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Le facteur élections

17 novembre 2004, 00:00

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Les politiciens les préparent, les analystes les intègrent dans leurs équations : quelque chose doit bien se tramer en marge des prochaines élections générales. Les rumeurs peuvent bien circuler, mais ce n’est pas la configuration des alliances qui intéresse les analystes. Ce qui préoccupe ces derniers, c’est de savoir quelles sont ces fameuses mesures économiques qui vont aider le gouvernement actuel à affronter les élections.

Mais d’abord, qui sont ces fameux analystes économiques et financiers interrogés dans notre baromètre mensuel ? Rassurez-vous : ce sont tous des professionnels qualifiés et expérimentés qui occupent des postes de responsabilité à divers échelons du management. Ils sont des économistes, des banquiers, des cambistes, des agents de change, des gestionnaires de portefeuille et des directeurs financiers, entre autres. Ils ont un œil objectif, avec l’avantage d’être au contact des marchés tout en prenant un certain recul pour mieux les juger.

En ce mois de novembre, les analystes, dans leur grande majorité, restent pessimistes. Néanmoins, ils mettent de l’eau dans leur vin, vu que l’actualité récente incite à une dose d’optimisme. Le pari engagé par la Compagnie mauricienne de textile dans sa filature, le retour de la profitabilité chez Floreal Knitwear, la réélection de George W. Bush, favorable à l’adoption de la Third Country Fabric Derogation pour Maurice sous l’African Growth and Opportunity Act, ce sont là quelques événements qui donnent des raisons d’espérer.

Reste que l’événement qui marquera sans doute le plus l’économie mauricienne d’ici à un an, ce sont les élections générales. La tenue de ces élections serait positive pour notre économie. Cela paraît assez cynique, mais c’est dit de façon rationnelle. Pour les 33 % d’analystes qui sont “assez optimistes” sur nos perspectives économiques, le gouvernement sera amené à appliquer quelques mesures stimulantes – d’autres diront électoralistes – et de court terme, en vue de gagner les élections. Ces mesures seront surtout sous la forme de dépenses publiques supplémentaires, qui relanceront l’économie, même si c’est temporaire.

Mais il y a un hic : la remontée du taux d’intérêt. Après la hausse de 25 points de base du 21 octobre dernier, le taux Lombard sera-t-il de sitôt relevé par la Banque de Maurice (BoM) ? 40 % des analystes pensent que ce sera le cas d’ici trois mois, voire avant la fin de l’année. Mais des 60 % d’analystes qui n’y croient pas, aucun n’avance que c’est précisément la proximité des élections qui retiendra la BoM.

Voilà un autre test d’indépendance pour la BoM. Si la banque centrale tient à décourager le régime actuel à s’endetter davantage sur le dos du public, elle n’aura qu’à lui envoyer un signal fort en augmentant le taux Lombard encore une fois. Le resserrement monétaire est le meilleur parapet contre les dérapages du laxisme fiscal. La BoM peut le faire en alignant deux bonnes raisons. L’une est de nature locale : les pressions inflationnistes restent vives à Maurice alors que l’inflation est subdued chez nos principaux partenaires commerciaux. L’autre est d’ordre international : le taux d’intérêt sur le dollar est à la hausse, d’autant que la Réserve fédérale américaine vient de relever son taux directeur pour la quatrième fois consécutive, soit par une hausse cumulative de 100 points de base.

Le récent changement du taux Lombard intervenait deux jours avant la dernière réunion entre le gouvernement et le secteur privé. Coïncidence ou pas, cette mesure qui avait de quoi frustrer les industriels était vraiment courageuse de la part de la Banque de Maurice. Mais on sait qu’une hausse du taux d’intérêt n’a d’effet que si elle ne laisse pas les opérateurs indifférents. C’est pourquoi la prochaine doit avoir le même effet psychologique que la précédente. Disons, deux jours avant le dîner annuel de la BoM...

<B>(www.pluriconseil.com)</B>

<B>par Eric NG PING CHEUN</B>

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