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L?appréciation des devises provoque une hausse des prix
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L?appréciation des devises provoque une hausse des prix
L?EVOLUTION des taux de change a des effets divers et variés sur les opérateurs économiques et aussi sur les consommateurs. Si les industriels du textile-habillement trouvent un réconfort dans la bonne tenue de l?euro, les importateurs, eux, s?en plaignent. L?appréciation remarquable du rand sud-africain et du dollar australien alourdit aussi la note de nos importations, surtout en alimentation.
Il se trouve effectivement que l?Europe, l?Afrique du Sud et l?Australie sont nos principales sources d?approvisionnement pour tout ce qui est de l?alimentation. Les consommateurs constatent une hausse des prix en faisant leurs courses et les porte-monnaie s?en ressentent.
Toutefois, selon les importateurs, la situation aurait pu être bien pire s?ils répercutaient sur les consommateurs l?intégralité de la hausse que provoquent les taux de change.
En l?espace d?une année, l?euro s?est apprécié de 10 % passant de Rs 30.20 à Rs 33.10. Le rand sud-africain a, lui, progressé de près de 50 % par rapport à la roupie passant de Rs 2.90 en octobre 2002 à Rs 4.30 hier. Le dollar australien s?est apprécié de quelque 20 %, passant de Rs 16.80 à Rs 20.13.
Compétition entre opérateurs
En gros, l?appréciation de l?euro est principalement due à la faiblesse du dollar américain. Le rand sud-africain a, lui, bénéficié de la hausse des taux d?intérêt décidés par Pretoria alors que les taux en Europe et aux Etats-Unis sont au plus bas. Quant au dollar australien, il est notoirement connu comme étant sujet à des spéculations à l?échelle internationale, étant la sixième devise la plus échangée.
Le mouvement à la hausse de ces devises a un impact direct sur le coût des produits importés de ces pays. L?Europe représente presque un tiers des importations globales du pays avec la France comptant pour Rs 7 milliards d?importation et la Grande-Bretagne et l?Italie autour de Rs 2 milliards chacune.
L?Afrique du Sud a, elle, surpassé la France en tant que premier fournisseur de Maurice avec Rs 8 milliards de produits exportés. L?Australie compte, elle, pour Rs 2,3 milliards des produits importés par Maurice.
Une part importante des produits qu?on trouve sur les rayons des supermarchés provient d?Europe, d?Afrique du Sud et d?Australie. Parmi figurent les produits laitiers, la viande, les conserves, les jus de fruits et les appareils électroménagers, notamment.
?Les prix ont augmenté progressivement tout au long de l?année écoulée et si cette tendance se maintient, ils continueront à augmenter à l?avenir?, soutient le directeur d?une importante compagnie d?importation de produits alimentaires.
?Les prix augmentent avec chaque nouvelle cargaison que nous recevons?, confirme Nicolas Merven, directeur exécutif de la division Food and Distribution d?Ireland Blyth.
Néanmoins, la hausse des prix à l?importation n?est pas entièrement répercutée sur le consommateur, arguent les importateurs. ?Si nous le faisions cela aurait été la catastrophe pour les consommateurs. Les prix auraient vraiment flambé?, soutient un responsable de chez Happy World Foods.
Les importateurs s?accordent à dire qu?ils mitigent l?impact de l?appréciation des devises et de la hausse des prix en rognant sur leurs marges. La compétition entre opérateurs et la capacité des consommateurs à encaisser la hausse des prix sont des paramètres que les importateurs disent prendre en considération.
Cette stratégie coûte cher aux importateurs. Pour une commande passée aujourd?hui, le paiement ne se fera que dans 60 ou 90 jours et à cette date, le taux de change aura évolué impliquant un surcoût en roupie pour les importateurs si la devise s?apprécie.
Si les gros importateurs tentent de minimiser les risques liés au change à travers le ?hedging?, l?opération n?est pas sans risque et implique des coûts additionnels qui tendent à en réduire les gains.
?Les banques réclament des frais supplémentaires pour tout achat de devises en avance car elles ne savent pas elles-mêmes à quels taux elles vont les payer. Nous avons fait du forward buying dans le passé et nous nous sommes rendu compte que cela coûte cher?, déclare Nicolas Merven.
Il est vrai que depuis la libéralisation des changes en 1994, la culture du ?hedging? prend du temps à s?installer dans les entreprises. Beaucoup de responsables d?entreprises estiment effectivement que le jeu ? et les coûts associés surtout ? ne vaut qu?à peine la chandelle.
Dépréciation
Le dollar inquiète
Quand l?euro monte et que le dollar américain baisse, les opérateurs économiques ont tendance à ne plus parler des taux de change. Pourtant, depuis quelque temps, la plongée du dollar commence à susciter des réactions. Surtout de la part de ceux qui exportent sur le marché américain, parmi lesquels les entreprises de textile hongkongaises. Il est vrai que la baisse du dollar est surtout attribuable à la baisse des taux d?intérêt aux Etats-Unis et à une volonté de l?administration de doper les exportations et la croissance en une période préélectorale. Pour corser le tout, les analystes notent que des facteurs locaux accentuent la baisse du billet vert à Maurice. D?abord, l?excès de liquidité sur le marché des devises n?arrange pas les choses. Avec l?appréciation de l?euro, les industriels du textile et les hôteliers s?empressent de vendre leurs recettes en euro. De l?autre côté, les importateurs qui ont besoin de dollars américains, spéculent sur la baisse du billet vert et attendent la dernière minute pour en acheter. Les banques, elles, déclarent qu?elles ne peuvent conserver des dollars pendant une longue période car avec la dépréciation de la devise américaine, elles perdent de l?argent. Elles ont donc tendance à s?en débarrasser au plus vite, quitte à les vendre à la baisse ce qui accentue la dépréciation du dollar. Cette situation est jugée assez grave pour que la Banque de Maurice songe à intervenir. Mais sa marge de man?uvre est limitée. Comme l?a dit le gouverneur de la Banque centrale, Rameswurlall Basant Roi, la Banque de Maurice a déjà épongé pour $ 500 millions de devises sur le marché local et elle se demande si elle peut continuer à le faire.
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