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La liste chiite de Sistani en tête mais pas majoritaire
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La liste chiite de Sistani en tête mais pas majoritaire
L?Alliance irakienne unifiée, la principale liste chiite, parrainée par le grand ayatollah Ali Sistani, est, comme prévu, arrivée première aux élections du 30 janvier en Irak, mais sans atteindre la majorité absolue que beaucoup lui prédisaient.
Avec 4 075 millions des 8,55 millions de suffrages exprimés, l?Alliance recueille 47,6 % des voix, a annoncé hier la commission électorale. Ce qui devrait lui permettre de remporter environ 130 sièges à l?Assemblée nationale transitoire sur un total de 275.
Quelques heures avant l?annonce de ces résultats officiels, qui ont pris deux semaines à être collectés et recoupés, l?Alliance se disait convaincue de réunir 60 % des suffrages, soit la même proportion que le nombre de chiites dans la population.
Mais, selon les chiffres rendus publics, la principale liste chiite rate de peu cette majorité absolue que craignaient ses adversaires sunnites, qui ont largement boycotté le premier scrutin pluraliste national depuis plus d?un demi-siècle.
<B>Un veto sunite</B>
La liste kurde réunissant les deux principaux mouvements de cette communauté sunnite mais non arabe du nord du pays remporte 2 175 millions de voix (25,4 %) et la ?Liste irakienne? du Premier ministre Iyad Allaoui, un chiite laïque, en a récolté 1 168 millions (13,6 %). Ces scores devraient leur valoir respectivement 69 et 37 sièges.
Le taux de participation, qui n?avait pas été rendu public jusque-là, s?établit à 58 % des électeurs inscrits, a précisé la commission, confirmant la faible participation de la communauté sunnite.
Dans la province à prédominance sunnite d?Anbar, seuls 2 % des électeurs (3 803 personnes) se sont rendus aux bureaux de vote. Dans celle de Salahaddine, également à forte majorité sunnite, 29 % des inscrits ont pris part au vote. Dans celle de Nineveh, a population mixte sunnite et kurde, la participation n?a été que de 17 %.
L?Assemblée élue devra désigner un nouveau président, deux vice-présidents, un Premier ministre, et rédiger une nouvelle constitution pour le pays, que les électeurs seront appelés à ratifier en octobre.
Aucun des acteurs politiques irakiens ou de leurs alliés étrangers n?ont estimé publiquement souhaitable de tenir la communauté sunnite, toute puissante sous l?ancien régime de Saddam Hussein, à l?écart du processus politique irakien, de crainte d?un conflit interconfessionnel.
Même s?ils ne sont pas associés à la rédaction de la future constitution, les sunnites auront le dernier mot au moment de son adoption, car il suffira qu?elle soit rejetée dans trois des 18 provinces du pays pour ne jamais entrer en vigueur.
VIOLENCES
<B>Vagues d?attentats dans tout le pays</B>
■ Au moins une personne a été tuée hier par l?explosion d?une voiture piégée à proximité d?un barrage tenu par les forces de sécurité irakiennes sur la route reliant Hilla et Kerbala, dans le sud chiite du pays, ont rapporté des témoins. Cette route devrait être empruntée par les milliers de pèlerins qui se rendront à Kerbala à l?occasion de la fête de l?Achoura, l?une des plus importantes du calendrier chiite.
Un attentat suicide à la voiture piégée a fait 18 morts et 25 blessés samedi près d?un hôpital de Moussaïb, au sud-ouest de Bagdad, sur fond d?un regain de violences à l?approche de la fête religieuse de l?Achoura, la plus importante du calendrier chiite. Le kamikaze a lancé son véhicule vers des bâtiments gouvernementaux et un hôpital dans le centre de Moussaïb, mais il l?a fait sauter devant des murs de protection, a rapporté la police. La plupart des morts sont des civils.
Les violences, qui avaient connu une brève accalmie après les élections du 30 janvier, se sont aggravées à l?approche de l?Achoura, dont le temps fort sera le week-end prochain. Des attentats perpétrés vendredi contre des objectifs chiites avaient pour but probable d?attiser les tensions interconfessionnelles. Un kamikaze avait tué treize personnes dans une mosquée du nord de la capitale et des hommes armés avaient tué neuf personnes devant une boulangerie de Bagdad.
Des insurgés ont également frappé samedi à Bassorah, grande ville du Sud, un magistrat de haut rang.
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