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Le jour le plus long…

25 août 2004, 20:00

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Le sport mauricien a entamé la plus longue journée de son histoire. Dans quelques heures, on saura. On saura si le Graal est accessible, si l’irréel peut devenir réel.

On saura si les Jeux olympiques, un siècle et des poussières après avoir vu le jour, se décideront enfin à consacrer l’île Maurice.

On saura si Stéphan Buckland, si brillant, si vaillant hier soir sur la piste étoilée, magique, mythique du stade Spiridon Louis d’Athènes, a les moyens de faire vaciller, sur 200 mètres, l’empire américain du trio Crawford, Gatlin, Williams.

On saura si les dieux grecs qui hantent Athènes, son Colliseum, son Acropole et son stade olympique, accorderont à Jonathan Chimier la grâce d’un saut venu d’ailleurs, d’un saut hors du temps. Un saut qui, on l’espère, on le rêve, on le prie, lui permettra peut-être, lui, l’enfant de Tranquebar, de succéder au palmarès de la longueur aux monstres sacrés qu’étaient, en leur temps, Jesse Owens, Bob Beamon, Carl Lewis et Ivan Pedroso.

On saura, enfin, si une page est tournée pour de bon, si l’île Maurice sportive a définitivement changé d’époque. Et, autant le dire tout de suite, l’attente est franchement insupportable. On saura finalement si le Papa Noël réalisera notre rêve olympique.

Bien sûr, ce n’est qu’un rêve. Bien sûr, la désillusion pourrait être cruelle. On en est tous conscient. Buckland, sur papier, ne part pas favori, loin de là. Ne bat pas qui veut Justin Gatlin, champion olympique tout en puissance du 100 mètres; Shawn Crawford, monstre incontesté du demi-tour; Asafa Powell, héritier désigné de Maurice Greene sur le sprint; ou encore Francis Obikwelu, la fusée portugaise.

Quant à Chimier, qui a déjà franchi 8m65 cette saison - saut non validé parce qu’il avait égratigné la planche - il sait mieux que quiconque à quel point le concours de la longueur est aléatoire, à quel point, à un tel niveau de compétition, demain ne ressemble jamais à hier; à quel point aussi il doit encore apprendre d’un Ivan Pedroso, d’un Dwight Phillips.

Mais, sur une course, sur un saut, tout peut arriver. Crawford est peut-être plus fort que Buckland, mais, à la limite du sub-20, l’écart est tellement infime. Et si Chimier est capable de passer une fois de plus 8m28 à son premier essai, pourquoi ne pas espérer qu’il puisse gagner trois misérables petits centimètres et égaler la performance qui avait valu au Russe Roman Schurenko d’être médaillé de bronze à Sydney il y a quatre ans ? Puisque demain redeviendra peut-être gris et triste, rêvons les amis, rêvons…

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