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L’option transitaire
Les professionnels du voyage en France viennent de décréter Maurice meilleure destination touristique pour les Français. Ce satisfecit n’est certainement pas le fruit du hasard. Le trophée du Voyage d’Or 2004, décerné à Maurice, confirme que le tourisme mauricien reste une excellente industrie de rêve aux yeux de notre principal marché. Et ce, dans un contexte où la concurrence devient plus menaçante.
Toujours est-il que le meilleur test du produit demeure la capacité de l’industrie de traduire cette image d’excellence en une croissance forte et durable. La progression a été plutôt laborieuse ces dernières années. La croissance moyenne des cinq derniers ans a été de 4,7 %. Il faudra doubler ce chiffre, selon les observateurs, afin de pouvoir remplir les chambres d’hôtel à des niveaux satisfaisants. Il faut trouver les moyens pour remettre l’hôtellerie sur la trajectoire de la croissance forte d’autant plus que le parc hôtelier s’agrandit.
Le débat sur la politique touristique commence à se décanter après de longs mois de discussions, d’accusations mutuelles entre partenaires de l’industrie, et de coups de gueule de part et d’autre. Le gouvernement est intervenu pour prendre les choses en main. Depuis quelques semaines, les politiques ont envoyé des signaux forts pour sortir de l’impasse.
Le gouvernement a appliqué des mesures frappant l’accès aérien, perpétuelle source de conflit entre les hôteliers et le transporteur national, Air Mauritius. En accordant les droits de la cinquième liberté à l’Inde et à l’Australie, les autorités espèrent générer un trafic supplémentaire grâce à une hausse dans le volume de passagers en transit à Maurice.
Ces nouvelles dispositions devraient permettre aux passagers faisant le trajet entre les pays précités et l’Afrique du Sud (ou vice versa) d’effectuer une halte d’un ou deux jours à Maurice. Ce marché de transit devrait profiter principalement aux nouveaux hôtels du Sud et aider à trouver une meilleure adéquation entre l’offre et la demande en termes de chambres.
Encore faut-il voir comment l’Inde et l’Australie traduisent dans le concret les nouveaux droits aériens dont ils sont bénéficiaires. Les compagnies d’aviation indiennes et australiennes vont-elles pouvoir vendre l’escale mauricienne selon nos attentes ?
Le gouvernement qui veut faire de Maurice un centre régional du “travel and tourism”, compte accorder la cinquième liberté à d’autres pays. Les pays du Sud-est asiatique en sont des candidats probables. Le positionnement géographique de Maurice ne permet pas une exploitation optimale de cette opportunité. Valeur du jour, il n’y a que les dessertes vers (et à partir de) l’Afrique du Sud qui soient susceptibles de générer un flot additionnel de trafic transitaire sur Maurice.
La viabilité commerciale de l’option cinquième liberté reste à prouver. Le gouvernement a pris un risque calculé. Il ne peut non plus mettre en péril les intérêts du transporteur national sur lequel repose l’ossature même de l’industrie du tourisme.
Il appartient maintenant aux hôteliers de jouer le jeu. Les voyageurs en transit représentent un nouveau créneau pour eux. Les moyens de cibler cette clientèle sont forcément différents des méthodes conventionnelles. En tout cas, ils ne pourront compter uniquement sur les lignes aériennes étrangères pour vendre leurs chambres.
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