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La route de la Montagne des Signaux inaugurée

18 novembre 2004, 00:00

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Le lord-maire Lloyd Baligadoo inaugure la route, éminemment touristique et sous-utilisée, de la Montagne des Signaux. Elle est l??uvre de Michael Leal qui dirige et motive alors la Development Works Corporation (DWC) comme elle l?a rarement été depuis. La presse de 1979 s?appesantit sur les Rs 5 millions de son coût de construction. Nous dirons, plus objectivement, qu?elle n?a coûté que Rs 5 millions surtout si on compare ce coût aux Rs 4 millions que nécessitera la construction d?une ferme-école ?moderne? à Belle-Mare. Confiée aux Young Farmers, elle est censée former une nouvelle génération d?agriculteurs. Son apport à l?agriculture ne fait de doute à aucun d?entre nous, aujourd?hui.

Michael Leal rappelle que la DWC est partie de zéro en 1970 quand Maurice, au lendemain de l?indépendance, connaissait une crise de chômage sans précédent. Elle est mise sur pied sans structure ni encadrement qualifié. Son personnel a compté jusqu?à 14 500 ?travailleurs? sans expérience professionnelle ni qualification technique. Il s?agissait alors de trouver des projets d?envergure nécessitant le plus grand nombre de bras. De 1974 à 1999, elle a construit 800 salles de classe, reboisé 8 000 arpents, aménagé 300 kilomètres de route, bâti 28 Village Halls, 20 marchés agricoles, trois centres de santé. Depuis mars 1979, elle est autorisée à participer aux appels d?offres de l?Etat. Elle a obtenu 10 des 19 contrats sollicités par elle. Elle a précédé l?Industrial and Vocational Training Board dans la voie de la formation professionnelle.

Lloyd Baligadoo ne se contente pas d?inaugurer une route en lacets construite par la DWC. Au nom du conseil municipal, il présente aussi aux Administrations régionales un ? super plan? de Rs 190 millions pour la Cité de Port-Louis. Evidemment nous sommes loin des Rs 5 millions de la route pouvant rendre accessible aux véhicules le sommet de la Montagne des Signaux si elle est rouverte à la circulation. Si Ringadoo donne les sous requis (même dévalués), Port-Louis se propose de moderniser le marché central (Rs 130 millions), construire une piscine olympique, un complexe commercial et administratif, un autre culturel, un garage pour abriter la flotte de véhicules municipaux, etc. Gaëtan Duval a déjà posé, en 1968, la première pierre d?une piscine olympique au jardin Robert-Edward Hart, aux Salines. Il n?y a toutefois pas eu de seconde pierre. La plus difficile à poser, paraît-il. La France est pourtant disposée à avancer les fonds pour ce projet, dont le coût est estimé à Rs 4,5 millions.

Le plan de développement prévoit un théâtre, un centre commercial sur le site Delange, rue Jules-Koenig, la démolition d?un immeuble historique en bois, à la rue du Vieux-Conseil, pour le remplacer par une Maison des Jeunes en béton, flambant neuve (Rs 10 millions) de 30 000 pieds carrés sur cinq étages, avec parking pour 14 véhicules et galerie d?art.

Mais qu?en pense Freddy Appasamy, ancien secrétaire adjoint de la Cité de Port-Louis, reconverti depuis à la direction des relations publiques de l?industrie sucrière. Il a gravi les échelons un par un, s?imposant à tous en raison de sa compétence, de ses initiatives heureuses, de son sens des responsabilités et de sa vive conscience professionnelle.

Il compte à son actif le développement de l?Action familiale et du Centre de préparation au mariage ainsi que la fondation d?Action civique. Il souhaite que 1980 soit l?Année du Renouveau mauricien. Il regrette énormément que le scoutisme ait quelque peu perdu la faveur des jeunes. Il préfère et de beaucoup cette école de formation à la vie au service militaire obligatoire qui sert à France-Albert René à endoctriner la jeunesse seychelloise. Il n?a pas oublié la loi scoute qui rappelle que l?honneur est de mériter confiance. Il ne dissocie jamais vie familiale et vie professionnelle car en toutes choses et en toutes circonstances il tient à être lui-même. Etre juste en toutes choses englobe forcément toutes les autres vertus. Il ne tourne pas le dos à une incontournable évolution des m?urs mais il refuse qu?elle soit une modification radicale des normes sociales et de ce qui est admissible par la vie sociale. Il tient mordicus aux valeurs immuables. Il cherche toujours du positif dans l?avènement de la société permissive mais n?y a encore rien trouvé de valable. Heureusement que la famille mauricienne conserve toute sa valeur et ses qualités inestimables.

Il n?arrive pas à répondre ?non? à ceux qui sollicitent ses services. Il déplore une certaine baisse de la générosité publique et du sens du bénévolat. Il trouve le terme ? lutte des classes ? négatif, déprimant et même anti-évangélique. L?amour du prochain ne passe pas, selon lui, par la lutte des classes. En revanche, il croit dans la fraternité humaine, il croit dans un syndicalisme éclairé soucieux du mieux-être de l?ensemble des travailleurs, d?un syndicalisme apolitique par conséquent. Il croit dans la valeur fructueuse d?une franche collaboration et solidarité entre partenaires sociaux. Il croit dans la formation, dans la communication, dans la concertation. Et nous croyons qu?il a parfaitement raison.

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