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La drogue piège dès l?adolescence

1 février 2007, 20:00

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Un mal jeune : la première consommation de drogue a généralement lieu à l?adolescence, la première injection par voie intraveineuse entre 15 et 25 ans.

Les statistiques du dixième et dernier rapport du Mauritius Epidemiology Network on Drug Use (MENDU), élaboré entre janvier et juin 2006, l?établissent formellement. Ces statistiques comprennent les informations com- pilées auprès de 879 formulaires de traitement émanant de centres de réhabilitation, notamment ajoutées à celles des admissions à l?hôpital Brown Séquard.

Ce rapport a circulé au cours d?une récente session de brainstorming destinée à redéfinir le système de travail de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA).

Les autres conclusions du rapport sont que les centres de réhabilitation des Plaines-Wilhems attirent plus d?usagers de drogue par voie intraveineuse ou ayant d?autres dépendances comme l?alcool. Beaucoup d?entre eux se rendent dans les centres de réhabilitation de leur propre chef. Leur âge moyen est de 36, 2 ans. La moitié de ceux qui recherchent la réhabilitation en sont à leur première désintoxication.

La substance la plus populaire est l?héroïne, suivie de l?alcool et finalement des psychotropes. Les consommateurs d?héroïne et d?alcool sont des hommes mariés ayant un niveau d?éducation n?allant pas au-delà du primaire.

Les consommateurs de cannabis sont de jeunes célibataires n?ayant que l?éducation primaire. Les utilisateurs de la White Lady, dérivée d?héroïne, sont des hommes célibataires et sans emploi avec un niveau d?éducation secondaire.

La valeur d?un gramme de cannabis sur le marché est de Rs 300 alors qu?un gramme d?héroïne vaut Rs 10 000. Une personne sur 100 admises à l?hôpital Brown Séquard l?est pour une dépendance à la drogue. L?utilisation du préservatif est encore peu répandue chez ceux qui fréquentent les centres de réhabilitation.

Désintoxication avec la méthadone

La pertinence de la démarche du MENDU a été soulevée vu qu?elle se situe dans un vaste programme initié par le Southern African Development Commu-nity Epidemiology Network on Drug Use, qui n?existe plus aujourd?hui. Deux autres questions ont été soulevées par les centres de réhabilitation participant à l?exercice. La NATReSA suggère qu?en sus de l?audit indépendant auquel se soumettent les centres de réhabilitation, leurs comptes soient également vérifiés par l?audit gouvernemental.

Ce à quoi Ally Lazer, du Centre Idrice Goomany, réagit. Tout en se disant pour la transparence, il se demande s?il est légalement possible pour cette instance gouvernementale de vérifier les comptes d?ONG. De plus, a-t-il souligné, les experts-comptables ont tendance à ne voir que les chiffres et à négliger la dimension humaine du travail social.

L?autre point ayant trait au grant-in-aid est venu de José Ah Choon du Centre d?accueil de Terre-Rouge. Il ne comprend pas pourquoi il tombe dans une catégorie dont le plafond d?allocation est fixé à Rs 200 000 alors qu?un autre centre, qui fait, tout comme le sien, de la prévention, de la réhabilitation et de la réinsertion tombe dans une autre catégorie, dont le plafond est à Rs 350 000. Les centres ont été invités à soumettre leurs suggestions à la NATReSA.

Lors de la partie officielle, Sheila Bappoo, ministre de la Sécurité sociale, qui chapeaute la NATReSA, a rappelé la détermination de l?actuel gouvernement à combattre la drogue et les autres dépendances. Volonté qui s?est matérialisée avec notamment la désintoxication avec la méthadone au National Detox Centre et l?introduction du programme d?échange de seringues. Elle a fait remarquer que le travail du gouvernement et des ONG a porté ses fruits car, selon l?AIDS Secrétariat, depuis cinq ans, les nouveaux cas de VIH/SIDA ont diminué de 42 %.

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