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L?équipe du surintendant Raddhoa frappe encore ?
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L?équipe du surintendant Raddhoa frappe encore ?
Les méthodes du surintendant de police Hurrydeo Raddhoa, à la tête de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), sont une fois de plus mises à l?index. Cette énième accusation vient cette fois de Jean-Christophe Collet, un habitant de Rodrigues, arrêté pour avoir mortellement agressé sa grand-mère, chez qui il vivait, à Petit-Gabriel. Il allègue avoir été victime de sévices de la part du chef de la MCIT et de son équipe lors de son interrogatoire. Mais ce que ces policiers n?avaient pas prévu, c?est qu?un témoin assistait à la scène.
Jean-Christophe Collet, un mécanicien âgé de 23 ans, a été arrêté le 22 juin dernier. Il est alors fortement soupçonné d?avoir tué sa grand-mère, Géralda Jolicoeur, 67 ans. L?enquête de la police locale a révélé qu?à chaque fois qu?il buvait un coup, il se disputait avec la victime car il voulait qu?elle lui donne la permission de construire une maison sur ses terres. À défaut, il voulait de l?argent. Chose que la victime refusait.
Le soir du drame, un témoin l?a d?ailleurs aperçu à proximité de son domicile, ivre mort. Mais lors de son interrogatoire, Jean-Chris-tophe nie catégoriquement être impliqué dans la mort de sa grand-mère. L?enquête est alors confiée aux enquêteurs de la MCIT qui ont fait le déplacement dans l?île.
Dimanche, au poste de police de Rivière-Coco, ils questionnent le suspect. C?est aux alentours de 15 heures, fait ressortir l?avocat du jeune homme, Me José Moirt, que l?interrogatoire a débuté. Les policiers, allègue le suspect, l?ont roué de coups sur tout le corps avant de lui « taper » la tête contre le mur. « Mon client a, par la suite, expliqué que ces policiers l?ont forcé à avouer être l?auteur du meurtre de Géralda Jolicoeur. Ce qu?il a fait après avoir été brutalisé », explique l?avocat.
Et d?ajouter que les policiers ont, par la suite, enlevé son pantalon et lui ont fait subir des sévices. Tout cela, a laissé entendre Jean-Christophe Collet, s?est déroulé en présence des officiers affectés à ce poste de police.
En mesure d?identifier ses « tortionnaires »Toujours selon ses dires, une femme, qui était debout de l?autre côté de la route, aurait été témoin de la scène. Elle l?aurait vu se faire « tabasser » à travers une des fenêtres du poste de police, restée ouverte. « Quand les officiers de la MCIT se sont aperçus que quelqu?un les épiait, ils ont demandé aux policiers rodriguais de partir chercher un matelas pour le placer devant la fenêtre », explique l?avocat du jeune homme qui s?est rendu à Rodrigues lundi dernier. « Quand j?ai vu l?état dans lequel il était, j?ai demandé à ce qu?il soit transporté à l?hôpital pour être examiné par un médecin », fait ressortir José Moirt.
C?est accompagné de son avocat, que le jeune homme s?est rendu au poste de police pour y consigner une déposition. Il s?est dit en mesure d?identifier ses « tortionnaires ».
Son avocat, confiant, affirme que la culpabilité des policiers pourra être prouvée grâce à ce témoin. « C?est la première fois dans une affaire de ce genre que l?on a un independent witness », soutient José Moirt. Joint au téléphone pour des commentaires, le surintendant Raddhoa s?est refusé à tout commentaire, préférant nous injurier.
Un des officiers présents lors de l?interrogatoire nie, quant à lui, les faits, expliquant que les indices menaient vers le suspect. Il aurait d?ailleurs brisé le bras de son père, chauffeur d?un des commissaires, dans le passé. « Line dire li pou demane pardon so mama, ki ene Clerk dans l?administration pu seki line fer so gramere. »
Jean-Christophe doit maintenant répondre de la mort de sa grand-mère.
Il est accusé d?avoir sauvagement fracassé la mâchoire, les cervicales et les côtes de sa grand-mère avec une « barre » selon les conclusions de l?autopsie du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin. Elle a également eu le bras gauche fracturé alors qu?elle se défendait.
Les accusations de brutalité portées contre l?équipe de l?officier Hurrydeo Raddhoa ne se comptent plus, depuis son retour en grâce après les élections de juillet 2005. Le cas le plus notable est celui où sept de ses hommes affectés à la MCIT ont été suspendus, à la suite du décès de Rajesh Ramlogun. C?était le 14 janvier, et l?homme était alors entendu pour le double meurtre des belles-s?urs Jhurry, à Lallmatie.
Il y a aussi eu l?affaire Cheniard, où le magistrat Benjamin Marie Joseph a conclu que les hommes du surintendant Raddhoa, alors responsable de la CID de Curepipe, avaient passé un suspect à tabac. Dans l?affaire Vanessa Lagesse, le principal suspect a lui aussi accusé son équipe de l?avoir brutalisé et fait subir des sévices sexuels pour lui extorquer des « aveux ». Trois membres de la famille Subbaroyen allèguent, quant à eux, avoir été « torturés » ? documents médicaux signés par un ancien médecin légiste de la police à l?appui ? par l?équipe du bouillant surintendant lorsqu?il a rouvert le dossier sur le hold-up de la MCB.
Les péripéties du surintendant Raddhoa ont même récemment coûté Rs 400 000 des fonds publics, le parquet ayant accepté que l?État dédommage Martine Desmarais pour son arrestation arbitraire dans le cadre de l?enquête sur l?assassinat de la styliste Vanessa Lagesse. Vu la réputation que traîne le surintendant Raddhoa, il est maintenant difficile de savoir si les suspects qu?il appréhende ont effectivement subi des sévices ou s?ils portent ces accusations en espérant se sortir d?affaire.
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