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L?île Maurice coloniale des timbres-poste
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L?île Maurice coloniale des timbres-poste
Pas timbrés, mais passionnés. Au point de partager avec nous les trésors de leurs collections patiemment rassemblées au fil des ans. Avec en pole position, les années 1847 à 1968, une période coloniale riche en erreurs d?impressions devenues raretés convoitées.
Des légendaires One Penny et Two Pence en passant par les séries commémorant le règne des monarques britanniques, le Mauritius Museums Council et la Mauritius Philatelic Society proposent, jusqu?au 29 octobre, une exposition abondante et variée sur le thème Colonial Period 1847 ? 1968.
Vaste rétrospective qui, en plus de s?attacher à l?histoire du timbre-poste, retrace celle du rail et des débuts de l?aviation. C?est Mico Antoine, secrétaire honoraire de la société philatélique qui nous sert de guide au musée d?histoire naturelle à Port-Louis.
Animé de la fougue du collectionneur, il s?applique à remettre l?histoire en perspective. ?Tout le monde parle de Blue Penny alors qu?il n?a jamais existé. Ce timbre bleu est un Two Pence tandis que le rouge est de One Penny.? Précision de connaisseur qui se délecte des ?faux de la poste mués en spécialités des philatélistes?.
Insistant sur le fait que les timbres exposés ne sont pas des reproductions, à l?exception du One Penny et du Two Pence, c?est avec un humour décapant que Mico Antoine passe en revue les ?classiques? et les ?Britannia issues?, c?est-à-dire les timbres émis en Grande Bretagne pour la colonie de Maurice. ?Dans ces séries, certaines n?ont jamais été utilisées. C?était le début de la gestion des choses à la manière mauricienne.?
L?exposition ne rate pas le changement de monnaie. A leur manière, les timbres commémorent le passage du pence à la roupie. Ils illustrent aussi les changements dans les armoiries, notamment l?orientation de la clé.
Avant de se pencher sur la première édition officielle d?une First Day Cover, celle consacrée à Churchill, Mico Antoine commente avec un sourire en coin : ?Depuis, on abuse des First Day Cover. Quelque part, c?est un peu escroquer les philatélistes que de les faire payer pour des petits morceaux de papier de couleur.? En sus des timbres-poste, l?exposition fait la part belle aux tampons utilisés pour oblitérer les timbres, c?est-à-dire empêcher qu?ils soient réutilisés. ?On les collectionne à part entière.?
La censure est aussi reproduite par les timbres utilisés, pendant les années de guerre, à travers des lettres interceptées et ouvertes durant la Seconde Guerre mondiale. Avec un clin d??il aux détenus juifs à la prison de Beau-Bassin, qui recevaient leur courrier via la Croix Rouge.
L?histoire du timbre ne peut être dissociée de celle du rail. ?D?ailleurs tous les bureaux de poste se trouvaient dans l?enceinte de la gare. De beaux exemples existent encore à Verdun, Mapou, Moka et Réduit, entre autres..? A la fin de l?exposition, le timbre prend de la hauteur avec la communication aérienne.
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