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L?économie américaine résiste à la hausse du brut pétrole

2 novembre 2005, 00:00

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Comme ce fut le cas pour le président Ronald Reagan lors du scandale sur des ventes d?armes à l?Iran dans les années 1980, l?économie sera peut-être le meilleur atout de George Bush pour soutenir sa popularité dans une période difficile. La vigueur de la croissance aux États-Unis et sa résistance à l?envolée des coûts de l?énergie et aux conséquences des ouragans continuent de surprendre les experts.

Selon une première estimation du département du commerce, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a progressé de 3,8 % en rythme annuel au troisième trimestre, en hausse sensible par rapport aux 3,3 % enregistrés entre avril et juin. Cela fait deux ans et demi que la croissance trimestrielle est supérieure à 3 %.

Et pourtant, selon les économistes de Lehman Brothers, les cyclones Katrina et Rita et leurs effets indirects, notamment sur le prix de l?essence, ont fait perdre 0,7 % de croissance. La hausse des prix de base, hors énergie et alimentation, a ralenti au troisième trimestre à 1,3 % en rythme annuel, contre 1,7 % au deuxième trimestre.

L?inflation semble contenue. Mais le plus impressionnant reste la solidité de la consommation, qui a augmenté de 3,9 % en rythme annuel au troisième trimestre. Les Américains ont continué à profiter des rabais des constructeurs automobiles et les achats de biens durables ont progressé de 10,8 % sur la période. Les dépenses des ménages sont le moteur de l?économie américaine et lui ont permis de surmonter l?éclatement de la bulle Internet en 2000, la récession de 2001, le 11 septembre 2001 et la guerre en Irak. Elles représentent plus des deux tiers du PIB des États-Unis et 20 % de l?activité mondiale.

Les Américains ont beaucoup consommé ces dernières années en bénéficiant de baisses massives d?impôts et de taux d?intérêt, de l?augmentation de la valeur de leur logement, dont ils sont propriétaires à 70 %, tout en réduisant leur épargne à des niveaux historiquement faibles.

Mais depuis plus d?un an, les baisses d?impôts ont cessé et les taux sont à la hausse. L?immobilier donne des signes de faiblesse et les augmentations de salaires, qui n?atteignent que 2,3 % sur un an, sont effacées par l?envolée de l?essence.

David Wyss, économiste en chef de Standard & Poor?s, souligne que ?jusqu?à présent les consommateurs ont réussi avec succès à ignorer le coût supplémentaire nécessaire pour remplir leur réservoir. à un certain moment, ils ne seront plus capables de le faire.? Il pourrait être proche.

La confiance des consommateurs est tombée en octobre à son plus bas niveau depuis treize ans, à 74,2 points contre 76,9 en septembre, selon l?indice de l?université du Michigan. L?OCDE n?y croit pas et estime dans une étude publiée jeudi dernier que l?économie américaine devrait rester dynamique au moins jusqu?à la fin de l?année 2006.

L?Organisation de coopération et de développement économiques est surtout préoccupée par le déficit de la balance des paiements (commercial et des capitaux) qui pourrait pousser à la hausse les taux d?intérêt et peser sur l?immobilier. Pour la banque centrale américaine (Fed), la plus grande menace pour la santé financière des ménages réside dans l?éventuel éclatement de la bulle immobilière.

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