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Le don d?organes devrait bientôt être possible
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Le don d?organes devrait bientôt être possible
A bien y voir, le corps humain n?est guère différent d?une voiture. Tout comme pour l?automobile, il est possible de le maintenir en état en lui greffant des pièces de rechange. La seule différence se situe au niveau de l?approvisionnement, beaucoup plus facile pour l?automobile. Ailleurs, il est possible de recueillir des dons d?organes. A Maurice, il faudra attendre l?adoption du Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Bill proposé par le ministère de la Santé pour pouvoir le faire.
Le projet de loi est circulé depuis peu par le ministère à des fins de débat. Car le prélèvement, la préservation et la transplantation d?organes humains soulèvent des questions d?ordre moral et éthique. Le public peut accéder au projet de loi sur le site Internet de la Santé. Il a jusqu?à la fin du mois pour réagir.
Le prélèvement et la transplantation d?organes ne seront autorisés que pour des raisons médicales. Seuls les organes complètement sains seront acceptés à des fins de transplantation. Un Organ and Tissue Transplant Board sera institué pour superviser et réglementer cette activité.
Un donneur pourra se faire prélever un organe de son vivant ou à sa mort. Il pourrait également léguer son corps à la recherche et à la science. Il ferait ainsi le bonheur de l?école de médecine qui s?est installée dans le pays depuis quelque temps.
Un organe ne peut être prélevé sans le consentement du donneur. Ce feu vert devra être donné devant un huissier de la cour. Il pourra être révoqué à n?importe quel moment avant que le prélèvement n?ait lieu.
Une personne ne pourra donner un organe de son vivant qu?après avoir obtenu l?accord de deux médecins. Ceux-ci devront certifier que le prélèvement ne compromettra pas la santé du donneur. Ils devront également lui expliquer les répercussions sur son corps du prélèvement d?un organe qui ne peut se régénérer.
Si le donneur vivant est un mineur, il ne pourra donner qu?un organe qui peut se régénérer. Encore faudra-t-il que ses parents l?y autorisent. Si un des parents essaye d?y mettre son veto, la Cour suprême devra arbitrer, en se faisant conseiller par deux médecins.
Cinq conditions
Le donneur pourra également choisir de subir les prélèvements après sa mort, pouvant même spécifier ce à quoi il destine son don. S?il ne l?a pas fait, ce sera au Organ and Tissue Transplant Board d?en décider.
Pour un adulte qui n?a pas fait connaître sa volonté de son vivant mais qui ne s?est pas opposé à l?idée son conjoint pourra prendre sur lui pour faire le prélèvement. Si ce dernier n?est pas en mesure de prendre cette décision, l?aîné de ses enfants, son héritier ou représentant légal pourra prendre l?initiative.
Le projet de loi protège les enfants et les handicapés contre le prélèvement arbitraire d?organes. Chez ces personnes, seul le prélèvement d?organes capables de se régénérer est permis. Et là encore, il faudra au préalable satisfaire cinq conditions : le donneur ne devra pas s?y opposer, le récipiendaire devra être un parent et sa vie devra dépendre du transplant, aucun autre donneur ne devra être disponible, les parents ou ceux qui ont la responsabilité légale du donneur devront y consentir.
Pas question de donner naissance à un commerce d?organes. Le projet de loi interdit donc toute forme de publicité destinée à attirer des donneurs ou à trouver des clients. Personne n?est autorisé à vendre et à acheter des organes ou même à former une association de donneurs. Toute infraction à la loi sera passible d?une peine d?emprisonnement de 15 ans et Rs 500 000 d?amende. De même, un médecin qui a donné son feu vert au donneur ne pourra faire le prélèvement sur celui-ci ni pratiquer la transplantation. L?idée, ici, est de prévenir des conflits d?intérêts.
Il est également prévu de prendre des dispositions afin que les parents du donneur mort ne connaissent pas l?identité de celui qui reçoit son organe. Cela, afin d?aider les proches du défunt donneur à faire leur deuil.
Le prélèvement et la transplantation d?organes devra se faire strictement par un médecin et dans un environnement hospitalier. Seules les cornées pourront être prélevées à la maison du défunt par un personnel médical spécialement formé et ce, après que la mort soit certifiée par un médecin. Si l?organe est destiné à la greffe, le prélèvement devra se faire dans les six heures suivant la mort du donneur.
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