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La traque débute en mars
Il est toujours facile de voter une loi, mais l?appliquer est souvent une autre affaire. Le ministère de l?Education en connaît un morceau sur le sujet. Après que la scolarité est devenue obligatoire jusqu?à 16 ans en début d?année, le ministère réfléchit activement à l?application de la loi.
Trois semaines après la rentrée des classes, la traque des étudiants absents des bancs d?école n?a pas encore démarré. Il faudra attendre encore quelques semaines. ?Nous espérons pouvoir descendre sur le terrain pour aller à la recherche de ceux qui ne sont pas encore à l?école début mars?, explique un haut cadre.
Le travail préliminaire, principalement de planification, est pratiquement terminé. La semaine prochaine, une réunion aura lieu au quartier général de l?IVTB House, Ph?nix, pour mettre les choses au point et voir le nombre de jeunes en situation irrégulière. Une Project Management Unit et un Steering Committee pour le suivi du dossier devraient également être mis sur pied.
Comment le ministère a-t-il pu enregistrer un tel retard dans l?application de la loi ? ?Nous avons été débordés par la rentrée scolaire qui nous a pris plus de temps que les autres années?, affirme-t-on au ministère. La même équipe étant au four et au moulin, il est donc presque logique qu?il y ait des retards sur certains dossiers, indiquent des sources.
Les Education Regulations de 1957 seront également amendés avant la mi-mars dans le cadre de la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans. Il s?agit de préciser qu?un étudiant doit rester à l?école jusqu?à la fin de l?année scolaire durant laquelle il atteint l?âge minimum pour quitter le monde éducatif. Les autorités vont profiter de l?occasion pour apporter d?autres amendements.
Le secteur à surveiller sera surtout celui des filières pré-professionnelles. Les recalés du Certificate of Primary Education (CPE) qui y atterrissent, bénéficieront d?une attention plus marquée. Cette catégorie est la plus susceptible de quitter l?éducation à un âge précoce pour diverses raisons.
A ce jour, environ 80 % de ceux qui devaient y faire leur entrée cette année y sont effectivement. En ce qui concerne les autres, le coordonnateur du dossier filières pré-professionnelles a été chargé d?identifier les problèmes qui peuvent empêcher un jeune d?aller à l?école.
Comment fonctionnera le travail de recherche des résistants à la scolarisation ? La première étape sera effectuée par les chefs d?établissements avec l?aide des associations de parents-enseignants. Au départ, les collèges privés étaient réticents, mais ils seraient revenus à de meilleurs sentiments. ?Ils ont tout à gagner. Un enfant en moins veut dire moins de subventions. Il est donc dans leur intérêt de se mettre à la recherche de ceux qui ont abandonné?, souffle un haut cadre du ministère. Si cette étape ne parvient pas à élucider un cas, les directeurs de zone prendront le relais.
Psychologues recrutés
Au secondaire, les postes de principal education officer, de chief education officer et de senior education officer seront fort probablement revus et rebaptisés inspecteurs et senior inspectors. Les conditions de ces nouveaux postes sont en train d?être finalisées par le Pay Research Bureau. De nouveaux éléments seront recrutés à ces postes prochainement. Les inspecteurs auront comme vocation d?aider à l?application de la loi. Des psychologues d?enfants pourraient également être recrutés.
Le troisième niveau est le National Steering Committee qui attend d?être créé. Composé de différents ministères, du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, d?organisations non gouvernementales et autres organismes parapublics, il essayera de trouver des solutions à long terme. La Special Educational Needs Unit, nouvellement créée au ministère, sera également impliquée dans le processus.
En premier lieu, les autorités s?appliqueront surtout à retrouver ceux qui étaient à l?école en 2004 et qui ne le sont plus en 2005, alors qu?ils n?ont pas encore 16 ans. En 2000, le nombre d?enfants qui ont arrêté leur scolarité au passage du primaire au secondaire était de 2 400 enfants. En 2004, malgré quatre ans d?existence de la filière pré-professionnelle, 900 enfants se sont retrouvés dans la nature. Selon les premières statistiques, le chiffre pour cette année oscillerait autour de 300, selon les premières indications. Aucune confirmation de ce chiffre cependant. Les directeurs des quatre zones éducatives font actuellement un relevé détaillé.
En ce qui concerne ceux qui ont quitté les bancs de l?école depuis longtemps, ils ne seront pas incités à y retourner même s?ils n?ont pas atteint l?âge fatidique. S?ils veulent y retourner, ils seront cependant libres de le faire. Comme l?a souligné le ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, à plusieurs reprises, 2005 est une année de ?transition? et donc ?d?expérimentation?.
Le sort réservé aux enfants exclus des établissements à cause d?un comportement violent ou parce qu?ils ont redoublé plus de deux fois après leur entrée au secondaire est pour le moment un grand inconnu sur lequel se penchent les spécialistes de l?éducation.
Une chose est cependant sûre. Les autorités éducatives souhaitent avoir le moins possible recours aux dispositions punitives de la loi. Si l?Education Act prévoit que le parent ou la personne en charge d?un enfant, qui ne va pas à l?école sans raison valable, risque une amende n?excédant pas Rs 10 000 et une peine de prison d?un maximum de deux ans, l?on affirme vouloir éviter une mesure aussi draconienne autant que possible.
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