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Laval battu par sa femme, tué par son fils
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Laval battu par sa femme, tué par son fils
À la rue Chasteauneuf, Beau-Bassin, mercredi, chacun se passe l?édition du jour de l?express. Tout le monde veut savoir ce que Saroja a raconté à la journaliste venue la rencontrer la veille, pour dédouaner son fils, accusé d?homicide involontaire? à l?âge de 14 ans !
Mardi, l?adolescent a été appréhendé par la police, trois jours après avoir frappé son père, Laval Ramsamy, 40 ans, avec un « rondin ». Sonné, l?éboueur a été terrassé quarante-huit heures après, par une fracture du crâne.
À chaque coin de rue, les voisins hèlent la s?ur aînée du défunt, Jacqueline Jean-Marie, 43 ans, pour lui demander des nouvelles. Surtout celles de Saroja. « He soz kote ? Linn kit lakaz linn boure ? »
Il était de notoriété publique dans ce quartier ouvrier jouxtant la Cité Chebel que la vie de Laval n?était pas du tout rose depuis des mois. En effet, Saroja lui menait la vie dure et le malmenait.
Pour corser le tout, son fils avait cessé d?aller à l?école et fréquentait la racaille, quand il ne volait pas des fruits chez des voisins? Parfois, il n?hésitait pas à tenir tête à son père, allant même jusqu?à en venir aux mains, et ce avec la « bénédiction » de sa mère.
« À la fin du mois, Laval était toujours le bienvenu chez lui. Mais au milieu du mois, on le jetait dehors. Le pauvre ne savait alors plus où aller », résume sa mère, Gisèle. « Depuis qu?elle est partie travailler à l?usine, elle a changé. Elle ne le voyait plus du même ?il et se bagarrait souvent avec lui. Il a même été battu à coups de pelle. »
Mais Laval faisait partie de ces hommes qui ne voyaient pas le mal chez les siens. Il les acceptait tels qu?ils étaient. Quand il n?en pouvait plus, il partait habiter chez sa s?ur à Belle-Rose, à qui il confiait souvent ses malheurs. Mais il rentrait toujours au bercail, histoire d?être plus près de sa famille qu?il chérissait malgré tout.
« Il a été battu à plusieurs reprises par sa femme, mais le comble c?est que c?est toujours lui qui était pris à l?amende », expliquent en ch?ur Gisèle, Jacqueline, la s?ur, et Pady, la belle-s?ur du disparu.
Tout le monde a son mot à dire sur le calvaire de Laval. Varsha Beekoo, 23 ans, témoin privilégié de la souffrance de l?éboueur, a aussi été le témoin oculaire de son agression.
Le 27 août, elle est devant sa porte, en face de la maison de Laval, lorsqu?elle entend des éclats de voix et aperçoit ce dernier qui se précipite sur le toit. Laval tente alors de débrancher une prise électrique.
Éméché, il vient de rentrer et veut absolument voir la retransmission des courses hippiques pour s?assurer qu?il a misé sur le bon cheval. Mais son fils ne l?entend pas de cette oreille et ne veut pas lâcher les manettes de la Playstation qu?un ami vient de lui prêter.
Pour couper court, Laval veut? couper le courant. Son fils le suit, fait irruption dans la cour, saisit un morceau de parpaing qu?il tente de lui lancer à la tête. Laval esquive le coup et lui renvoie le morceau de béton. Suit une véritable bataille rangée.
Face à l?imposante Varsha il se replie
Varsha, la voisine, entre alors en scène et intime l?ordre à l?adolescent de mettre un terme à cette dispute. « Monn dire bhaî aret fer sa, to papa sa », confie-t-elle. Mais l?adolescent n?en démord pas.
Voyant l?intervention de sa voisine, Saroja prend son fils par le bras. Mais à peine a-t-il fait quelques pas qu?il se dégage, saisit un morceau de bois et une bouteille, et se jette sur son père retourné à l?intérieur.
Dans la lutte, Laval lui prend le gourdin des mains et lui assène un coup au visage. Le gamin va lui rendre la monnaie de sa pièce quand Varsha s?interpose.
L?adolescent commence à rouer son père de coups, mais face à l?imposante Varsha, il se replie. Il s?apprête à prendre une hache quand celle-ci se met une fois de plus fois en travers de sa route. Fou de rage, il se rue dehors, s?empare d?un rondin et frappe Laval de toutes ses forces au front. L?éboueur tombe à la renverse, K.-O.
Souffrant atrocement à la tête, Laval se rend en fin d?après-midi à l?hôpital Jeetoo. Il dit être tombé. Après avoir suturé sa plaie, le personnel médical le renvoie à la maison.
Mais tard dans la nuit, l?éboueur est en proie à des douleurs plus vives. Le Samu est appelé et Laval est transporté encore une fois à l?hôpital Jeetoo.
Comme son cas est jugé grave, il est transféré au département de neurochirurgie de l?hôpital du Nord. L?infortuné subit une intervention chirurgicale, mais le mal était déjà fait. Laval meurt dans l?après-midi de mardi.
L?autopsie du médecin légiste Satish Boolell confirme que l?éboueur a succombé à une fracture du crâne et à des lacérations au cerveau. Maintenant, c?est à la cour de révéler si le malheureux est mort à cause du coup reçu à l?arcade sourcilière ou lorsqu?il est tombé à la renverse.
Puis, comme le souligne Jacqueline, même si elle blâme son « mal élevé » de neveu, la mort de son frère peut aussi être imputée à une négligence médicale. « Si dokter ti pran li kont bien premier kout linn al lopital, pa ti pu arriv sa zordi. »
Le ministère de la Santé a donc ouvert une enquête départementale pour situer les responsabilités autour de ce décès pour le moins malheureux.
Ce n?est que vendredi, soit à peu près une semaine après le crime, que le fils a été examiné par le Dr Boolell.
Depuis son interpellation, il a été placé au Correctional Youth Centre (CYC) sur ordre d?un magistrat qui stipulait également qu?il ne pouvait quitter le centre que pour être présenté en cour.
Lors de l?examen, le médecin a ainsi pu vérifier sa version selon laquelle il avait été frappé par son père et qu?il avait même eu le nez fracturé.
D?ici quelques jours, le jeune homme sera fixé sur son sort. L?enquête ouverte par la police de Beau-Bassin devra déterminer s?il est bien celui qui a provoqué la mort de son père. Quoi qu?il en soit, ce poids lui restera sur la conscience jusqu?à son dernier jour.
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