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La crise du crédit immobilier prend de l’ampleur

15 mars 2007, 00:00

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Les craintes de faillites sur le marché américain du crédit immobilier ont encore gagné de l’ampleur, et la “crise” décrite par l’une des sociétés du secteur prend maintenant une tournure politique aux États-Unis.

Le retournement du marché américain du logement, conséquence notamment de deux années de durcissement par la Fed du loyer de l’argent, a multiplié les défauts de paiement chez les emprunteurs et conduit l’an passé une vingtaine d’organismes spécialisés dans les prêts à risque, destinés aux acquéreurs disposant de peu d’apport ou présentant un profil crédit plus fragile, à suspendre l’octroi de prêts ou à déposer leur bilan.

Cette menace plane encore sur certains géants du secteur, comme le leader indépendant New Century, et les craintes d’une contagion aux autres acteurs de la finance a fait rechuter Wall Street avant-hier.

Une étude a par ailleurs montré que les organismes américains de crédit avaient lancé au quatrième trimestre de 2006 une procédure de déchéance dans plus d’un dossier de prêt immobilier sur 200, un taux jamais vu jusqu’ici.

Il s’agit de la toute première étape contre un emprunteur, mais celle-ci peut aller jusqu’à la saisie du logement pour lequel il a souscrit son crédit.

Le nombre total de procédures engagées, qui s’explique notamment par une multiplication des défauts de paiement dans les crédits immobilier “subprime” (à risque), est le plus important depuis que l’association des banquiers immobiliers réalise son étude nationale sur les incidents de paiement, c’est-à-dire depuis 37 ans.

<B>Les politiques préoccupés</B>

La proportion des logements financés par le recours à un emprunt et pour lesquels la procédure de forclusion du contrat a été enclenchée est montée à 0,54 % CVS sur les trois derniers mois de 2006, contre 0,50 %, le précédent record. Celui-ci remontait au deuxième trimestre 2002, à une époque où l’économie américaine sortait peu à peu de la récession.

Les retards de paiements d’échéances sur des crédits immobiliers ont également augmenté au quatrième trimestre pour atteindre leur plus haut niveau en trois ans et demi.

Dans une interview à la chaîne de télévision CNBC, le directeur général d’un autre groupe du secteur, Countrywide Financial , a déclaré que le marché américain du crédit immobilier “entrait désormais dans une crise de liquidité”appelée “à faire de plus en plus de dégâts”.

Angelo Mozilo a cependant déploré que les investisseurs sanctionnent les organismes de crédit exposés au même titre que ceux en posture plus solide.

Cette situation, et les craintes qu’elle suscite sur les marchés, prend maintenant aux États-Unis une tournure politique à l’échelle locale et fédérale.

Le président de la commission des Services financiers de la chambre des Représentants, le Républicain Barney Frank, a fait part de son intention d’introduire une législation pour restreindre la signature de crédits immobiliers trop risqués à un moment où le secteur traverse une tourmente.

Le Massachusetts a annoncé pour sa part avoir réclamé des informations aux banques d’affaires UBS Securities et Bear, Stearns & Co. concernant leur analyse des organismes de crédit immobilier à risque.

Le secrétaire de l’État, William Galvin, a expliqué dans un communiqué que plusieurs communautés du Massachusetts étaient affectées par les difficultés que traversent les sociétés de crédit à risque.

<B>Lynn ADLER</B>

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