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La leçon venue du ciel

25 mars 2007, 00:00

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Début d?après-midi du mardi 20 mars. C?est jour férié. L?île Maurice pluriculturelle célèbre l?« Ugaadi ». Sur l?ensemble du pays c?est le calme plat. L?enceinte de « l?express », à Riche-Terre, ne fait pas exception. Elle est moins grouillante que d?habitude. La presse ne roule pas à cette heure du jour. Elle a, elle aussi, droit au repos en attendant que les autres maillons de production lui donnent du grain à moudre.

Le temps est lourd. Le ciel commence à s?assombrir. L?ambiance incite au prélassement, au farniente. Mais pour une colonie de serins, l?heure n?est cependant pas au repos. Elle est à la reconstruction. Ils sont une bonne vingtaine à faire le va-et-vient entre l?arbre qui se dresse à l?entrée de l?atelier, le gazon et les au-tres arbustes qui embellissent le lieu.

Et à tour de rôle, ces petits passereaux, que la vanité humaine qualifie pourtant, péjorativement, de nigauds, voltigent gaiement vers l?arbre protecteur avec au bec tout ce qui peut servir à remettre en état leurs nids amochés par les vents qui avaient accompagné le cyclone Gamede.

Se déroule ainsi un captivant ballet avec, en toile de fond, un inlassable piaillement truffé d?un léger bruissement d?ailes. Une formidable synchronisation riche en enseignements. Car pour cette joyeuse bande, l?essentiel c?est de passer à l?acte, de tout remettre en état, de compter sur ses propres forces, au plus vite, et avant le prochain coup de vent. Point question de se morfondre. Patiemment, et avec une dextérité hors pair, chaque membre de la colonie tisse brindille après brindille, ce qui bien vite redevient des nids douillets prêts à accueillir les prochaines couvées.

Sublime leçon de résilience, de solidarité, de grande persévérance et de prévoyance.

Au moment où cette laborieuse colonie d?oiseaux se démène pour restaurer son habitat, à moins d?un kilomètre de là, sur la route principale, à l?entrée d?Elizabethville, une dizaine d?êtres humains qui, au plus fort de la tempête, avaient cherché abri dans un centre de refuge, se la coulent douce. Ils attendent depuis plus de deux semaines que l?État leur donne la cuillerée.

C?est à se demander s?il n?y a pas lieu, de temps en temps, d?inculquer à l?homme les vertus de l?oiselet?

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