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Le ministère envisage un projet pilote dans les ZEP
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Le ministère envisage un projet pilote dans les ZEP
?Extrêmement valables et inspirantes?, mais pas toutes applicables immédiatement. Ainsi se résume la réaction du ministre de l?Education aux recommandations du rapport du comité chargé de revoir l?apprentissage des sciences au primaire et au secondaire. Mené sous la présidence d?Arjoon Suddhoo, directeur exécutif du Mauritius Research Council (MRC), ce rapport a été présenté hier.
Ce sont les écoles de la Zone d?éducation prioritaire (ZEP) qui devraient servir de chantier à la nouvelle formule préconisée par le comité. Le ministre Steven Obeegadoo mettra sur pied un projet-pilote avec quelques-unes de ces recommandations. Mais les plus importantes suggestions devront être examinées ?en profondeur? par le ministère après une consultation auprès du public. Cette consultation débutera incessamment.
Le comité fait un constat alarmant. Les failles de cet enseignement au primaire sont : l?inexistence d?équipements et de laboratoires, le surpeuplement des classes, le manque de formation des enseignants. Le tableau horaire limite à 5 % le temps consacré à l?enseignement des sciences.
Le secondaire n?est pas mieux loti : le sujet étant jugé ?inaccessible?, seuls 30 % des élèves choisissent cette matière en Form V. Ils sont aussi rebutés par une absence de dynamisme dans le mode d?enseignement.
Dans les écoles, le comité propose de placer des conteneurs aménagés en laboratoires. Il propose d?installer un prototype dans la cour du Mauritius Research Council, à Rose-Hill et suggère d?allonger le temps alloué aux sciences. Le ministre a tout de suite répliqué qu?il sera difficile de mettre une telle recommandation en pratique. ?Il faut davantage de travaux pratiques, l?introduction du travail de groupe et l?évaluation continue au lieu d?un examen à la fin de chaque trimestre?, a-t-il affirmé.
L?utilisation de la langue maternelle est aussi recommandée. Un déphasage entre l?anglais utilisé dans les manuels de sciences et mathématiques a été noté et certains mots et expressions sont encore inconnus des enfants.
Il est suggéré d?introduire des enseignants dédiés aux matières scientifiques. Les enseignants de general purpose, en raison de leur formation et du volume du travail, ne sont pas aptes à se spécialiser dans l?enseignement des mathématiques, des sciences et de l?informatique.
Le secondaire requiert des initiatives plus importantes. ?La perception qu?il n?y a pas de carrière dans la filière scientifique est réelle. Beaucoup estiment, à tort, que les sciences ne sont pas aussi importantes que les maths, l?anglais ou le français. Le monde d?aujourd?hui est régi par la technologie, qui est une application de la science?, déclare Arjoon Suddhoo.
Trop souvent, parents et élèves estiment que cette filière est réservée aux étudiants brillants et plutôt aux garçons. Le comité note aussi que les sciences ne sont pas une option dans bon nombre de collèges. Si, au niveau des infrastructures, les collèges d?Etat sont plutôt bons élèves, c?est déjà moins le cas pour le privé où des normes inférieures sont appliquées.
Enfin, les sciences sont enseignées de manière trop abstraite. Cela semble grotesque aux yeux des membres du comité. ?Nous évaluons toujours le côté pratique des sciences de manière théorique. Le Botswana qui, avec Maurice, était le seul pays au monde à le faire, a cessé cette pratique il y a dix ans?, assure Arjoon Suddhoo qui milite pour une ?mauricianisation? du sujet.
Et pour former les scientifiques et ingénieurs dont le pays aura besoin, le comité recommande de rendre les sciences obligatoires jusqu?en
Form V au lieu de la Form III. Pour rendre les sciences plus passionnantes, il est recommandé d?introduire une évaluation continue et de promouvoir le travail de groupe. Le poste de technicien de laboratoire devrait également voir le jour.
Le MRC pilotera la mise sur pied d?une Mauritius Association of Science & Technology Educators pour favoriser les échanges d?idées et d?expériences entre confrères. L?internet devrait être un outil d?interaction entre élèves et enseignants. Des panels seront mis sur pied pour travailler à ce projet.
Le MRC assurera la formation, en association avec des institutions indiennes, des fonctionnaires qui rédigent les manuels scolaires. Un atelier de travail pour les assistants de laboratoire sera organisé. La balle est maintenant dans le camp du ministère.
Steven Obeegadoo annonce déjà la couleur : ?Le ministère analysera en détail si ces propositions peuvent être mises en pratique, quand, où et comment. Elles sont plutôt excitantes mais il faut mesurer les implications en termes de ressources humaines, de coût et de formation. Cela prendra du temps.?
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