Publicité
La tête et les jambes de ?Le Calife?
Cela fait une vingtaine d?années que leur histoire commune avec la restauration dure. Et elle est bien partie pour continuer. Et pourtant, la relève est loin d?être assurée. Les enfants de Houssen sont à l?étranger et le fils de Faizal qui est un crack en informatique, entend émigrer une fois sa spécialisation complétée.
Cela dit, Faizal, qui est le financier des trois mais aussi le responsable officieux des relations publiques, est optimiste. D?une façon ou d?une autre, la relève se fera. ?Houssen et moi, nous nous croyions prédestinés à un autre métier. Et puis, nous sommes tombés dans la restauration comme l?a fait avant nous notre grand-père, Inous Bandhoo, qui tenait l?hôtel Jamal Kelle à l?arrière du marché de Rose-Hill. Donc, impossible de dire comment tout cela va tourner.?
Et c?est vrai que ces frères avaient envisagé une autre carrière. Houssen voulait être enseignant et s?est rendu à l?étranger pour décrocher une licence en anglais. Faizal désirait se faire psychologue et a étudié cette discipline à l?université de Chandigarh en Inde. Sauf qu?à leur retour au pays, le chômage bat son plein et les deux frères doivent abandonner leurs aspirations premières.
Le seul espoir de Faizal est de se spécialiser dans la restauration. Il passe alors son brevet professionnel hôtelier auprès de l?École hôtelière des Casernes à Curepipe. Comme la situation économique ne s?est toujours pas améliorée, il décide d?accepter un emploi aux Emirats arabes unis, plus précisément au Dubai International Hotel. Faizal qui n?a pas un ego surdimensionné, commence au bas de l?échelle dans la restauration, soit comme serveur. Et au bout de six ans, il récolte le fruit de ses efforts. Il obtient quatre promotions et est élu ?Employé de l?année 1985?.
Une cuisine goûtée
Son sens d?appartenance à son pays est si fort qu?il décide de rentrer. Il l?explique en ces termes : ?L?amour de mon pays suinte par chaque pore de mon corps. C?est ainsi quand on est un pur produit de mai 1975.? Ses demandes d?emplois auprès d?hôtels demeurant sans réponse, lui et son frère Houssen décident de se lancer dans la restauration et de mettre le briani à la portée de tous les Mauriciens.
C?est ainsi que le premier Le Calife ouvre ses portes en 1989. Houssen est le maître d??uvre de cette délicatesse, préparant les ingrédients et surtout le dosage des épices. Le succès est quasi-immédiat pour les frères Bandhoo. ?Le secret d?un bon briani, c?est le dosage des épices. Mais nous avons aussi notre secret de fabrication. Si les Asiatiques mangent généralement très épicés, pour plaire à tous les Mauriciens, nous avons dû trouver le juste milieu dans le dosage d?épices pour que notre briani soit parfaitement digeste.? Et pour ceux qui voudraient manger autre chose, ils proposent la cuisine chinoise.
Leur business tournant bien ? 70 % de leur chiffre d?affaires repose sur la vente du briani ? les frères qui sont rejoints par leur benjamin Nizam, ouvrent à quelques années d?intervalle deux autres succursales dans les Plaines-Wilhems. Là, encore, les Mauriciens les suivent. ?Nous avons fait coup double. Non seulement les Mauriciens dans leur ensemble dégustent le briani chez nous mais de nombreuses kalas y viennent aussi pour découvrir nos plats chinois.?
Les frères Bandhoo ne se cantonnent pas à un point de vente prédéterminé. Ils se relaient sans cesse d?une succursale à une autre, si bien qu?ils sont incapables de prendre des jours de congé simultanément, ni disposer d?un jour complet de repos. ?J?ai trois demi-journées de congé par semaine mais je suis conditionné pour travailler. Et c?est pareil pour mes frères. Il y a un dicton qui dit : Whatever the mind of man can conceive and believe, it can achieve. Le mot clé est believe. Nous aimons ce que nous faisons et nous y croyons. Ki ou enn marsan pistas, enn dokter, enn programmeur ou pou resi si ou fer li avek ou leker ek ou lespri.?
Les Bandhoo n?ont aucun projet d?expansion, ni d?aménagement dans de plus grands locaux pour gagner un plus grand nombre de clients. ?Nous ne voulons pas fabriquer du briani à la chaîne. Ce serait idiot de construire quatre, cinq, six business que nous ne pourrions pas contrôler et que tout l?édifice que nous avons construit finisse par s?écrouler. Nous voulons continuer à offrir une cuisine goûtée, à un prix abordable et un accueil personnalisé.? Inch Allah?
Publicité
Publicité
Les plus récents