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La situation politique se dégrade à Toamasima

11 octobre 2006, 20:00

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Six personnes, dont le sénateur Arema Sajy Pierre, ancien commandant des sapeurs-pompiers, ont été arrêtées hier. Ils sortaient d?une école d?Ankirihiry, dans un minibus, lorsque les forces de l?ordre ont procédé à leur arrestation. Six militants Arema, dont le sénateur Pierre Sajy, arrêtés et un militaire blessé. C?est le bilan de l?intervention des forces de l?ordre à Toamasina, hier. Le ton durcit entre les partisans de Pierrot Rajaonarivelo et le pouvoir. Les autorités locales procèdent aux premières arrestations des manifestants du parti Avant-garde pour la rénovation de Madagascar (Arema) à Toamasina.

Les forces de l?ordre ont appréhendé six partisans de Pierrot Rajaonarivelo, secrétaire national de l?Arema, hier après-midi, à Ankirihiry. Parmi les arrêtés se trouvent le sénateur Pierre Sajy, le journaliste Eloi Ravelonjato, et des militants de l?ancien parti au pouvoir.

La scène se déroule vers 16 heures, dans l?enceinte d?une école privée que les militants Arema ont choisi comme quartier général. Mais les circonstances des événements restent encore confuses. ?Un mini-bus, servant pour l?occasion de sono-mobile, est sorti de l?enceinte. Les quatre occupants du véhicule, des meneurs, ont tout de suite été appréhendés par les forces de l?ordre?, raconte le colonel Gilbain Pily, président de la délégation spéciale de la province de Toamasina, joint au téléphone.

Le colonel Gilbain Pily confirme l?utilisation des grenades lacrymogènes pendant l?opération. ?Un militaire a également été blessé au cours de l?action. Les occupants de l?école ont lâché des zébus dans la ruelle menant vers la route principale, provocant ainsi la blessure d?un de nos éléments?, se justifie-t-il. Le PDS de Toamasina explique les arrestations par le non-respect de la loi par les militants Arema. ?Les manifestants ont demandé une autorisation d?organiser un rassemblement à Barikadimy, mais la loi ne les y autorise pas. Quelques meneurs ont insisté pour sortir de l?enceinte et braver les forces de l?ordre?,lance-t-il.

Une simple procédure

?Faux?, rétorque Fulgence Fanony. L?opposant évoque ?l?irruption des forces de l?ordre dans l?enceinte?. ?Ces derniers sont venus dans l?intention d?arrêter les militants Arema, en réunion pour réfléchir sur la concrétisation de la grève générale proposée par Pierrot Rajaonarivelo?, fustige l?ancien ministre de l?Education. Des voisins font pourtant état de tension entre les congressistes Arema et les forces de l?ordre, bouclant les périmètres quelques instants avant la scène. à les croire, les militants de l?ancien parti au pouvoir ont défié les forces de l?ordre par des provocations verbales et des jets de pierre.

Une délégation Arema, composée de plusieurs membres du comité directeur du parti, tentent de libérer les personnes arrêtées. Elle rallie le bureau du colonel Gilbain Pily pour ?négocier?, selon le sénateur Adolphe Ramasy, mais en vain. ?Pour ce qui est du sénateur, nous l?avons également arrêté pour enquête et rien d?autre. C?est la procédure?, avance le PDS de Toamasina. Parallèlement à la réunion au palais du Faritany, le quartier d?Ankirihiry est bouclé par les forces de l?ordre. Ces derniers ne l?ont quitté qu?en début de soirée.

Et le calme y est peu à peu revenu.Des étudiants, qui ont grossi les rangs des congressistes Arema, croient également faire l?objet de tentative d?arrestation. ?Des forces de l?ordre fouillent le campus à Barikadimy pour nous arrêter?, confie l?étudiant Mamy Jo. Mais l?information n?est pas confirmée par les autorités. ?à l?heure actuelle, je n?ai pas connaissance d?une telle opération?, rectifie le colonel Gilbain Pily. ?En tout cas, le calme règne dans la ville?, se félicite-t-il. L?opération de l?arrestation lancée par les autorités locales apporte de l?eau au moulin de l?opposition. ?Ce qui s?est passé à Ankirihiry va accélérer le processus de destitution du pouvoir?, évoque Fulgence Fanony, membre du Comité pour la réconciliation nationale (CRN).

De son côté, le professeur Albert Zafy n?hésite pas à ?condamner les actes arbitraires du pouvoir, qui s?apparentent à des crimes?.

Originaire de Mandritsara, Pierre Sajy a été élu sénateur de Madagascar dans la province de Mahajanga en 2001. Il a fait partie de la liste proposée par le parti au pouvoir à l?époque, l?Arema. Auparavant, le colonel Pierre Sajy a assuré le commandement des sapeurs pompiers pendant plusieurs années, jusqu?en 1998.

À la même époque, il a beaucoup ?uvré dans le domaine social. Beaucoup se souviennent de ses engagements en faveur des sans-abri tananariviens relogés dans les campagnes d?Ankazobe ou d?Analavory. Faisant partie du corps de la gendarmerie, il intègre l?administration du Toby Ratsimandrava lorsqu?il quitte les sapeurs-pompiers. Il y reste jusqu?à ce que, en 2001, à 56 ans, il soit appelé par le parti pour compléter la liste des prétendants à la fonction de sénateur. Le 10 octobre 2006, il est le énième parlementaire arrêté sans que son immunité parlementaire ne soit levée.

L?express de Madagascar

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