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Le n°1 de Total interrogé sur des soupçons de corruption

23 mars 2007, 00:00

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Christophe de Margerie, directeur général de Total, et quatre cadres ou anciens cadres du géant pétrolier ont été placés en garde à vue à la police financière à Paris avant-hier dans une enquête sur des soupçons de corruption en Iran, a-t-on appris de source policière et judiciaire.

Cette procédure, a expliqué Total, porte sur un contrat d’exploitation de gaz sur le site de South Pars signé par la première entreprise française en 1997. Le patron du quatrième groupe pétrolier mondial a, dit-on de sources policière et judiciaire, répondu à une convocation et était entendu par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) sous le régime juridique de la garde à vue.

Celle-ci, qui peut durer au maximum 48 heures, suppose que des faits sont susceptibles d’entraîner une mise en cause personnelle. Le juge d’instruction Philippe Courroye se prononcera d’ici vendredi sur une éventuelle mise en examen. Total a affirmé son soutien à tous ses collaborateurs et a assuré n’avoir commis aucune infraction.

L’information judiciaire contre “X” pour “abus de biens sociaux et corruption d’agents publics étrangers” a été ouverte en décembre dernier et confiée aux juges d’instruction financiers Philippe Courroye et Xavière Simeoni. Sont aussi en garde à vue à la BRDE, dans le XIIIe arrondissement, Robert Castaigne, directeur financier, et Philippe Boisseau, directeur général du secteur gaz-électricité, ainsi que deux personnes ayant quitté aujourd’hui la société, dont les noms n’ont pas été précisés.

Le champ gazier offshore de South Pars, situé à 100 km des côtes iraniennes, a été inauguré le 15 février 2003 par Thierry Desmarest, alors PDG de Total, et Mohammed Khatami, alors président de la République islamique. Ce site est partagé entre Total, le malaisien Petronas et le russe Gazprom . Total est implanté en Iran depuis les années 50. “Le groupe assure ses collaborateurs de sa complète solidarité et confirme que les accords ont été signés dans le respect de la loi”, souligne le communiqué de Total.

Christophe de Margerie, 55 ans, est entré dans le groupe en 1974 et a succédé à la mi-février à Thierry Desmarest à la tête du géant pétrolier. A l’époque des faits, il était directeur de la société pour le Moyen-Orient. La procédure visant l’Iran fait suite à la découverte de 95 millions de francs suisses (environ 60 millions d’euros) versés par une entité liée à Total sur les comptes bancaires suisses d’un résident suisse d’origine iranienne, censé avoir servi d’intermédiaire pour la corruption.

La justice suisse, qui a saisi les derniers versements (environ 10 millions de francs suisses) a ouvert sa propre enquête pour blanchiment de capitaux. Elle a transmis des documents à la France, dont un qui fait apparaître le nom du fils d’un homme d’Etat iranien, a affirmé un haut magistrat français.

Avant de prendre la tête de Total, Christophe de Margerie a déjà été mis en examen l’an dernier dans le cadre d’une affaire similaire portant sur l’Irak, pour “complicité de corruption et complicité d’abus de biens sociaux”. Ce dossier porte sur les versements à des officiels du régime de Saddam Hussein en marge de contrats obtenus dans le cadre du système de l’Onu “Pétrole contre nourriture”.

Une autre information judiciaire pour “blanchiment de capitaux” susceptible de viser Total a été ouverte à Paris le mois dernier, sur des versements suspects à un ancien ministre de la Justice du Cameroun, fief du géant pétrolier français.

<I>© Le Monde 2007

Distribué par The New York Times Syndicate</I>

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