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Le gouvernement voulait se débarrasser de Bill Duff
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Le gouvernement voulait se débarrasser de Bill Duff
Le commissaire des prisons, Bill Duff, n?a pas démissionné de son plein gré. Si les sources officielles, dont celles proches de l?administration pénitentiaire et du gouvernement, insistent sur un ?mutual agreement?, d?aucuns affirment que le gouvernement aurait décidé de se débarrasser du Britannique.
Le froid survient en février quand Bill Duff demande trois semaines de congé, en juillet, pour des raisons familiales. Le refus du gouvernement sans raison aurait agacé Bill Duff. Suivent plusieurs réunions, notamment avec Raj Mudhoo, secrétaire aux Affaires intérieures où il est question du contrat de Bill Duff. On lui fait savoir que le gouvernement n?est pas enclin à ce qu?il demeure commissaire des prisons et on lui propose de s?en aller. Il y a une semaine, Bill Duff accepte donc de soumettre sa démission.
Réhabilitation des détenus
Un haut officiel à l?hôtel du gouvernement parle de ?certains qui siègent sur le high-powered committee qui auraient fabriqué un dossier pour faire croire au gouvernement que c?est Duff qui voulait partir?. D?autres indiquent que ?Bill Duff se sentait incompris étant convaincu que le gouvernement ne comprenait rien à l?adminis- tration pénitentiaire et qu?il ne voulait pas démissionner car il voulait relever le défi des problèmes des prisons?.
C?est justement à cause de ces nombreux problèmes que Duff s?est mis à dos un gouvernement déjà réfractaire à sa nomination. En 2004, le gouvernement d?alors, dirigé par Paul Bérenger, recrute l?Ecossais Bill Duff pour gérer une situation explosive à la prison centrale. Ce dernier, avec son expérience du milieu carcéral, croit profondément dans la méthode de réhabilitation des détenus. Méthode que les gouvernements successifs ne voient pas d?un bon ?il. Lors de la campagne électorale de 2005, les dirigeants de l?Alliance sociale n?ont pas manqué de faire référence aux contrats lucratifs dont béneficiaient les expatriés Bill Duff, Bert Cunningham et Phillip Cash, des départements des prisons, de la douane et d?Airports of Mauritius respectivement. Mais une fois au pouvoir, le Premier ministre a paru changer d?avis sur ces nominations qu?il avait dénoncées.
Il semble que ce soit plutôt une divergence de vues entre le gouvernement et Bill Duff sur la façon de gérer les prisons qui soit à la base de cette séparation. Certains membres du gouvernement ne manquent pas une occasion de qualifier Duff d?incompétent ?parce que la situation ne s?est pas améliorée?.
Cela est ?typique des gens qui n?y comprennent rien. Que veut-on qu?il fasse quand des détenus grimpent sur le toit des batiments, les fusiller ? Ils refusent de comprendre que c?est le système qu?il faut traiter et pas les symptômes?, réplique un proche du Britannique.
Mais à un moment, il a semblé que Bill Duff et l?Attorney General étaient sur la même longueur d?onde. La remise de peine que Rama Valayden avait annoncée a été accueillie avec beaucoup de soulagement par Duff. La réhabilitation dans les prisons était un autre point commun. Excepté que le gouvernement a depuis donné des signes contraires. Valayden serait ?déçu? de la tournure qu?ont pris les évenements.
Mais pour certains à l?hôtel du gouvernement, il était devenu inacceptable que Duff reste après le meurtre de Steve Labonne à la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest, la découverte du cadavre d?un détenu six jours après sa mort à Beau-Bassin, l?évasion de quatre détenus de Petit-Verger et plusieurs autres incidents qui ont fait la une des journaux depuis 2004.
CONFLITS
Relations tendues à la tête du système pénitentiaire
■ Bill Duff n?avait pas que des amis. Dès son arrivée, son adjoint, Jensing Shibdoyal, conteste sa nomination en cour. Shibdoyal aspirait à être nommé commissaire des prisons après la retraite forcée de Ramakrishna Brojmohun, en septembre 2003. Aspirations contrariées par l?arrivée du Britannique. Shibdoyal organise un boycott : dans un premier temps, Duff n?est au courant de rien de ce qui se passe dans ses prisons. Bill Duff et Jensing Shibdoyal ne s?adressent pas la parole. Shibdoyal veut mettre toutes les chances de son côté. Il commence son lobby auprès des sociétés socioculturelles dès la nomination de Duff, dans le but qu?elles mettent la pression sur un éventuel gouvernement dirigé par l?Alliance sociale pour le nommer. Mais les relations entre Jaques Henri, adjoint au commissaire de police et Shibdoyal se détériorent. Résultat : Duff et Henri se rapprochent. Shibdoyal est écarté.
Les divergences Henri-Shibdoyal se ressentent au quotidien à la prison de Beau-Bassin. Elle est sous la responsabilité de Jensing Shibdoyal. Jacques Henri gère la Prison Supporting Squad (PSS) . Lors du ?lock-up?, chaque soir, 40 PSS arrivent dans l?enceinte de la prison, mais ils n?ont pas la permission d?aider. L?ordre vient de Shibdoyal. Trois gardiens par bloc de 500 détenus les enferment. ?Nous leur demandons de rentrer, mais bien sûr les détenus n?écoutent pas. Ils savent que les PSS ne vont pas intervenir. Nous devons attendre qu?ils (...) décident d?être raisonnables pour pouvoir finir. Nous ne sommes que trois. Si nous avions l?aide des PSS, le ?lock-up? se serait fait en une quinzaine de minutes. Mais l?animosité entre Shibdoyal et Henri nous empêche de travailler?, témoigne un garde-chiourme. Shibdoyal pourrait bien remplacer Duff, qui devrait quitter le pays avant la fin de juin. Un haut officiel du gouvernement insiste cependant sur le fait que ?les problèmes des prisons ont pour origine les Henri, Shibdoyal et Brojmohun. Nommer Shibdoyal serait une catastrophe. Le gouvernement devra faire un appel de candidatures pour le poste de commissaire des prisons?.
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