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La fiscalité au centre du face-à-face Bush-Kerry
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La fiscalité au centre du face-à-face Bush-Kerry
George Bush et John Kerry se sont affrontés mercredi soir sur le terrain de la politique intérieure, passant en revue les thèmes de la fiscalité, de l’emploi, de l’assurance maladie et de la sécurité intérieure, à l’occasion de leur troisième et dernier débat télévisé avant l’élection du 2 novembre.
L’actuel président des Etats-Unis a notamment a mis en cause le passé “gauchiste” du sénateur Kerry, tandis que celui-ci s’est efforcé de dresser le bilan d’une administration hostile aux classes moyennes. Les deux candidats, qui étaient au coude à coude dans les sondages avant ce dernier face-à-face, organisé à l’université d’Arizona à Tempe, se sont toutefois montrés moins agressifs que lors des deux premiers débats. Bush a ouvert les hostilités en affirmant que son adversaire devrait nécessairement augmenter les impôts et les dépenses publiques pour financer ses ambitieuses promesses de campagne.
<B>“Aider les citoyens à réaliser leurs rêves”</B>
“Il y a un déficit d’impôts et devinez qui va finir par combler ce déficit ? Les classes moyennes !”, a lancé Bush, assurant que les projets du candidat démocrate pour la seule assurance maladie se monteraient à 1, 500 milliards de dollars sur dix ans, et non à 9,00 milliards comme l’ont estimé des experts indépendants. Le sénateur du Massachusetts a rétorqué qu’il n’avait pas de leçons à recevoir d’un président qui a pris ses fonctions avec un excédent budgétaire de 5,600 milliards de dollars devenu déficit abyssal quatre ans plus tard.
Quarante-cinq millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie et cinq millions en ont été privés depuis que Bush est entré à la Maison-Blanche, a poursuivi Kerry.
“Ce président a tourné le dos à la bonté de l’Amérique”, a-t-il insisté, ajoutant que le système de santé ne fonctionnait pas et que les choses ne faisaient qu’empirer. Le candidat démocrate a promis de se battre pour les ouvriers américains en menant une politique de création d’emplois financée en mettant un terme aux failles fiscales dont profitent les entreprises qui délocalisent. “Je vais me dresser et me battre pour les travailleurs américains et je vais le faire de façon saine sur le plan fiscal”, a-t-il lancé.
“Je veux rappeler aux Américains ce soir qu’un programme n’est pas une litanie de promesses ou un projet qu’on ne peut financer”, a réagi le président. “Je pense que le rôle du gouvernement est de se tenir aux côtés des citoyens pour les aider à réaliser leurs rêves, pas de leur dire comment ils doivent vivre leurs vies.” Bush, qui a multiplié les attaques contre le passé de Kerry au Sénat, a expliqué qu’il s’était prononcé 98 fois en faveur de hausses d’impôts et 277 fois pour des dépassements budgétaires.
“Mon adversaire parle de rigueur fiscale. Son bilan au Sénat des Etats-Unis ne correspond pas à sa rhétorique”, a-t-il insisté. “Tout le monde peut jouer avec ces votes, chacun le sait”, a enchaîné Kerry, expliquant avoir voté 600 fois pour des réductions d’impôts.
<B>“Je peux faire mieux”</B>
Emploi, économie, santé et environnement, thèmes de prédilection du camp démocrate, avaient jusqu’ici été largement éclipsés par les dossiers internationaux.
C’est pourtant le candidat démocrate qui a relancé le débat sur le dossier irakien au détour d’une passe d’armes sur la sécurité intérieure. Bush, a déploré Kerry, s’est jeté dans la guerre en Irak au mépris de l’avis de ses alliés et, “par conséquent, l’Amérique porte seule cet extraordinaire fardeau qui fait que nous sommes moins en sécurité que nous le devrions”.
“Nous pouvons faire un meilleur travail pour la sécurité intérieure. Je peux faire mieux en livrant une guerre contre le terrorisme plus efficace”, a affirmé Kerry. Bush s’est quant à lui fait l’avocat de la méthode consistant à s’attaquer aux terroristes où ils se trouvent et à apporter la liberté où elle fait défaut. Il s’est notamment prévalu des élections afghanes qui se sont déroulées le week-end dernier, estimant qu’elles illustraient la réussite de sa politique.
Le président a en outre mis en cause les propos tenus par Kerry dans un entretien publié par le New York Times Magazine, dans lequel il espérait, une fois élu, ramener le terrorisme à un degré de nuisance comparable à celui des jeux clandestins ou de la prostitution. “Je pense que c’est dangereux”, a tranché Bush.
MASSACHUSETTS
<B>Affrontement sur le mariage homosexuel</B>
■ Tous deux opposés au mariage homosexuel, George Bush et John Kerry se sont néanmoins affrontés mercredi soir sur le sujet à l’occasion de leur troisième et dernier face à face télévisé. Le candidat démocrate a notamment estimé que chaque Etat devait être souverain sur le sujet et a réfuté toute idée d’un choix de l’homosexualité, citant en exemple le cas de Mary Cheney, la fille du vice-président Dick Cheney. Bush a quant à lui à nouveau plaidé en faveur d’un amendement constitutionnel pour éviter de laisser ette question à la justice. Le mariage homosexuel s’est imposé comme l’un des thèmes récurrents de la campagne pour l’élection du 2 novembre, après le verdict favorable rendu récemment par un tribunal du Massachusetts.
Prié par l’animateur du débat de dire si à ses yeux l’homosexualité était un choix, le président a répondu : “Je n’en sais tout simplement rien. Je sais en revanche que nous avons un choix à faire en Amérique, celui de la tolérance, du respect et de la dignité.” Kerry a estimé comme son adversaire que le mariage devait unir un homme et une femme, mais a plaidé en faveur d’une législation contre la discrimination et pour la protection des droits des Homosexuels
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