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Le pétrole continue de baisser malgré le bruit des canons
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Le pétrole continue de baisser malgré le bruit des canons
Un mois peut représenter une longue période pour le marché pétrolier. Supposons ainsi que la Russie et la Géorgie ? ce pays «transporte» 1 % du pétrole mondial jusqu?à la mer ? soient entrées en conflit le 8 juillet plutôt que le 8 août. L?annonce du commencement des hostilités aurait certainement provoqué un mouvement de panique.
Le prix du baril se situait alors à 144 dollars. En un seul trimestre, il s?était apprécié de 40 % ! Sur un marché déjà tendu, la survenue d?une crise militaire impliquant la Russie aurait renforcé les préoccupations sur la sécurité des approvisionnements mondiaux. La barre des 150 dollars aurait été franchie, et les experts auraient prédit avec gourmandise que celle des 200 dollars n?était plus très loin.
Equilibre géopolitique
Or, le cours du pétrole ne s?est pas envolé du tout, vendredi 8 août, le jour du début des hostilités. Il s?est même tassé de 4 dollars, à 116 dollars. Durant le week-end, les sombres nouvelles ont certes enrayé ce mouvement de repli mais, lundi matin, le baril ne s?appréciait que de 1 dollar. Ce faible sursaut confirme l?existence d?une tendance baissière désormais bien assise, qu?aucune crainte ? celle liée à cette crise dans le Caucase est pourtant bien réelle ? ne saurait interrompre durablement.
Un pétrole moins cher apportera d?ailleurs de l?apaisement. Car les profits dégagés par les exportations d?hydrocarbures ont donné à la Russie, à l?Iran, à l?Arabie saoudite ou au Venezuela plus de poids sur la scène internationale. Cela dit, une baisse de 20 % n?est pas suffisante pour changer l?équilibre géopolitique, et la machine militaire restera bien huilée.
Certains persistent à prévoir une hausse sensible des cours du brut à l?avenir. Ceux-là observent aujourd?hui une correction passagère, comme celle de la fin 2006. Mais pour l?instant, même le bruit des canons ne parvient pas à valider leur pronostic.
LE PRIX DU BARIL SOUS LA BARRE DES 120 DOLLARS ?
Le plongeon des cours de l?or noir, moins 33 dollars depuis juillet, trouve son origine dans la situation économique mondiale. C?est que l?économie mondiale est sous le signe, elle aussi, de la baisse de régime.
Ce qui, fatalement, impacte sur la demande d?hydrocarbures. Le cas le plus visible, bien que son économie continue de carburer, est celui de la Chine. La demande de l?Empire du Milieu, deuxième pays consommateur, a décrû de 7 % durant le mois de juillet. Une baisse, indiquent les observateurs, qui constitue «le plus fort recul», depuis décembre. Dans cette même tendance, la consommation des Etats-Unis d?Amérique a, elle aussi, baissé.
Sur le premier semestre de l?exercice en cours, la consommation en pétrole a chuté de 800 000 barils par jour. Soit, le plus conséquent ressac depuis plus d?un quart de siècle.
Selon d?aucuns, malgré les spéculations des uns et des autres qui annoncent une éventuelle reprise à la hausse, c?est «la réalité de l?offre et de la demande qui a repris le dessus». Ce qui n?est certainement pas pour plaire au cartel des pays producteurs qui se sont bien frotté les mains du temps où la folie s?est emparée du marché pétrolier. Et ils auront à réfléchir à deux fois pour la suite des évènements. En effet, des analystes font état de prévisions qui ne seront pas à leur goût.
Tant et si bien que l?on annonce que le prix du baril pourrait bien finir l?année sous la barre des 120 dollars en moyenne, contre 127 l?année précédente. En outre, si le «trend» est maintenu, les prévisions indiquent que pour 2009, le prix moyen sera de l?ordre de 124 dollars, contre 133 auparavant.
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