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Le gouvernement affirme sa confiance face aux défis
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Le gouvernement affirme sa confiance face aux défis
La rencontre du gouvernement au grand complet avec la presse, contrairement aux tours d?horizon réguliers du seul Premier ministre, avait pour but de faire passer plusieurs messages. Sur le plan politique, les dirigeants de l?alliance gouvernementale confirment que les rapports entre leurs partis sont au beau fixe et qu?ils iront ensemble aux prochaines élections générales.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, insiste : l?équipe au pouvoir va se présenter devant l?électorat sur la base de son bilan. Pas question de s?allier à une autre formation politique malgré les décrispations notées de part et d?autre dans les rapports avec les adversaires. L?humeur décontractée des ministres au Sir Harillal Vaghjee Hall, lieu de la réunion, traduisait bien cet état d?esprit. Ceux-ci ont toute la confiance de leurs leaders pour aborder la dernière année de leur mandat et boucler le ?unfinished business? du programme gouvernemental.
Le vice-Premier ministre (VPM) et leader du MSM, Pravind Jugnauth, confirme pour sa part l?esprit de solidarité qui anime les partenaires de l?alliance dirigeante. Son parti ne compte nullement chercher ailleurs. Il est confiant que la population reconduira l?alliance actuelle aux affaires en raison de leur ?sérieux? et leurs ?sacrifices?. Les critiques les plus acerbes des deux dirigeants contre les travaillistes avaient pour but de faire taire toute spéculation sur un éventuel remodelage politique dans les mois précédant les prochaines législatives.
Si la satisfaction par rapport à la réalisation du programme est de mise, il y a des retouches à apporter pour mieux vendre son bilan et rendre les inévitables pilules amères plus digestibles à la population.
Le gouvernement entend aussi mieux véhiculer son image sociale. Souvent accusée d?être insensible aux misères du petit peuple suite aux augmentations répétées des articles de consommation courante, l?équipe dirigeante veut maintenant démontrer qu?elle est un ?caring gouvernment?. Elle explique toutefois qu?elle n?a pas beaucoup de marge de man?uvre avec les pressions venues de l?extérieur. Des hausses de prix sont inévitables mais les dirigeants tentent d?atténuer leur impact sur les groupes les plus vulnérables.
Sur le plan de l?économie, le Premier ministre met l?accent sur ?le retour à la confiance? des opérateurs en évoquant les chiffres d?investissement local et étranger. Il parle aussi des mesures révolutionnaires qui permettront au tourisme de rebondir.
■ Hausse des prix. Le ticket d?autobus et le riz de ration subiront une hausse. Les voyageurs par autobus devront payer Re 1 de plus pour les trajets les plus courts, soit ceux de Rs 5 à Rs 9. Une hausse de Rs 2 frappera les trajets plus longs. Une majoration uniforme de Re 1 seulement sera appliquée pour les enfants, des personnes âgées et des étudiants. ?Les compagnies de transport courent le risque de fermer si nous n?accordons pas cette augmentation. Nous maintenons, par ailleurs, les subsides de Rs 35 millions que nous accordons à l?industrie du transport depuis des années déjà?, affirme le Premier ministre.
L?augmentation a été rendue nécessaire en raison de la hausse du prix de diesel et du coût de la main-d??uvre dans le secteur. Le gouvernement a, d?autre part, annoncé qu?il exemptera les opérateurs de transport public de la taxe à valeur ajoutée (TVA) sur l?achat des châssis dans le but de les aider à renouveler leur flotte.
Le prix du riz ration sera majoré par Re 1 (Rs 2.50 à 3.50). La dernière augmentation remonte à 2003. La State Trading Corporation (STC), unique importatrice de cette denrée ne peut plus absorber les hausses dans les cours mondiaux. Selon le chef du gouvernement, le riz ration qui est subventionné donne lieu à des gaspillages. Dans un souci de ne pas pénaliser les groupes sociaux les plus démunis, les food aids auxquelles ces derniers ont droit seront rehaussées.
Par ailleurs, la pratique des subventions croisées à la STC permettra de maintenir les prix de la farine et du gaz ménager à leur niveau actuel malgré le fait que la note d?importation s?est nettement détériorée. La STC puisera des bénéfices réalisés sur la vente de l?essence, son plus gros poste de profits, pour pallier les pertes subies sur ces produits de consommation courante.
