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Le combat épique du doyen de la presse chinoise à Maurice

17 octobre 2007, 00:00

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Originaire de Chong Sha Chee à Meixian en Chine, Ng Kee Siong (aussi connu comme Ng Chee Ying) quitte son pays natal en pleine ébullition pour Maurice en 1937. Il a alors 17 ans. Sa première escale dans l?île est à Goodlands où il travaille comme boutiquier pendant trois ans pour un salaire de Rs 5. Puis il vient à Montagne-Blanche pour enseigner le mandarin aux enfants du patriarche Lim Fat. Il se lance ensuite dans la fabrication de chaussures.

Au bout d?un certain temps, il découvre sa vocation : le journalisme. Fin observateur au style incendiaire, il se lance dans l?arène idéologique avec une combativité inouïe et il croise le fer avec des adversaires coriaces qui sont en faveur de Taiwan. Il aide à fonder le Fao Guo Song Pao (Chinese Commercial Paper) qui a pour rédacteur en chef Tang Kung Koye (le père de Tang Yun Shing). En 1947, Ng Kee Siong se marie à Arlette Young Sao Yong et le marriage lui apporte plus de stabilité à tous les niveaux de sa vie. Il change plusieurs fois de rédaction comme Fah Song Pow et Sing Song Pow et gagne à peine Rs 15. Il préfère la plume au boulier malgré un salaire de famine. Il est à la fois éditorialiste, journaliste et même typographe. La situation financière est précaire. Les souscriptions et donations de boutiquiers chinois les aident à survivre. Sa mission consiste à propager la culture chinoise à Maurice. Les Mauriciens d?origine chinoise pro-Pékin étaient à l?époque mal vus. Pour Ng Kee Siong, la presse chinoise pro-Pékin a joué un rôle de premier plan dans la consolidation des relations entre la République Populaire de Chine et Maurice et en même temps pour la dissémination de la culture chinoise à Maurice. Chaque boutiquier se faisait un devoir de s?abonner à ces journaux pour être en phase avec leur terre ancestrale. Ng Kee Siong, après avoir vécu 60 ans dans la presse chinoise, est aujourd?hui rédacteur en chef d?un hebdomadaire, The Mirror. Il se sent heureux d?avoir accompli une mission, celle d?une ?seule Chine?, dit-il.

Il pense aux nombreux piliers de la communauté de Mauriciens d?origine chinoise qui étaient pro-Mao à l?époque. Malgré une répression subtile du pouvoir colonial, le 1er octobre (la fête nationale de la République Populaire de Chine) était célébrée avec faste et dignité au Chinese Middle School. Ng Kee Siong se remmémore le rôle joué par les ascendants dans l?existence des bonnes relations entre Pékin et la communauté des Mauriciens d?origine chinoise. Ils étaient nombreux à travailler dans l?anonymat. Ng Kee Siong plonge dans les souvenirs gravés dans sa mémoire. La lutte entre les pro-Pékin et les pro-Taiwan était âpre. Ng Kee Siong a été le témoin privilegié de ce chapitre palpitant de l?histoire des Mauriciens originaires de Chine.

Après une riche carrière dans le journalisme, l?octogénaire jette un regard optimiste sur l?avenir. Il a fait don de son ancienne imprimerie au Chinese Heritage Centre qui ouvrira ses portes incessamment.

Philip LI CHING HUM

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