Publicité
La PSSA émet un rapport accablant sur les collèges
Par
Partager cet article
La PSSA émet un rapport accablant sur les collèges
Managers au comportement inapproprié, discipline exagérée, manque d?efforts? La Private Secondary Schools Authority (PSSA) dresse, dans un rapport remis ce mois-ci au ministre de l?Education, Dharam Gokhool, un tableau extrêmement sombre du secteur. Certains établissements secondaires privés traiteraient l?avenir des jeunes avec une grande légèreté. Le document, intitulé «Partnership for secondary education in Mauritius», fait aussi plusieurs propositions pour assainir la situation.
Les collèges privés fonctionnent quasiment selon leurs propres règles, constate la PSSA qui se dit dans l?incapacité de redresser la barre sans une réforme profonde de l?institution. Le secteur compte 119 établissements secondaires, dont 99 fonctionnent grâce aux fonds publics, et éduque 64 408 élèves (soit 53 % de la population estudiantine mauricienne).
Côté infrastructures, des élèves évoluent encore, en 2006, dans des bâtiments qui sont partiellement en bois. «Sauf exception, ces établissements sont sub-standard et n?atteignent pas le niveau que l?on attend d?institutions éducatives au troisième millénaire.» Certaines écoles secondaires se trouvent dans des locaux entièrement ou partiellement loués, «n?offrant aucune possibilité d?amélioration». Dans ces circonstances, estime-t-on à la PSSA, ceux qui fréquentent ces institutions n?atteindront pas les critères pour une world class education.
Tout en précisant que bon nombre de collèges privés offrent une éducation d?un très bon niveau, le rapport déplore le fait que «certains établissements ne semblent montrer aucun intérêt et ne font aucun effort pour améliorer les facilités qu?ils offrent à leurs élèves». La PSSA conclut donc que «cela n?est pas dans l?intérêt des étudiants et chaque année, le gouvernement fait des dépenses à ce titre et n?a pas de retour sur l?investissement (value for money)».
Pour ce qui est de la gestion de ces écoles, le rapport indique que «si beaucoup de ces écoles sont gérées de manière efficace, il y a quelques-unes où la direction laisse fortement à désirer». Et les excès sont nombreux. Parmi ceux-ci, des managers qui «dépassent souvent les limites du comportement éthique» envers leur personnel et appliquent une discipline «exagérée» sur les élèves. Il a même été constaté que, dans certains cas, pour toucher plus d?allocations de l?Etat, un élève a été inscrit dans plusieurs établissements.
Plus grave encore, certaines institutions souhaitant maintenir un taux de réussite élevé au School Certificate et au Higher School Certificate «interdisent à des étudiants» de participer à ces examens. A la place, l?on «exige d?eux» qu?ils optent pour un GCE ?O? level ou un GCE ?A? level. Des managers se montrent également «récalcitrants» à libérer des enseignants qui souhaitent se professionnaliser en suivant des programmes de formation.
Mais que fait la PSSA ? Cette institution responsable de la gestion du secteur, du contrôle de qualité, de l?inspection, de l?enregistrement des écoles privées, des managers, recteurs et enseignants, semble dans l?impasse. Plusieurs raisons sont avancées. Au premier plan, le manque d?effectifs. «A la PSSA, pour les huit dernières années, toutes les décisions ayant trait au recrutement ont été retardées», déplore cette autorité.
«Beaucoup de problèmes vécus actuellement par la PSSA sont attribuables à l?organisation qui est sévèrement à court de personnel et qui est privée d?une unité d?inspectorat pourtant cruciale.» Un recrutement massif et la création de nouveaux postes à différents niveaux est ainsi suggéré.
<B>Formation pour les recteurs</B>
Depuis début 2000, personne ne veille à la qualité des cours offerts dans les collèges privés. A la suite d?un amendement de l?Education Act, le PSSA Inspectorate a, en effet, été dissous et «la PSSA a arrêté de s?occuper d?affaires pédagogiques dans les institutions? Par conséquent, les managers, recteurs et enseignants des établissements secondaires privées sont restés sans assistance et sans conseil dans leur tâche de maintenir et améliorer les standards éducatifs». Un constat qui fait froid dans le dos.
En ce qui concerne les collèges Medco, «alors qu?il y a un besoin de faire des dépenses judicieuses, il est observé que beaucoup de ces établissements ont un excédent de personnel et ils ne semblent donc pas rentables». Mais la PSSA espère remettre de l?ordre et fait des recommandations dans ce sens. Certaines sont drastiques. L?autorité propose la fermeture, dans un laps de temps de deux à trois ans, des collèges privés qui ne sont pas conformes.
Des programmes de formation appropriés doivent également être mis sur pied à l?intention des managers, recteurs et enseignants avec l?optique de professionnaliser le secteur. Pour éviter les excès discplinaires, la PSSA propose aussi de rédiger un certain nombre de règlements communs à tous les établissements.
En ce qui concerne les filières pré-professionnelles, cette autorité fait cependant une proposition qui semble dangereuse. Elle suggère que «quelques-unes des écoles avec une population estudiantine peu élevée soient dédiées uniquement à ce rôle». Ces écoles seraient ensuite placées sous la responsabilité de l?IVTB. Contrairement à la pratique actuelle, la PSSA propose ainsi de séparer les étudiants du pré-professionnel de ceux de la filière «classique» pour les caser dans des établissements sous-équipés situés dans des immeubles vétustes.
Publicité
Publicité
Les plus récents