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Le Onze mauve se révolte après Curepipe et l’OF

23 janvier 2007, 00:00

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A peine calmé le séisme, provoqué par la prétention de la base curepipienne d’imposer le syndicaliste France Soopramanien au politburo du MMM, tenant mordicus à Anil Gayan et à Percy Lafrance, et par l’outrecuidance de l’Organisation Fraternelle des frères Sylvio et Elie Michel, insistant pour que Gaëtan Gangaram soit leur candidat à Beau-Bassin, voilà le No 11 qui ose faire savoir à qui de droit qu’elle ne veut pas soutenir le candidat que veut lui imposer la haute direction mauve. Aux “mo lé Molaye” des uns répondent, à Rose-Belle, les “mo pas lé Molaye” et autres “raye Molaye”. La base se révolte au No 11, on se passera d’elle, fait savoir la rue de La Poudrière. Il suffit de recomposer une autre base plus accommodante. C’est ça la démocratie à visage militant !

France Soopramanien se désiste providentiellement et nul, dans la presse de cette fin de janvier 1982, ne cherche à savoir s’il le fait de bon cœur ou à son coeur défendant. Le politburo mauve fait savoir que Gaëtan Gangaram n’a pas la trempe voulue pour représenter la bonne bourgeoisie de Balfour au sein de notre Auguste Assemblée. La presse raciste anti-MMM a vite fait de traduire : “Ene ti créole ek ène nom mal’bar pas capave candidat MMM dans Beau Bassin”. Plus limité que ça tu meurs !

Anil Gayan se fait interviewer en long et en large par la presse boolelliste. Il refuse cependant toute comparaison avec Anerood Jugnauth. Il ne quitte pas le Parquet par frustration ou en raison d’un quelconque dépit. Il quitte le Parquet tout simplement parce qu’il vise plus haut. Diren Dabee le remplace comme Crown Counsel. Un autre Parquet réclame pourtant ses bons offices. Celui des Seychelles qui compte sur lui pour donner une touche mauricienne et militante aux charges pesant sur les épaules des mercenaires sud-africains capturés aux Seychelles. Air India prie Me Madun Gujadhur d’être son avocat auprès de la commission internationale de l’ONU, chargée d’enquêter sur le coup d’Etat sud-africain avorté aux Seychelles. Pour l’instant, cette commission onusienne n’a pas plus de chance à Pretoria que les promoteurs d’une foire maraîchère à la Rivière des Anguilles.

D’autres militants d’hier et d’aujourd’hui font aussi parler d’eux en cette fin de janvier 1982. Anand Mulloo obtient des dommages pour renvoi injustifié du New Eton College du camarade Vijay Venkatasamy. Heureux enfin qui, comme Jean Claude de l’Estrac et Cassam Uteem, reviennent d’un long voyage à Alger (où ils sont reçus par le No 2) et à l’Elysée (où ils sont reçus par le No 1, autrement dit par Tonton en personne).

Les choses se... corsent, en revanche, pour Intracorp. Iswardeo Seetaram, ministre de la Pêche et des Barachois, subodore une odeur de financement de campagne, non de pêche, mais électorale dans l’importation de bourgeois seychellois et toxiques, sinon scientifiquement, du moins politiquement. Ils ne valent pourtant que Rs 200 000 doublement dévaluées, selon certaines sources. Une tentative de débaptiser ces affreux bourgeois seychellois se révèle encore plus catastrophique sur le plan électoral. Qu’à cela ne tienne, Intracorp vendra ses bourgeois seychellois après la victoire du 11 juin 1982. On parle déjà de nouvelles missions seychelloises et des regards de convoitise se tournent vers la Réunion voisine et l’Inde maternelle. Des enseignants, recrutés par les Seychelles, n’ont pas plus de chance qu’Intracorp car l’Education d’un Jagatsingh sans... cœur leur refuse le leave without pay.

Le désaccord du MMM avec le PSM d’Harish Boodhoo et, désormais, de Kishore Deerpalsingh persiste. Le gouvernement travailliste ne fait pas le moindre effort pour calmer le jeu entre les pro-Libyens et les anti-Libyens au sein de l’alliance MMM/PSM. Il se fend même d’un communiqué, se voulant un sévère avertissement lancé en direction de Tripoli et se terminant par un “pas mette néné dans nous zaffaire”. Port Louis n’est plus disposé à accepter les écarts des diplomates libyens à Maurice. Si Kadhafi a des sous et même des pétrodollars à distribuer sur le territoire mauricien, il peut le faire mais par le proper channel autrement dit, pas directement, mais par le truchement du ministère du Plan. Défense aussi de financer la parution de toute publication. A ceux qui s’offusquent de la sévérité de cet avertissement, l’Hôtel du gouvernement répond laconiquement : “Lis bien mon communiqué...” Il est pourtant écrit quelque part : “Ta main droite n’a pas besoin de savoir ce que distribue ta main gauche...”

Il y a d’autres accros diplomatiques en cette fin de janvier 1982. Le chargé d’affaires de l’ambassade malgache se permet de reprocher publiquement à Ringadoo la teneur d’une information diffusée par la MBC/TV. Elle a trait à un complot avorté contre les autorités malgaches. Ringadoo donne pourtant la réponse classique en l’occurrence : “Pas MBC ça, Reuters ça !” Le diplomate malgache ne se tient pas pour battu pour autant et fait savoir que la MBC doit vérifier Reuters avant de diffuser les faussetés anti-malgaches de cette agence de presse. La Grande île faisant ainsi la leçon à la petite île Maurice choque plus d’un. On ne s’attaque pas à un plus petit que soi, voyons. C’est non sans stupeur que Maurice apprend que Madagascar arrête des prêtres catholiques en les accusant d’être de connivence avec des sorciers pour faire disparaître Ratsiraka le bien-aimé.

Passe d’armes également, au Triveni, entre Satcam Boolell et le Pr Upadhyaya. Notre No 3 s’en prend à la course aux armements, à laquelle se livrerait l’Inde et défend la politique travailliste à l’égard de Diego Garcia. Upadhyaya lui répond que son pays ne se livre à aucune course aux armements et qu’en matière d’occupation impérialiste des Chagos “vous auriez dû dénoncer un tel projet. Vous avez failli à votre devoir” (The Nation dixit)

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