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La réforme de l’éducation selon Dev Virahsawmy

9 juin 2005, 00:00

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Dev Virahsawmy présente, il y a 25 ans, son projet de réforme de notre système éducatif. Il parle au nom du MMM, lors d’un congrès régional à Saint-Pierre. Ce lien en 1980 entre ce pédagogue né et le MMM peut surprendre. Il est en tout cas éphémère. Après avoir créé le MMM, avec, entre autres, Paul Bérenger, et avoir été le premier député mauve, élu on ne peut plus brillamment, lors de la partielle de Triolet, en septembre 1970, avec 70% des voix, Dev devra s’éloigner à contrecoeur du parti du Coeur, son franc parler étant peu apprécié lors des réunions de son comité central. La brouille consommée, il crée son propre parti, le MMMSP (le MMM sans Paul, dit-on) et prouve sa valeur de nuisance, lors des législatives de 1976, car les centaines de voix obtenues par ses candidats empêchent ceux du MMM de se faire élire dans certaines circonscriptions où la lutte est particulièrement serrée. Son ancien parti ne peut alors s’emparer du pouvoir, avec cinq ans d’avance par rapport au 11 juin 1982. L’après-1976 voit la désintégration du MMMSP et la réintégration de Dev Virahswamy dans la régionale No 19 du MMM. De nouvelles étincelles sont à prévoir et elles ne tardent pas, en effet, à éclater au grand jour. Re-départ et nouvel éloignement de la politique partisane décisive et signifiante. Après la cassure au sein du MMM, en mars 1983, Dev s’en ira aider temporairement l’alliance Bleu-Blanc-Rouge mais sans davantage de succès. Toujours son incorrigible franc parler et son habitude d’appeler un chat un chat aux moments les plus inopportuns. Il ne disparaîtra pas pour autant du paysage politique ni médiatique, demeurant avec d’autres grands exclus (Guy Ollivry, Raymond Rivet, Jack Bizlall, Ram Seegobin, Lindsey Collen, Jean Claude Bibi, Amédée Darga, Jocelyne Minerve) une voix respectée, capable à tout moment d’enrichir le débat politique car capable de parler librement sans avoir recours à la langue de bois, que cela plaise ou déplaise.

En 1980, nous ne sommes pas encore là et Dev tente donc le retour au sein du MMM. Pas de veau gras pour cet enfant prodigue et prodige. L’attitude du frère jaloux et envieux, resté au chaud dans la maison paternelle, prévaut. Pas de pitié donc pour les revenants soupçonnés de vouloir prendre la place de ceux restés fidèlement et loyalement aux côtés de Bérenger.

Avant la re-cassure, Dev a tout juste le temps de présenter, au nom du MMM, son projet de réforme de notre système d’éducation. Il suppose une planification économique plus réaliste que celle que préconise le gouvernement PTr/PMSD de 1976-80. Il recommande qu’on fasse attention à la distinction existant entre éducation et instruction. Le médium d’enseignement doit être la langue utilisée naturellement par l’enfant à la maison, la langue de son environnement familial. Il en existe trois à Maurice, selon lui : le créole, le bhojpuri et le français. Un stage fondamental doit suivre la formation reçue au cycle primaire.

Dev Virahsawmy recommande donc qu’il n’y ait pas de cassure entre éducation et économie. La part de l’Education dans le budget national 1980/81 est de Rs 360 millions, soit 15 à 20% du budget de fonctionnement. Malheureusement ce pourcentage appréciable, sinon exemplaire pour l’Afrique, n’est pas utilisé de façon optimale. L’éducation gratuite au secondaire, par exemple, a été mise en place sans aucun plan adéquat préalable. Le taux d’échec aux examens est une indication de la faillite du système. Le MMM compte, non pas augmenter le pourcentage budgétaire accordé à l’Education, mais l’utiliser à meilleur escient.

L’éducation est une réalité indispensable dans un pays donné. Elle sert d’abord à donner à tout enfant les meilleures chances possibles de réussir sa vie en lui permettant d’utiliser au mieux ses talents et ses dons personnels. Elle permet ensuite à la société de pouvoir disposer des meilleurs travailleurs à tous les échelons et dans les différentes sphères d’activités économiques, qu’il s’agisse des métiers intellectuels, manuels ou techniques. Elle comprend de ce fait la lutte contre les préjugés attachés au travail manuel.

Dev Virahsawmy propose une redéfinition de l’éducation. Elle doit permettre à toute personne de pouvoir lire, écrire, compter, de lui donner la liberté de penser et de critiquer, de comprendre son environnement, la réalité de son pays, d’utiliser les connaissances acquises pour transformer sa vie et celle de la collectivité, de faire face aux problèmes rencontrés sur son parcours vital, de lui donner la capacité morale, physique et intellectuelle pour vivre en société, d’aider à son développement physique ce qui sous-entend le sport, l’hygiène, la nutrition, de développer son imagination et son sens de créativité, bref, de lui préparer à jouer un rôle actif et épanouissant dans la société.

On peut regretter que la politique partisane nous divise autant au lieu de s’efforcer continuellement à rassembler les meilleurs d’entre nous pour améliorer ce qui peut l’être au sein de notre société.

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