Publicité

La congestion provoque une poussée de tension

30 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?heure est à l?énervement. À l?hôtel du gouvernement, on s?arrache les cheveux de ne pas avoir résolu, voire soulagé les problèmes de bouchons. Au point d?être prêt à accepter la première suggestion venue, comme celle qui a été faite cette semaine par le National Economic and Social Council (NESC) qui propose un plan en 12 et 36 mois.

Le premier signe d?énervement s?est manifesté, il y a une dizaine de jours. Le chef du gouvernement a secoué la baraque. Le ministre du Transport est absent du pays ? Tant pis, on ne peut pas l?attendre. Le Premier ministre met le grappin sur le dossier du trafic. Les susceptibilités qui s?expriment dans les couloirs du ministère d?Anil Bachoo, où l?on murmure au « hijacking » dans le dos du ministre, n?y font rien. Décision est prise au Conseil des ministres : le Prime minister?s Office (PMO) traitera du problème. Comment ?

Une petite gifle qui reveille

Alors que l?État a déjà choisi le métro léger, c?est vers le bus lane qu?il se tourne soudain. La suggestion du NESC, présentée vendredi, va en effet dans ce sens. En somme, le conseil égratigne le gouvernement : vous voulez le métro léger, dit-il, alors que la National Transport Authority (NTA) continue à prôner le bus lane. N?est-il pas temps que cette confusion cesse ? Et il finit par trancher : puisque le métro léger ne pourra être réalisé de sitôt, optons dans l?immédiat pour le bus lane, moins cher et plus accessible, sans mettre une croix pour autant sur le premier projet.

Le bus lane pourrait être introduit dans un peu plus de trois ans, selon le conseil. Mais entre-temps, plusieurs mesures, inspirées des diverses études faites à ce jour, devraient être prises dans cette direction et en soutien, suggère-t-il. Le conseil semble estimer que l?on ne fait pas assez confiance aux autorités concernées, telles que la NTA, la Road Development Authority (RDA), la Traffic Management Unit. Pour les avoir écoutées, il pense qu?elles ont de bonnes idées sur l?octroi des licences, les aires de stationnement, les aires réservées aux autobus, le développement d?un système de transport en commun parallèle et illégal, la gestion de l?emplacement des feux de signalisation. Si elles avaient plus de pouvoirs et de moyens financiers pour repenser le réseau routier, le développer et le gérer, les choses iraient mieux.

Cette autonomie reconnue, un plan d?action pourrait prendre effet. Pendant que la NTA imposerait comme seul transport public dans le centre-ville, des light buses, la RDA dessinerait un plan de développement du réseau routier ? qui a, à peine, changé malgré la flotte de plus en plus importante ? avec de stricts délais de réalisation. Parallèlement, une équipe ministérielle travaillerait à la décentralisation des services publics et préparerait l?application d?un péage « raisonnable ». Le NESC organise, en une quinzaine d?étapes, le déroulement de ce plan sur 12 et 36 mois.

En somme, le message du NESC est clair : toutes les solutions possibles se trouvent dans les rapports commandités, de celui d?Halcrow Fox à celui de Menon. Mais aucun plan d?application à partir de ces suggestions n?a jamais été initié. Ces rapports sont ignorés. Voilà qui ressemble à une petite gifle qui réveille. Cette semaine, le PMO attend un plan routier pour avoir une idée de la faisabilité du projet de bus lane. Il faudra encore le budget ? Rs 200 millions selon Goolam Moreea de la RDA pour un corridor entre Trianon et Port-Louis ? régler le problème de l?achat des terrains, l?axe Coromandel-Port-Louis? À ce train-là, le bus lane non plus n?est pas pour demain.

Publicité