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La motion Sumodhee refusée
La Cour suprême a rejeté vendredi la motion des frères Sumodhee réclamant la réouverture du procès de l?Amicale de Port-Louis sur la base de nouvelles preuves.
«? We cannot accede to the request of the applicants since the contents of the tape and transcript of the phone conversation are neither capable of belief, in our opinion, nor relevant to the issues on appeal », indique le Full Bench de la Cour suprême, composé du chef juge Ariranga Pillay et des juges Keshoe Parsad Matadeen et Asraf Caunhye.
Les frères Sumodhee, Khaleeloudeen et Sheik Imran, ont été été condamnés à perpétuité en novembre 2000 pour l?attentat contre la maison de jeux, le 23 mai 1999. Après la finale de football entre la Fire Brigade et le Scouts Club, une foule déchaînée a foncé sur la capitale en s?attaquant à des bâtiments publics et en incendiant par la même occasion L?Amicale de Port-Louis.
Sept personnes ont péri dans ce drame. L?épouse du gérant, Yeh Ling Lai Yau Tim et ses deux filles, Elizabeth et Eugénie ; le cousin du gérant, Jean-Marie Lau Wing ; la nourrice des fillettes, Jeanette Ramboro ? enceinte de huit mois ? ainsi que deux employés, Mohamad Fawzee Abdool Hakim et Babooram Luckhoo, sont morts carbonisés.
Les funérailles des victimes, surtout des fillettes et de leur mère, ont attiré une foule de Mauriciens choqués par ce drame. L?enquête policière a conduit à l?arrestation de plusieurs suspects dont les frères Sumodhee ainsi qu?Abdool Naseeb Keeramuth et Mohamed Shaffick Nawoor qui ont été déférés aux assises.
Les jurés, à une majorité de huit contre un, les ont reconnus coupables, poussant ainsi le juge Paul Lam Shang Leen à les condamner à la peine maximale, soit 45 ans de prison.
Puis, coup de théâtre en janvier 2002. Azad Thupsee, le témoin vedette de la poursuite, qui avait dénoncé les quatre accusés, déclare à Fazil Sumodhee que ses deux frères n?ont rien à voir avec ce drame, qu?ils sont blancs comme neige. Fazil Sumodhee contre-attaque alors et réclame la réouverture du procès, tandis que ses deux frères jurent des affidavits.
L?avocat principal des deux condamnés, Me Raymond d?Unienville, (QC) ? assisté des avocats Rex Stephen, Sanjay Bhuckory, Mukund Gujadhur et de l?avoué Robin Mardaymootoo ? a ainsi fait la chronologie de l?affaire, en citant l?exemple de procès rouverts en Grande-Bretagne à la lumière de nouveaux témoignages.
Toutefois, Me Rashid Ahmine, Principal State Counsel, représentant le Directeur des poursuites publiques, a objecté à la motion, expliquant que la bande enregistrée de la conversation téléphonique entre Fazil Sumodhee et Azad Thupsee n?est que des ouï-dire (hearsay evidence).
À l?issue du verdict de la Cour suprême, les avocats des deux frères se concertent pour décider de la marche à suivre. Mais ils ont toujours une dernière carte dans leur manche. L?appel contre le jugement Lam Shang Leen devant être débattu incessamment.
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