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La fermeture de Desbro fait craindre le monopole étranger
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La fermeture de Desbro fait craindre le monopole étranger
Le leader jette les armes après 40 années d?existence. La compagnie Desbro International, fabricant et distributeur de fers de construction, a mis un terme à ses opérations hier. Ce développement vient amorcer une profonde redistribution de cartes dans le marché des barres de fer, d?autant plus que Desbro est de loin le principal fournisseur de ce produit à Maurice avec 75 % des parts du marché. L?éventualité d?un monopole par un producteur sud-africain n?est pas à écarter.
La direction de la compagnie affirme que les conditions financières et commerciales ne sont plus réunies pour continuer à opérer. Les 181 employés (manuels, administratifs et autres) de la compagnie ont reçu leurs préavis de licenciement durant la matinée, hier.
Des négociations de rachat de l?entreprise sont en cours. Murray & Roberts, une société de construction sud-africaine, serait intéressée à reprendre le business. Cette compagnie est déjà présente à Maurice à travers la société Misco, soit dans un partenariat avec la compagnie Lam Po Tang.
Au cas où le projet d?acquisition se concrétise, il y a des risques que le marché se retrouve face à une mainmise de l?opérateur sud-africain sur le marché des barres de fer à Maurice.
Desbro est, en effet, la deuxième entreprise de production et de distribution de fers de construction à fermer ses portes depuis le début de l?année après Consolidated Steel. Celle-ci occupait avec Samlo, environ 20 % du marché, tandis que les importateurs tels que Lam Po Tang ne représentaient que 5% seulement de la distribution.
Pertes de Rs 30 m en six mois
La fermeture de Desbro est le dénouement d?un long bras de fer entre celle-ci et le ministère du Commerce et de l?Industrie. Les dernières hausses accordées par le gouvernement sur le fer (les prix de ce produit sont fixés par le gouvernement) n?ont pas suffi pour maintenir la profitabilité de l?activité face à l?augmentation du coût des matières premières (les billes de fer) sur le marché mondial.
Dans un communiqué émis hier, Desbro relate les étapes ayant mené à l?arrêt des opérations. L?entreprise fait une demande de hausse de 37 % du prix de vente au ministère le 30 août dernier. Ce dernier accepte d?octroyer une hausse de 20 % le 19 novembre, soit après 11 semaines de négociations laborieuses (marquées d?ailleurs par la menace de la fermeture de l?usine).
?Au cours des six derniers mois, Desbro a été forcé d?opérer à perte. Cette situation est essentiellement due à un prix fixé qui est en inadéquation totale avec le coût de production à Maurice?, indique le communiqué. La société a encouru des pertes de Rs 30 millions durant cette période.
Le ministère du Commerce conteste les arguments de la direction de Desbro. Selon le ministre de tutelle, Rajesh Jeetah, la hausse de 20 % agréée par le gouvernement était suffisante pour rentabiliser le business et permettre à l?entreprise de continuer à opérer. ?Il y a un rapport intérimaire du Management Audit Bureau qui donne raison aux techniciens du ministère au sujet de l?augmentation de 20 % contre une réclamation de 37 %?, affirme le ministre. Il a aussi indiqué que son ministère prend les dispositions nécessaires pour prévenir toute pénurie de fers sur le marché.
Les employés ont accueilli avec stupéfaction la nouvelle de la fermeture de leur usine. Les travailleurs manuels licenciés se réunissent en assemblée spéciale ce matin au centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis pour faire un constat de la situation. Ils sont regroupés au sein de la Steel Rolling Workers Union (SRWU).
Indemnités de licenciement
?C?est vraiment triste que l?on soit arrivé au stade de fermeture. Il y a des employés qui comptent 35 années de service. La manière dont les travailleurs ont été informés de la décision est déplorable. La présence de la police dans les locaux de Desbro ce matin (hier) ajoute à l?humiliation?, s?indigne Fareed Noordally, le secrétaire de la SRWU.
Le dossier de licenciement a été référé au Termination of Contract Service Board (TCSB). Les syndicats concernés devront négocier au sein de cette instance tripartite pour obtenir la meilleure compensation possible pour leurs membres. Les salariés ont droit à des indemnités de licenciement variant entre un quart de mois à trois mois de salaires par année de service.
?Nous n?avons aucune indication sur les négociations concernant une éventuelle reprise de la compagnie?, avance Fareed Noordally.
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