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L?agro-industrie fait décoller la coopération avec Madagascar

11 mars 2007, 20:00

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Problèmes socio-politiques obligent, les investisseurs se montrent de plus en plus réticents à s?implanter à Madagascar. Mais il semble que la coopération économique avec les pays de la région passe à la vitesse supérieure. Notamment avec le groupe Surat qui compte se joindre aux entreprises mauriciennes déjà présentes sur la Grande Ile. Le projet : la production et l?exportation de fruits et légumes à Antsirabe avec des partenaires indiens, réunionnais et sud-africains. Un projet qui nécessitera des investissements d?environ Rs 100 millions.

Shyam Surat, managing director du groupe Surat, est, lui, convaincu des nouvelles opportunités de développement de la coopération avec Madagascar dans le secteur agro-industriel. Sur une superficie de 300 hectares à Antsirabe, la production de fruits et légumes cible l?exportation vers des pays de l?océan Indien et du Moyen-Orient. De produits en conserves sont aussi concernés.

?Le partenariat avec les Sud-Africains et Indiens sera au niveau du know-how technologique. Pour les autres partenaires, c?est surtout au niveau de l?investissement et du marketing?, explique Shyam Surat. ?Nous sommes en négociation depuis déjà deux ans, ajoute-t-il. Nous espérons que le projet pourra démarrer d?ici la fin de l?année. Mais la balle est dans le camp malgache.?

Le groupe Surat compte ainsi se joindre à la trentaine de sociétés mauriciennes, Courts, Mauritius Chemical & Fertilizer Industry Ltd, La Sentinelle Ltée, la Mauritius Commercial Bank, la State Bank of Mauritius, Harel Mallac et Ciel Textile qui se sont installées dans la Grande Ile ces dernières années.?Si nous sommes restés à Madagascar après les problèmes socio-politiques que le pays a connus, c?est en grande partie à cause des coûts très compétitifs de production. Les opérateurs sont qualitatifs?, témoigne Harold Mayer, chief executive officer de Ciel Textile Ltd.

?Nous sommes en croissance constante de production de pulls, t-shirts et chemises, et avec les récents développements au sein de la Southern Africa Development Community (SADC) au niveau des tarifs douaniers, nous pensons que nous allons davantage accroître nos exportations vers l?étranger à partir de Madagascar?, ajoute-t-il.

Et Sudesh Ghurburrun, directeur de la Division Investment Facilitation du Board of Investment (BOI), d?ajouter que toute la région de l?océan Indien bénéficiera de la création du Economic Development Board of Madagascar (EDBM), dont le principal objectif est de faciliter et promouvoir les investissements à Madagascar.

Projet hôtelier à Nosy-Be

Sudesh Ghurburrun était invité la semaine dernière par la Banque mondiale à faire un exposé sur les mesures prises par le gouvernement et le BOI pour attirer des investissements extérieurs à Madagascar. L?EDBM, placé sous la direction de Prega Ramsamy, ancien secrétaire exécutif de la SADC, tombe sous la responsabilité directe du président malgache.

Selon Gérard Lemaire, ambassadeur de Maurice à Madagascar, des Mauriciens ont exprimé des intérêts à investir dans les secteurs de centres d?appels, de production d?éthanol, de la bière et dans la construction d?hôtels à Madagascar. Un important projet hôtelier sera d?ailleurs réalisé par le groupe Constance à Nosy-Be.

Madagascar reste une des principales destinations pour l?exportation de nos produits, après la Grande-Bretagne, la France, les Emirats arabes unis et les Etats-Unis. De janvier à décembre 2006, nos exportations sur Madagascar se chiffrent à quelque Rs 3 milliards, contre Rs 15 milliards sur la Grande-Bretagne et Rs 6 milliards sur la France.

Maurice a importé de Madagascar pour les neuf premiers mois de 2006 environ Rs 400 millions. Pour toute l?année de 2005, cette importation a été d?une valeur de Rs 436 millions et pour 2004, Rs 932 millions.

Parmi les produits que Maurice importe de Madagascar, on note la pomme de terre, des biscuits, des grains secs, des pierres précieuses et semi-précieuses, des crustacés, du bois...

Des opportunités existent aussi pour l?importation du bétail, de la viande bovine et autres produits agricoles. Mais ces importations prendront une nouvelle dimension une fois les normes sanitaires et phytosanitaires établies. Un travail qui se fait avec la collaboration de la Food and Agricultural Organisation. ?Les potentiels d?accroître les importations de crustacés, poulpes, crevettes, crabes et poisson de Madagascar sont là. Madagascar a la main-d??uvre. A Maurice, nous avons le savoir-faire. Nous pouvons, en partenariat, fabriquer des produits à haute valeur ajoutée?, lâche Hemraz Ghina, directeur du National Cold Storage. Celui-ci, en partenariat avec une société malgache, compte ouvrir une entreprise de traitement de produits de mer. L?entreprise commencera ses exportations vers Maurice dans trois semaines.

Madagascar reste aussi un de nos principaux marchés de ré-exportation dans le cadre des opérations du port franc. Les produits venant d?Asie et réexportés vers Madagascar, se sont stabilisés autour de Rs 2 milliards ces deux ou trois dernières années. Il s?agit de produits textiles, d?électroménager et des denrées alimentaires. Jusqu?ici, c?était principalement dans les secteurs textile et agricole qui étaient impliqués dans la coopération économique. La diversification est venue dans le tourisme et l?agro-industrie.

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