Publicité
Le depart des soldats américains inquiètent de plus en plus les Irakiens
Par
Partager cet article
Le depart des soldats américains inquiètent de plus en plus les Irakiens
Les troupes américaines commencent à quitter le sol irakien, après sept ans d''''une guerre dont  l''issue est toujours incertaine. Les médias consacrent, ce matin, une bonne part de leurs analyses et reportages à ce depart, rappelle le quotidien français Le Monde.
"Plus le retour à la normale est long, plus le processus devient frustrant pour la population irakienne", écrit le New York Times, qui citent des soldats américains en poste en Irak depuis plusieurs années. Ces derniers  soulignent le risque que les Irakiens "perdent foi en la démocratie". Le pays n''a en effet toujours pas de gouvernement et doit composer avec deux forces qui se disputent le pouvoir : les partisans du premier ministre sortant, Nouri al-Maliki, et ceux d''Iyad Allawi, ancien premier ministre arrivé en tête des élections législatives de mars.
Le général Ray Odierno, commandant des forces en Irak, soutient, lui, que les Etats-Unis ont "péché par naïveté" en se lançant dans cette guerre : "Je ne crois pas que nous ayons bien saisi la portée du désastre social qui a frappé le pays", explique-t-il dans le New York Times, faisant référence à la guerre Iran-Irak, à la première guerre du Golfe et aux sanctions internationales "qui ont ravagé la classe moyenne irakienne entre 1990 et 2003".
Le depart des soldats américains inquiètent de plus en plus les Irakiens.
Le journal allemand Der Spiegel affirme que “la plupart ont peur d’une  la guerre civile", d''autant que "la dictature a laissé des marques profondes
Pour sa part, le  Wall Street Journal affirme  que cette transition démocratique ne peut se faire en quelques jours. "Plus que la fin de quelque chose, le retrait des troupes ne marque un commencement", insiste le journal américain.
Selon lui, la configuration actuelle en Irak est assez similaire à celle qui prévalait en Corée dans les années 50 : "Dwight Eisenhower était pressé de mettre fin à un conflit qui avait rendu son prédécesseur très impopulaire, et les combats s''étaient terminés dans la confusion. Mais le président avait tout intérêt à conserver une certaine stabilité dans la région, et souhaitait garder un œil sur ses anciens ennemis. Il a donc laissé des troupes nombreuses sur place et a formalisé la présence américaine par des accords avec le gouvernement local." Et l''auteur de conclure : "Trente-cinq ans plus tard, la Corée était devenue une démocratie stable."
Autre problématique: la question de l''identité irakienne, qui reste à ce jour mal définie car elle peine à intégrer les Kurdes et les chiites. Selon The Guardian, les Kurdes ont tout intérêt à ce que Bagdad reste divisée : c''est en effet grâce au chaos qui régnait dans le pays en 2003 qu''ils ont réussi à obtenir leur statut autonome, rappelle l''auteur.
Le Wall Street Journal reste cependant optimiste et fait valoir qu''"une nouvelle identité irakienne peut émerger sur la base d''intérêts partagés", même si l''installation de la démocratie prend du temps : "Seule la tenue d''élections régulières et la capacité du gouvernement à fonctionner peuvent convaincre à la fois les élites politiques et le peuple que la démocratie est le bon choix."
Un tournant pour la politique extérieure Américaine
Le retrait des troupes américaines marque, en outre, un tournant pour la politique extérieure américaine, analyse le Washington Post. Le quotidien revient sur l''expérience irakienne de toute une génération de soldats "dont les carrières ont été définies par le chaos et les contradictions d''une des guerres les plus longues et les plus coûteuses" menées par les Etats-Unis.
Dans un éditorial, le Washington Post souligne que les Etats-Unis "ont payé un très lourd tribut pour cette victoire, bien plus élevé que nous ne voulons l''admettre". "La capacité des Etats-Unis à mobiliser une coalition autour d''elle en a beaucoup souffert", ajoute l''éditorialiste, rappelant au passage que le bourbier irakien a coûté sa réputation à l''ancien premier ministre britannique Tony Blair et a fait tomber le gouvernement espagnol. Pis, "aucun pays de la coalition n''en a retiré un quelconque bénéfice, qu''il soit diplomatique ou politique".
Sans compter qu''au contraire, l''intervention en Irak "a clairement renforcé l''Iran", "a contribué à renchérir le prix du pétrole", et par conséquent a fortifié l''Arabie saoudite, premier pays producteur de pétrole. A l''aune de ce premier bilan, l''auteur estime que "tirer les leçons de cette guerre ne prendra probablement pas une semaine, mais plutôt une décennie".
 
Publicité
Publicité
Les plus récents