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La croissance rééquilibrée, prudence sur les taux

14 mars 2007, 00:00

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L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a plaidé hier la prudence sur les relèvements de taux d’intérêt des trois principales banques centrales sur fond d’une croissance mondiale rééquilibrée mais en ralentissement.

“Le rééquilibrage de la croissance mondiale est en cours”, a relevé Jean-Philippe Cotis, l’économiste en chef de l’OCDE, lors de la présentation de l’évaluation intérimaire des Perspectives économiques de l’organisation.

La croissance américaine a baissé de régime tandis que la solidité de la reprise en Europe continentale a été confirmée et que l’activité reste soutenue dans la plupart des pays asiatiques, a-t-il ajouté, soulignant que les prix du pétrole sont nettement plus bas qu’il y a un an et que les conditions financières demeurent favorables.

La récente volatilité des marchés d’actions “pourrait être le reflet (...) d’une normalisation dans l’évaluation des risques”, a-t-il souligné.

Pour autant l’OCDE table sur un ralentissement de la croissance sur le premier semestre 2007 par rapport à la même période de 2006.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) des sept principaux pays industrialisés (G7) devrait en effet atteindre 0,5 % au premier trimestre de cette année et 0,6 % au deuxième contre 1,0 % et 0,7 % respectivement pour les périodes correspondantes de 2006.

Aux états-Unis pour lesquels l’OCDE a confirmé son estimation d’une croissance de 3,3 % en 2006, la croissance devrait être conforme à celle du G7 au premier et au deuxième trimestres 2007 contre 1,4 % et 0,6 % respectivement en 2006.

Pour la zone euro, l’organisation a revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2006 à 2,8 % contre 2,6 % précédemment en raison d’une reprise “particulièrement vigoureuse” en Allemagne et plus forte en Italie qui a plus que compensé une croissance assez molle en France.

Le PIB de la zone euro devrait progresser de 0,6 % au premier comme au deuxième trimestres 2007 contre une augmentation de 1,0 % et 0,9 % respectivement en 2006.

Au Japon pour lequel l’OCDE a revu en baisse son estimation de croissance 2006 à 2,2 % contre 2,8 % précédemment, le PIB est attendu en hausse de 0,5% au premier et au deuxième trimestres 2007 contre +0,7 % et +0,3 % respectivement en 2006.

Dans ce contexte, l’OCDE plaide pour la prudence sur les taux d’intérêt.

Alors que la croissance devrait rester contenue à moyen terme aux états-Unis, il n’y a pas d’arguments convaincants en faveur d’une reprise du resserrement monétaire, estime Jean- Philippe Cotis qui rappelle toutefois que si la hausse des prix a diminué, l’inflation sous-jacente est encore un peu trop élevée.

Des recettes fiscales abondantes</B>

La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs inchangés depuis la mi-2006 après avoir relevé l’objectif des fonds fédéraux jusqu’à 5,25 %.

Concernant la zone euro, Jean-Philippe Cotis fait valoir que les sept hausses d’un quart de point de ses taux directeurs décidées par la Banque centrale européenne (BCE) depuis décembre 2005, ont largement supprimé le caractère accommodant de la politique monétaire sur fond de croissance supérieure aux attentes.

Alors que l’inflation a récemment été plus faible qu’attendu, les perspectives en matière de stabilité des prix apparaissent assez favorables, ajoute-t-il sans toutefois formuler de recommandations précises pour la BCE.

En revanche, il recommande à la Banque du Japon de ne pas relever ses taux directeurs tant que l’inflation n’est pas à nouveau installée en territoire positif.

L’OCDE constate que la croissance et la bonne tenue des marchés financiers se sont traduites par des recettes fiscales abondantes qui ont été plus largement consacrées que dans des situations comparables à la consolidation budgétaire. L’organisation renouvelle toutefois ses recommandations en faveur d’une meilleure maîtrise des dépenses publiques dans la plupart des pays membres afin de retrouver des marges de manoeuvre budgétaires.

L’OCDE publie des Perspectives économiques complètes pour les 30 pays membres deux fois par an au printemps et à l’automne et une évaluation intérimaire pour les pays de G7 et la zone euro en mars et en septembre.

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