation à tous les niveaux. ?Les lois ne sont pas connues et, donc, pas respectées. Il y a un gros problème d?encadrement au niveau du ministère et des organisations non gouvernementales et les pêcheurs ne sont pas solidaires.?

Il propose une structure pour un meilleur dialogue avec l?Etat. ?Ce plan d?action permettra aux pêcheurs de travailler tant au niveau local que national.? Il préconise aussi le dialogue entre pêcheurs et membres du ministère pour revoir la compensation.

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