■ Economie. Paul Bérenger a laissé parler son exaspération envers ceux qui, selon lui, ont ?nourri le défaitisme ? au sujet de l?économie. Il estime que le niveau de l?investissement privé local et étranger augure des lendemains meilleurs pour le pays. Il a annoncé des mesures pour éliminer les goulots d?étranglement qui entravent la croissance dans le secteur hôtelier. La réforme de la politique touristique est en bonne voie. Les autorités ont accordé des droits de cinquième liberté à l?Inde et à l?Australie. Les transporteurs de ces pays pourront ainsi débarquer et embarquer des passagers à Maurice lors des transits. Cela augmentera le trafic vers le pays et aidera à remplir nos hôtels. ?Nous comptons accorder ces facilités à d?autres pays. C?est un pas pour faire de Maurice un centre régional du tourisme et du voyage?, souligne le Premier ministre.
Le PM et VPM ont longuement commenté les menaces sur le sucre et le textile-habillement. ?Ces deux secteurs ont de grosses difficultés. C?est la raison pour laquelle nous sommes en train d?innover et de trouver d?autres secteurs dont les technologies de l?information et des communications et le seafood hub. Nous allons aussi promouvoir le développement des petites et moyennes entreprises (PME)?, explique Pravind Jugnauth. Les nouvelles industries donneront d?autres opportunités aux demandeurs d?emplois et pourront absorber les licenciés.
Le ministre des Finances a évoqué les programmes de formation pour permettre aux jeunes Mauriciens de se faire embaucher dans les nouvelles activités. ?Il y a un nécessaire rééquilibrage à trouver. Il y a des secteurs qui ne trouvent pas de la main-d??uvre qui leur convient malgré le fait qu?il y a un certain nombre de chômeurs dans le pays.?
Le lobbying en Europe pour défendre le Protocole sucre commence à porter ses fruits, disent les dirigeants du gouvernement. L?Union européenne (UE) a consenti à une assistance financière aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) qui seront touchés par la réforme du régime sucrier européen. Cette aide viendra au-delà de l?assistance habituelle accordée sous le Fonds européen de développement. La campagne menée par les ministres mauriciens à Bruxelles vise à amener l?UE à mettre en pratique une réduction des prix le moins drastique possible et qui s?étalera sur une durée la plus longue possible. Maurice plaide aussi pour des mesures compensatoires pour faciliter ses efforts d?ajustement.
Le gouvernement promet plus de transparence dans la politique monétaire. Beaucoup a été dit récemment sur le taux de change de la roupie. Les nouvelles lois bancaires accordent plus d?autonomie à la Banque centrale dans sa gestion des liquidités. Celle-ci agira à partir des recommandations d?un comité technique qui devra rendre public les résultats de ses délibérations.
■ Elections. Le gouvernement communiquera prochainement le calendrier électoral qui a été perturbé par la démission de Siddick Chady, ex-député de la circonscription n° 3 à Port-Louis. Tout semble indiquer qu?il n?y aura pas de partielle; le gouvernement préfère aller directement aux élections générales, moyennant des modifications aux regulations prévues dans la législation électorale.
?Le mood dans le pays n?est pas en faveur d?une élection partielle. Ce même sentiment semble prévaloir au PTr?, indique le Premier ministre qui n?a pas raté l?occasion de fustiger Siddick Chady et le Parti travailliste. Il les accuse tous deux d?avoir agi de manière irresponsable.
■ Créole. La politique du gouvernement en faveur d?une standardisation de la langue créole prend forme. Il est en présence d?un rapport préparé par des experts linguistes sous la présidence du professeur Vinesh Hookoomsing, pro-vice-Chancelier de l?université de Maurice. Les discussions autour d?une graphie sont donc lancées. ?Nous sommes fiers d?avoir pu trouver une solution pour la comptabilisation des langues orientales aux examens du CPE. Maintenant, nous essayons de dégager une formule convenable en faveur d?une reconnaissance officielle du créole qui est une langue utilisée par toutes les composantes de la population?, fait ressortir le Premier ministre.
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