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?Le pire est derrière nous. Air Mauritius est sur la bonne voie?

26 septembre 2007, 00:00

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● <B>Certains actionnaires ont déjà déclaré les hostilités à la direction en marge de l?assemblée générale qui a lieu demain. Quel est votre état d?esprit à la veille de cette réunion ? </B>

J?aborde cette assemblée générale avec beaucoup de sérénité. Cela me permettra de m?exprimer pour la première fois aux actionnaires depuis que je suis à la tête d?Air Mauritius. Je vais leur présenter le plan de restructuration et de réorganisation de la compagnie.

Mon message principal est le suivant : le pire est derrière nous. Air Mauritius est sur la bonne voie. Les résultats sont là. Je suis à la disposition des actionnaires pour répondre à toutes leurs questions sur la performance financière pour l?année 2006-07 et aussi sur le plan de changement que nous préconisons.

● <B>Des actionnaires ont présenté des résolutions pour limiter les avantages qui sont accordés aux directeurs de la compagnie, dont les billets gratuits. Comment réagissez-vous à cette démarche ? </B>

La rémunération pécuniaire des directeurs est publiée dans le rapport annuel de la compagnie. En ce qu?il s?agit des billets d?avion accordés aux membres du conseil d?administration et à leur famille, la pratique en cours est dans les normes de ce qui se fait dans d?autres compagnies aériennes.

Je pense que le nombre de billets accordés est raisonnable. Les membres du conseil d?administration ont d?importantes responsabilités dans le cadre de la bonne gouvernance de l?entreprise et sont les représentants des actionnaires, donc des propriétaires. Ils ont logiquement droit à certains égards.

Le président du conseil d?administration, Sanjay Bhuckory, va faire une déclaration à ce sujet lors de l?assemblée générale. Je ne compte pas m?étendre davantage sur la question.

Il faut toutefois faire attention lorsqu?on parle de billets gratuits. Les billets ne sont pas tout à fait gratuits dans la mesure où les bénéficiaires doivent s?acquitter des taxes et autres surcharges, telle la fuel surcharge. Cela peut être assez conséquent. A titre d?exemple, les taxes et surcharges sur le billet Maurice ?Londres?Maurice tournent dans les Rs 12,400 (en première classe). Il n?y a pas de billet gratuit de ce point de vue. Il existe, par contre, plusieurs compagnies qui offrent des billets d?avion entièrement gratuits à leurs directeurs.

● <B>Les actionnaires sont aussi perturbés par le fait qu?ils n?ont pas reçu de dividendes durant la dernière année financière. Que comptez-vous faire pour leur retourner plus de valeur cette année-ci ? </B>

Nous n?avons pas déclaré de dividendes car nous n?avons pas réalisé de profits durant la dernière année financière. Nous avons préféré investir nos réserves dans l?achat d?avions et dans la mise en chantier du programme de restructuration proposé par le cabinet Mc Kinsey. Nous avons investi dans l?avenir et dans la restructuration de la compagnie.

Le rapport Mc Kinsey comprend 80 initiatives. 90 % des idées ont déjà été initiés. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Les six premiers mois de l?année 2007-08 (avril à septembre) ont été très bons. Les revenus et le load factor sont en hausse. La période avril à septembre 2007 aura été de loin le meilleur semestre de ces cinq dernières années.

● <B>Quels sont les principaux éléments du plan de restructuration Mc Kinsey ?

Je considère qu?il y a deux aspects dans les propositions émises dans le rapport. Il y a d?abord l?aspect soft, soit celui qui touche à la culture de l?entreprise, à l?attitude et à la mentalité de nos employés et au change management.

L?aspect hard a trait à la transformation du business. Air Mauritius a une existence longue de 40 ans. Toutefois, la compagnie d?aviation nationale n?a pas connu beaucoup de changements d?ordre structurel. L?environnement a beaucoup changé durant ces dernières décennies. Il y a aujourd?hui l?ouverture du ciel et beaucoup de volatilité en termes du coût du carburant.

?Pour faire face au nouveau contexte, il faut changer la culture d?entreprise et changer la façon d?opérer. Il est grand temps de repenser le service que nous offrons à nos voyageurs. Ces derniers ont maintenant le choix entre plusieurs lignes aériennes.?

Pour faire face au nouveau contexte, il faut changer la culture d?entreprise et changer la façon d?opérer. Il est grand temps de repenser le service que nous offrons à nos voyageurs.

Ces derniers ont maintenant le choix entre plusieurs lignes aériennes. Il faut bien s?assurer que le service que nous offrons à bord est bien le meilleur. Nous voulons positionner Air Mauritius comme le transporteur de loisir préféré de la clientèle. Nous devons ainsi devenir une ligne aérienne de classe cinq-étoiles.

● <B> Air Mauritius a un effectif surnuméraire. Prévoyez-vous des suppressions d?emploi pour résoudre ce problème ? </B>

Effectivement, l?entreprise compte un personnel surnuméraire, et Mc Kinsey en fait d?ailleurs état dans son rapport. Nous abordons le problème d?une autre manière. Nous avons aujourd?hui 900 000 voyageurs qui visitent Maurice. Nous pensons que l?objectif du gouvernement d?accueillir deux millions de touristes en 2015 présente une bonne opportunité pour Air Mauritius.

Le gâteau va grossir. Notre souci est de maintenir notre part du gâteau.

Nous allons mettre plus d?avions et transporter plus de passagers tout en gardant le même nombre d?emplois. Nous allons canaliser les effectifs surnuméraires vers de nouvelles activités. Bien sûr, si cela ne marche pas, nous allons devoir prendre d?autres mesures.

Par rapport à la concurrence, il faut comparer ce qui est comparable. Il existe beaucoup de compagnies dites low cost qui sous-traitent de grosses parties de leurs activités. Cela diminue le coût par employé de manière significative.

● <B>Des rumeurs faisaient état des relations tendues entre vous-même et le président du conseil. Qu?en est-il exactement ? </B>

Il n?y a pas de conflit entre nous. Chacun connaît son rôle et sait ce qu?il a à faire. Ma priorité est de créer les conditions pour pouvoir travailler comme une équipe pour l?avancement de la compagnie. La question de conflit ou de tension entre le président et le CEO ne se pose pas. Je regarde l?avenir avec beaucoup de sérénité.

Propos recueillis par <B>Akilesh ROOPUN</B>

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