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?La compression du personnel n?est pas à l?ordre du jour à Air Mauritius?

17 avril 2007, 00:00

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● Air Mauritius annonce qu?elle ne payera pas de dividendes pour cause de mauvais résultats. Quelles sont les raisons de cette contre-performance ?

Les résultats pour le premier semestre de notre année financière, c?est-à-dire d?avril 2006 à septembre 2006, ont été publiés en décembre. Nous avons encouru des pertes de 13,8 millions d?euros pour cette période (environ Rs 600 millions).

A fin de mars de cette année, qui est la fin de notre année financière, le conseil d?administration devait se pencher sur la question des dividendes. Il a décidé de ne pas les payer en fonction de notre performance pendant l?année.

Cependant, notre bilan financier pour toute l?année ne sera connu que lorsque nous aurons publié nos comptes, soit en juin. Mais dans un souci de transparence nous avons communiqué les raisons pour lesquelles nous ne payons pas de dividendes. Nous avons rappelé la performance des premiers six mois qui a été un semestre extrêmement difficile.

L?épidémie du chikungunya nous a heurtés de plein fouet, notamment dans notre marché principal qui est la France. Air Mauritius a enregistré beaucoup d?annulations de groupe et les recettes attendues ont été en deçà des performances.

Le prix du carburant a été un autre facteur contribuant au mauvais résultat de la compagnie. Le baril du brut avait, au mois d?août, touché un plafond de $ 78 alors qu?il y a deux ans le prix tournait autour de $ 28.

● Peut-on s?attendre à un meilleur second semestre ?

Nous avons tout mis en ?uvre pour essayer de rattraper le retard pris pendant le premier semestre. Malheureusement, nous avons eu à faire face à l?arrivée en force de plusieurs concurrents dont Corsair de France, Eurofly d?Italie, Tui Nordic de la Scandinavie et Comair d?Afrique du Sud sans compter les trois vols additionnels d?Emirates par semaine.

Ces développements sont intervenus à partir de la fin d?octobre de l?année dernière. La capacité additionnelle de sièges, de même que les deux Airbus qui ont intégré la flotte d?Air Mauritius en décembre, a soulevé un problème que nous n?avions jamais connu auparavant : un manque de chambres d?hôtel. C?est une contrainte qui est reconnue par tous les partenaires de l?industrie.

Nous n?avons pas pu concrétiser pendant cette période les demandes que l?on recevait et qui nous auraient permis de rattraper totalement les pertes encourues pendant le premier semestre.

Nos comptes pour l?année 2006-07 ne sont pas encore disponibles. Mais nous avons voulu jouer la transparence pour donner des indications que nous n?avons pas pu rattraper le retard pour les raisons que je viens d?évoquer.

● Que compte faire la compagnie face à cette situation ?

D?abord, nous étions déjà au courant de certains défis qu?il fallait relever, notamment l?ouverture de l?accès aérien. Mais nous avons besoin d?un temps d?adaptation, comme c?est le cas dans toutes les industries.

Nous avions au début de l?année dernière commandé une étude de McKinsey, un cabinet de renom international, pour un audit en fonction de ces changements. Le rapport préconise quelque 80 initiatives que nous devons mettre en ?uvre pour rendre Air Mauritius plus performante.

Nous avons déjà commencé à appliquer ce programme depuis l?année dernière. Le nouveau Chief Executive de la compagnie, Manoj Ujoodha, qui est arrivé en novembre 2006, a pris ce programme personnellement en main pour continuer les réformes qui ont déjà été enclenchées.

● Quels sont les grands axes de ces réformes ?

Nous allons revoir notre réseau. Il y a trois ans, nous avions cessé nos opérations sur l?Autriche et sur la Belgique. Nous avions aussi arrêté de desservir Munich avant de reprendre les opérations à la lumière des développements positifs par la suite.

Nous allons développer un réseau basé sur la multifréquence sur les points spécifiques au lieu de la mono fréquence. En d?autres mots, nous allons exploiter plus de fréquences en desservant moins de destinations. Nous allons centraliser notre business pour pouvoir avoir des économies d?échelle sur les dessertes européennes notamment.

Nous évoluons aussi rapidement sur l?Inde. Nous sommes en train de suivre de très près l?explosion du trafic dans ce pays. Nous avons des plans pour mettre des vols quotidiens sur l?Inde.

Nous nous concentrons aussi sur l?Afrique du Sud et l?Australie. Ce nouveau réseau doit être accompagné d?une flotte d?avions. Nous avons pris des décisions en fonction des nouveaux éléments qui se sont manifestés, dont le prix du carburant. Ainsi, nous avons converti les commandes d?Airbus 340 en Airbus 330 qui utilise moins de fioul.

Nous avons entériné la décision de passer en bi-classe sur tous nos Airbus 330 et 340. Nous allons aussi éliminer la première classe à partir de mars de l?année prochaine.

?Le pire est derrière nous. Nous avons bossé dur afin de pouvoir rattraper les pertes encourues. Des mesures ont été prises pour qu?Air Mauritius puisse rebondir en 2007-08.?

● Est-ce qu?une compression du personnel est envisagée dans la conjoncture ?

A ce stade, la compression du personnel n?est pas à l?ordre du jour. Cela dit, notre priorité est d?utiliser toutes nos ressources et les compétences que nous avons en interne. Notre objectif est d?aller vers la croissance. Cela est extrêmement important pour accompagner le but de deux millions de touristes par année à partir de 2015 que se sont fixé les autorités.

Air Mauritius en tant que compagnie d?aviation nationale, est un élément vital de cette industrie du tourisme. Elle doit tout mettre en ?uvre pour accompagner ce développement. Maurice, qui est éloignée de tous ses marchés, a besoin d?une compagnie nationale forte.

Nous aurons besoin de nos compétences dans cette croissance. S?il y a croissance, nous n?aurons pas besoin de réduire les effectifs. Mais nous veillons à ce que tous les emplois soient productifs.

● Comment Air Mauritius compte-elle faire face à l?ouverture du ciel ?

Toutes les industries qui font face à des changements dans leur environnement ont besoin d?un temps d?adaptation. Cela dit, nous ne sommes pas restés les bras croisés et avons déjà entamé des réformes pour rendre la compagnie plus performante en fonction de cette nouvelle concurrence.

Il est évident qu?Air Mauritius devra revoir ses coûts d?opération. Nous avons annoncé la renégociation de notre contrat de maintenance des A340. Cela nous permet de faire des économies de plusieurs millions d?euros. Nous allons prendre des mesures pour améliorer nos recettes. Une des pierres angulaires de cette restructuration a été de regrouper tous les métiers liés aux revenus sous un seul chapeau.

La restructuration met aussi beaucoup d?accent sur la planification et la stratégie de même que sur la communication et le branding.

Nous aurons des compétences dédiées au niveau du fret pour nous permettre d?exploiter davantage cette source d?activités. C?est une véritable utilisation de toutes nos ressources en interne. Tous mes collègues, à tous les niveaux, sont mobilisés pour faire d?Air Mauritius, une entreprise plus performante même si les résultats 2006-07 vont être difficiles.

Le pire est derrière nous. Nous avons bossé dur durant les derniers six mois afin de pouvoir rattraper, dans une grande mesure, les pertes encourues durant le premier semestre. Des mesures ont été prises pour qu?Air Mauritius puisse rebondir en 2007-08.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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