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L?angoisse d?une mère?
Ramchandra Sitanah, 64 ans, retraitée, connue sous le nom de Rupa, est angoissée chaque matin, à chaque fois qu?elle quitte son lit pour vaguer à ses occupations. Elle ne sait pas trop ce que la journée va réserver à son fils Manoj, chômeur et épileptique depuis douze ans. Rupa raconte que Manoj s?est affaissé dans la cour la veille de notre visite. Il a été pris de vertiges.
Si après tant d?années, la mère de Manoj a fini par accepter que la maladie de son fils ne soit plus un fardeau, elle avoue qu?elle arrive difficilement à supporter le poids de la misère quotidiennement dans sa petite maison en tôle située à Camp-Falbert, St- Hubert.
?Tou lezour la tet fatigue.Nou ne pli konne ki pou fer?, confie cette ancienne travailleuse agricole qui regrette de ne plus pouvoir travailler en raison du poids de l?âge et de la fatigue.
En sus de la somme que Rupa aura à trouver pour subvenir aux besoins quotidiens de sa famille, la sexagénaire est inquiète à chaque fois que Manoj tombe malade et a besoin de ses médicaments. ?Parfois nou bizin attann enn ou de zour avan gagn led.?
Incertitude
La saison pluvieuse n?est pas pour arranger les choses pour cette famille qui vit chaque jour dans l?angoisse et dans l?incertitude. ?Kan lapli tombe, nou bizin met recipien partou pou empes dilo mouille lili ek de troi meb qui nou ena?, raconte-t-elle.
Manoj et ses enfants qui dorment dans une chambre vivent également dans la peur dès que la moindre brise commence à souffler sur le toit de la maison.
Et quand le cyclone s?abat sur l?île, c?est une autre paire de manches pour la famille Ramachendrabara .
Elle doit impérativement compter sur des voisins pour éviter un malheur. ?Nou bisin pran tou nou quitsoz nuu alle?, explique Pushpah, la fille de Rupa qui habite dans une pièce à côté, avec son fils.
Consciente que ses proches traversent des moments très difficiles, Pushpah, qui travaille dans les champs à temps partiel, ne baisse pas le bras pour autant. Elle se dit déterminée à se battre pour que sa famille retrouve son droit sur le terrain où habite la famille présentement. Elle soupçonne que quelque part quelqu?un aurait tout mis en ?uvre dans le passé pour déshériter sa mère.
Faute des moyens financiers pour rechercher un avis légal, elle a préféré mettre ce projet en veilleuse.
En attendant, Pushpah invite les autorités à les aider à construire leur maison et à mener une vie moins misérable ?parski situation pe empire sak zour?.
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