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Karamé appelé à former un nouveau gouvernement
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Karamé appelé à former un nouveau gouvernement
Le parlement libanais, dominé par les formations pro-syriennes, a demandé à Omar Karamé de former un nouveau gouvernement, huit jours après sa démission sous la pression des partisans de l?opposition hostile à Damas.
Soixante-neuf députés, sur les 128 qui siègent à l?Assemblée, se sont prononcés en sa faveur lors de consultations avec le président Emile Lahoud, a-t-on appris de sources politiques, tandis que les troupes syriennes poursuivaient la première des deux phases de leur redéploiement vers l?est du Liban.
Plusieurs soldats, ainsi que du matériel, sont même passés en Syrie, selon des sources proches des services de sécurité. L?annonce officielle de sa désignation à la tête de l?exécutif était attendue hier.
<B>Le dialogue </B>
Après la décision du parlement libanais, le porte-parole du département d?Etat américain, Darla Jordan, a estimé que ?Ce nouveau gouvernement doit refléter la volonté du peuple libanais, et non pas celle de Damas?.
Si Karamé ne pourra reconduire l?équipe, toute acquise à Damas, qui a jeté l?éponge la semaine dernière sous la pression de la rue, il pourra en revanche faire valoir l?ampleur de la manifestation pro-syrienne qui s?est déroulée mardi dans la capitale. A l?appel du Hezbollah chiite, plusieurs centaines de milliers de Libanais ont envahi le centre de Beyrouth. La presse libanaise, et notamment les journaux favorables à l?opposition, ont reconnu que ce rassemblement était le plus important qu?ait jamais connu le Liban. ?La plus grande manifestation de l?histoire du Liban: unissons-nous !?, clamait mercredi le quotidien As-Safir en une, dans un titre accompagnant une photo de la foule.
?Le Hezbollah mobilise la plus grosse foule par gratitude envers la Syrie?, écrivait pour sa part le journal de l?opposition An-Nahar. L?organisation chiite a ainsi réussi à répliquer à la vague de manifestations quasi quotidiennes exigeant le retrait des troupes syriennes du Liban auxquelles participent principalement des chrétiens maronites.
Il s?agissait de la première grande manifestation de soutien public à la Syrie à Beyrouth depuis l?assassinat le 14 février de l?ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. L?un des chefs de file de l?opposition libanaise, Walid Djoumblatt, a appelé mercredi, en conséquence, au dialogue avec l?organisation islamiste chiite. ?Nous sommes un pays démocratique. Ils ont fait connaître leur position, ils font partie du peuple libanais. Le Hezbollah fait partie du Liban?, a déclaré Djoumblatt à l?issue d?entretiens à Bruxelles avec le chef de la politique étrangère de l?UE, Javier Solana.
<B>Mouvement de troupes</B>
Les différentes manifestations à Beyrouth, toutes hérissées des drapeaux arborant le cèdre du Liban comme preuve de patriotisme, traduisent les profondes divisions au Liban sur le rôle de la Syrie et l?avenir du Hezbollah, dernière milice armée du pays. Le président des Etats-Unis a de nouveau demandé mardi à la Syrie de quitter le Liban avant les législatives de mai.
Des députés de l?opposition ont annoncé qu?ils comptaient rencontrer Lahoud pour lui présenter une liste d?exigences plutôt que le nom de leur candidat pour la tête du gouvernement.
Le président syrien Bachar el Assad et son homologue libanais se sont entendus lundi sur le redéploiement des troupes syriennes vers l?est du Liban d?ici le 31 mars. Selon un communiqué les armées syrienne et libanaise décideront alors de la durée du maintien des troupes syriennes. A Damas, plusieurs dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans la rue pour manifester leur soutien à Assad. ?Avec nos âmes et notre sang nous nous sacrifions pour Assad?, a scandé la foule.
<B>Lucy FIELDER</B>
ORGANISATION DES NATIONS UNIES
<B>Annan attend un calendrier de retrait syrien</B>
■ Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a déclaré mercredi espérer que son émissaire arrêterait un calendrier de retrait de l?armée syrienne du Liban lors des discussions qu?il doit avoir avec des dirigeants tant libanais que syriens cette semaine. Présent à Madrid à l?occasion d?une conférence sur la lutte contre le terrorisme, Kofi Annan a précisé que son émissaire Terje Roed-Larsen se rendrait au Proche-Orient hier pour rencontrer le président syrien, Bachar el Assad, et son homologue libanais, Emile Lahoud. La résolution 1559 adoptée par le Conseil de sécurité en septembre dernier appelle au départ des troupes étrangères stationnées au Liban, sans préciser de date. George Bush, demande désormais que les 14 000 soldats syriens déployés au Liban partent avant la tenue des élections législatives en mai au pays du cèdre. ?Je m?intéresserai au premier chef, lorsque mon émissaire reviendra me rendre compte à l?issue des discussions, à la rapidité à laquelle peut aller le retrait, et j?espère qu?il sera en mesure de revenir avec un calendrier complet?, a dit Annan.
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