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Jacques Chirac : « J?aime l?Afrique »
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Jacques Chirac : « J?aime l?Afrique »
Jacques Chirac a défendu le 15 fé-vrier son bilan africain devant une quarantaine de chefs d?État et de gouvernement de ce continent réunis à Cannes. « Pour la France, l?Afrique ne sera jamais un partenaire comme un autre (?) Depuis 12 ans, j?ai tenu à ce (qu?elle) accompagne les évolutions du continent dans un esprit nouveau », a-t-il affirmé.
« Il s?agissait de refonder nos liens dans une relation tournée vers l?avenir, de les élargir à l?ensemble du continent pour tenir compte des enjeux globaux », a-t-il expliqué lors de la cérémonie d?ouverture du 24e sommet France-Afrique. « Tous les dispositifs français de coopération, civile et militaire, ont été rénovés. » De même, l?aide publi-que au développement (APD) a été « doublée » depuis quatre ans.
Revendiquer ses liens personnels
Jacques Chirac a revendiqué ses liens personnels, « tissés de longue date », avec nombre de chefs d?État africains, pas tous démocrates. « J?aime l?Afrique, ses territoires, ses peuples, ses cultures. Je mesure ses besoins, je comprends ses aspirations. »
Le président français a justifié les interventions militaires françaises en Afrique par le fait que « la France respecte et continuera de respecter les accords de défense qui la lient à plusieurs pays africains ». « Là où l?Afrique et la communauté internationale le demanderont, elle continuera à prendre toutes ses responsabilités », a-t-il assuré.
« Qu?il s?agisse de prévenir des crises ou de traiter des conflits, elle agira dans le cadre légitime des mandats onusiens ou africains », a-t-il ajouté, mais « la stabilité, c?est également veiller à l?intégrité territoriale », a-t-il plaidé, justifiant ainsi l?appui militaire français « au Tchad ou à la République centrafricaine, menacés par les risques liés au Darfour ».
Toutefois, « l?expérience enseigne que la stabilité des États dépend avant tout du calendrier démocratique et de la régularité des élections », a souligné Jacques Chirac car « les crises prennent souvent naissance dans des scrutins discutables, qui entachent la légitimité du nouvel élu ». Dès lors, « Il faut renforcer l?État de droit » et « c?est cet esprit qui nous anime en Côte d?Ivoire, pays que je souhaite voir retrouver la voie de la sagesse ». Le président ivoirien Laurent Gbagbo compte parmi les absents remarqués du sommet.
Alors que s?achève le mandat de Jacques Chirac, « les regards changent. L?Afrique commence à être entourée, voire courtisée », s?est félicité celui qui se « bat depuis des années pour qu?on lui accorde davantage d?attentions ».
« Voilà à peine 20 ans, plus d?une dizaine de foyers de crise étaient allumés à travers le continent », a-t-il rappelé. « Aujourd?hui, la démocratie s?installe, et que de conflits résolus ! », a-t-il dit, citant le Liberia, la Sierra-Leone, la région des Grands lacs, le conflit entre l?Éthiopie et l?Érythrée, au Sud-Soudan ou « la tenue d?élections libres en République démocratique du Congo ».
Et « l?image d?une Afrique paupérisée n?est plus le reflet de la réalité : la croissance moyenne du continent dépasse 5 % ». De même, « un mouvement s?amplifie pour le respect des droits de l?homme, la bonne gestion des affaires publiques ».
« La facilité du court terme »
Au moment où la Chine fait une entrée en force sur ce continent, il a toutefois mis en garde contre « la facilité du court terme et les égoïsmes » : « l?Afrique peut une nouvelle fois être mise au pillage, laissée pour compte de la prospérité », même si « rien n?est joué ». « Le continent détient le tiers des réserves minérales de la planète. C?est un trésor. Mais il ne doit être ni pillé ni bradé », a-t-il prévenu.
Évoquant le commerce du coton, il a également appelé les pays riches à « cesse (r) de subventionner leur production au détriment de ceux du Sahel qui ont là leur unique source de revenu. Cette attitude est inacceptable et inhumaine ! ».
© Le Nouvel Observateur
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