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Le phénomène s?installe?

30 novembre 2007, 20:00

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Les bulles prennent l?air. Le vent souffle sur la planche et la vague l?emporte au loin. La BD ouvre son espace à d?autres formes d?expressions, invitant les caricaturistes de la presse dans sa bulle de mots. Cette nouvelle édition permet à cet art de s?exprimer, de s?exposer au grand public pour insuffler ce dynamisme dont il souffre par moment, comme le souligne le bédéiste Laval Ng.

« Avec ce troisième festival, la manifestation s?ancre maintenant dans l?histoire, et devient un événement attendu de la vie culturelle mauricienne », dit Bruno Dumazel, président de l?Alliance française. Une série d?activités autour de ce sujet ont ponctué cette présente édition.

<B>Peut-on tout caricaturer ?</B>

Au programme de ces deux jours de festival ; exposition, atelier, conférence? Il prend fin aujourd?hui avec une table ronde ayant pour thème Peut-on tout caricaturer ? avec la participation des caricaturistes de la presse locale.

Les gagnants du concours de BD 2007 (voir hors-texte) ont poursuivi leur atelier hier, lancé au début de la semaine, et ont pu côtoyer les invités internationaux. «Cela motive car nous sommes en contact avec des professionnels de la BD. Si le concours a lieu au mois d?avril d?habitude, il se tiendra en novembre/ décembre à chaque fois que se tient le Festival Il?en bulle », nous dit Christine de l?Alliance française.

<B>Les planches s?affichent</B>

Les lauréats du dernier concours de BD exposent leurs travaux à la salle polyvalente de l?Alliance française (AF), à Bell Village. Le vernissage a coïncidé avec la remise des prix aux gagnants dans les diverses catégories proposées. Les planches originales de ses amateurs de bulles sont visibles jusqu?au lundi 3 décembre. Cette action s?inscrit dans le but de démontrer le talent de ceux qui apportent leur contribution dans la reconnaissance de cet art.

Ce concours a été lancé en 1999 et a eu l?appui de divers bédéistes étrangers qui ont par la suite animé des ateliers afin de rehausser le niveau de la BD chez nous. Des noms comme Emmanuel Lepage, Lax ou encore l?éternel Lucien Rolin ont distillé leur expertise à la génération bulles et planches d?ici.

Les planches de ce dernier, tiraient de son dernier livre Back World, réalisé avec le scénariste Eric Courbeyran, sont aussi exposées à l?AF.

<B>Les lauréats sont?</B>

Le panel de jury du concours de BD 2007 a livré ses gagnants lors d?une soirée autour de la bulle à l?Alliance française. Les lauréats sont ...Maurice 15 à 19 ans : Shilpa Maunthurooa, Alexa Delmage et le duo Sundy Saminaden/Pascal Prudence

Plus de 20 ans : Damien Pavaday, Christophe Whittle et Charlotte Poule Rodrigues 15 à 19 ans : Darel Milazar

Plus de 20 ans : Judex Lalanne

<B>Lucien Rollin

? Le potentiel est là ? </B>

Président du jury du concours de BD de l?Alliance française (AF), Lucien Rolin est un habitué du festival Il?en bulles. Il pose un regard sur la situation des bulles et des planches des dessinateurs mauriciens. Souvent invité pour animer des ateliers avec des jeunes amateurs de cette discipline, il avait au début de cette semaine initiée une action du genre avec les lauréats de ce concours.

Il a vu la BD d?ici évolué au fil des années. Témoin privilégié de cet épanouissement, il reste confiant dans l?avenir du 9e art dans le paysage local. « Il y a un vivier très important ici. Le potentiel est là. Il y a aussi cette envie de poursuivre et d?aller plus loin », dit-il. Avec l?ouverture de la BD made in Mauritius en France, notamment au travers des travaux Laval NG, Lucien Rollin souligne qu?il y a encore des bédéistes qui ont le potentiel d?aller dans ce sens. «Je pense ici à Damien Pavaday ou encore Christopher Whittle.»

Le bédéiste français est d?avis que cette discipline connaîtra un essor avec le temps. Certes, il concède que « la BD est un phénomène culturel plus européen qu?africain.»

Entrave</B>

Il y a aussi l?aspect économique qui entrave, selon lui, son décollage. «Les prix des publications ne sont pas abordables. Il faudrait trouver une autre formule pour rendre la BD plus accessible. Les éditeurs locaux doivent aussi s?intéresser à ce genre de publication», ajoute Lucien. Mais, il demeure optimiste pour cet art.

«S?il n?y avait pas un intérêt autour de la BD, il n?y aura pas eu une troisième édition. Il y a ici un désir de donner de l?ampleur à cette forme d?expression. »

L?association des caricaturistes de la presse dans ce festival est une bonne chose, observe Lucien Rollin. La caricature c?est du dessin. Elle est plus proche de l?illustration on peut le qualifié de dessin de presse mais elle contribue dans un certaine sens à la vulgarisation de la BD , dans une autre dimension.

<B>Thembo Kash

Chef de file de la BD en Afrique</B>

Ce festival compte aussi des représentants africains, notamment le Congo pays phare de la BD sur le Continent noir. Thembo Kash qui est à sa première visite chez nous, dessine les grandes lignes du 9e art dans son pays.

«La BD est très dynamique. Le premier livre a été publié dans les années 50. Puis, la BD s?est développée avec le magazine Jeunes pour jeunes. Aujourd?hui, on est le pays qui produit le plus dans ce domaine. »

Thembo Kash fait mais aussi de la caricature de presse. Professionnel du graphiste et de la publicité, il a laissé cet univers pour adopter le 9e art. «Aujourd?hui, je vis de ça. » Le Congo a aussi son festival, même s?il se fait rare à cause des problèmes politiques que subit le pays fréquemment.

Actuellement, il travaille sur son livre Vanity, qui comprend cinq tomes. Le premier tome est déjà sorti chez Joker éditions, en Belgique. « C?est le plus congolais des éditeurs belges. La maison compte cinq Congolais.»

<B>Dwa et Ramafa

Madagascar, une bulle d?air chaud</B>

Les deux bédéistes malgaches invités au Festival d?Il?en bulles font état d?une situation sombre de la BD à Madagascar. Dwa, dessinateur freelance, souligne que son pays comprend un grand nombre de dessinateurs et d?émules de la BD «mais les gens n?aiment pas lire. Il n?a pas de publications de BD Malgache.»

Ramafa , caricaturiste abonde dans ce sens. « Il y a un manque d?intérêt? Il faut trouver un dynamisme pour que la BD puisse décoller à Madagascar. Pour cela il faut que tout le monde travaille ensemble », dit Ramafa. Ce dernier est caricaturiste pour le journal Les Nouvelles. Il est aussi dessinateur consultant pour Union européenne.

Les deux s?accordent à dire que « c?est très difficile de vivre de la BD dans la Grande île. Il n?y a pas d?éditeurs et la lecture n?est pas encore bien encrée dans la culture malgache. » Ce présent festival est un moyen pour eux d?exporter leur savoir faire. Leur participation à Il?en bulles a été possible grâce à l?aide de Air Madagascar.

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