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Le PM rentre, les Tigres prom ettent d?être patients
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Le PM rentre, les Tigres prom ettent d?être patients
Plusieurs dizaines de milliers de partisans du Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe lui ont prodigué hier un accueil triomphal à son retour des Etats-Unis, alors qu?il doit affronter la crise politique ouverte l?opposant à la présidente Chandrika Kamaratunga.
Le chef du gouvernement sri-lankais ? qui a reçu le blanc-seing de Washington pour son approche du processus de paix avec les Tigres tamouls ? s?est vu offrir à sa descente d?avion des couronnes de fleurs avant de s?incliner devant un groupe de moines bouddhistes.
«Le parlement doit siéger à nouveau. C?est le seul organe qui dispose d?un mandat pour les négociations», a-t-il déclaré.
Mardi, la présidente a suspendu en son absence le parlement et limogé trois ministres, déclenchant une crise politique qui jette une ombre sur le processus de paix engagé entre les autorités et les Tigres de libération de l?Eelam tamoul.
Le lendemain, elle a déclaré l?état d?urgence, même si un collaborateur de la présidente, son conseiller en communications Erice Fernando, a souligné hier qu?il n?avait en réalité ni été inscrit au Journal officiel, ni appliqué.
Kumaratunga a toutefois signé un ordre distinct octroyant des pouvoirs élargis à l?armée, à la marine et aux forces aériennes, d?après une annonce officielle gouvernementale inscrite au journal officiel et dont Reuters a eu connaissance.
LES REBELLES PROMETTENT D?ETRE PATIENTS
La présidente accuse le gouvernement d?avoir fait trop de concessions aux Tigres, et a expliqué qu?elle avait agi dans l?intérêt de l?île.
Des responsables gouvernementaux ont fait savoir qu?un discours de Kamaratunga à la nation initialement prévu hier à 06 h 00 GMT aurait lieu à 14 h 30 GMT.
Des observateurs politiques estiment que la crise suscitée par le processus de paix avec les rebelles pourrait accoucher de nouvelles élections générales, le troisième scrutin du genre en quatre ans.
«Ma priorité est de rencontrer les (représentants des) pays donateurs, et notamment la Norvège et l?Inde», a déclaré Wickremesinghe à l?adresse de la foule venue à sa rencontre, agitant des banderoles et scandant son nom.
La Norvège, médiateur dans le processus de paix sri-lankais, et l?Inde ont exprimé leurs craintes quant à l?impact négatif que pourrait avor la crise politique sur l?évolution de la situation.
De leur côté, les rebelles ont assuré qu?ils feraient preuve de patience dans l?attente du dénouement de la crise.
«Nous devons observer l?agitation politique à Colombo avec discrétion (...). Nous pouvons demeurer patients puisque nous sommes puissants», a déclaré un chef militaire rebelle, le colonel V. Karuna, sur un site internet proche des Tigres.
Après la conclusion sous les auspices de la Norvège d?un cessez-le-feu en février 2002, les négociations de paix entre rebelles et gouvernement sont censées mettre un terme au conflit séparatiste au Sri Lanka, dans lequel ont péri quelque 64 000 personnes depuis 1983. Les Tigres souhaitent l?établissement d?un Etat indépendant tamoul dans le nord et l?est de l?île.
Lindsay Beck
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