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Internet à haut débit : le lièvre qui se fait tortue

30 août 2003, 20:00

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Ce n?est pas demain la veille que vous paierez Rs 1 000 ou même moins par mois pour un accès illimité à Internet. L?Internet haut débit, celui qui offre le plus de possibilités, tarde à se démocratiser. Pour l?instant, Telecom Plus et Data Communi-cations Ltd (DCL) se partagent le marché, soit environ 1 200 clients. Mais l?offre maigrelette s?étoffe encore un peu. Un autre trublion compte lancer ses activités, MCS, la filiale Telecoms de Harel Mallac.

Didier Sam Fat, directeur général de MCS, attend les dernières autorisations de l?Information and Communication Technologies Authority (ICTA) pour lancer ses activités. « Nous ne serons pas un fournisseur d?accès Internet (FAI) traditionnel. Nous proposerons non seulement une liaison haut débit à travers l?ADSL, mais aussi des services complémentaires à notre clientèle domestique et professionnelle », explique-t-il.

La tendance sur les marchés des technologies de l?information et de la télécommunication (TIC) est à l?intégration d?autres services à l?offre des FAI. MCS offrira ainsi à ses clients un service de « nettoyage » du courrier électronique. Tous les mails indésirables seront éliminés à la source dès qu?ils arrivent sur le serveur de MCS. L?entreprise offrira aussi à ses clients la possibilité d?utiliser à travers une connexion haut débit des logiciels qu?ils ne possèdent pas chez eux. Pour les entreprises, MCS offrira un service de sauvegarde de données qui lui permettra de faire office de Disaster Recovery Site.

« Nous allons couvrir presque toute l?île »

À côté du service, le prix comptera beaucoup. MCS compte offrir la connexion ADSL de 10 à 15 % moins chère que ses deux concurrents. Mais cette baisse ne permettra toujours pas au grand public de souscrire un abonnement, car l?ADSL hors TVA coûtera toujours plus de Rs 2 000 par mois. Pour le moment, une baisse du prix de l?ADSL dépend de Mautitius Telecom (MT.)

L?Internet haut débit souffre de deux handicaps de taille à Maurice : le prix et l?accès restreint à certaines régions de l?île. « Nous sommes partis d?une couverture essentiellement urbaine à l?entrée en opération du câble SAFE en juin 2002. Plus d?un an après, nous allons couvrir presque toute l?île », assure Dev Hurkoo, directeur général de Telecom Plus, la filiale de MT.

Voilà réglé le problème de l?accès aux échanges ADSL. Mais le problème du prix reste entier. « Cela dépend de MT. Ce que nous pouvons dire pour le moment, c?est que nous travaillons sur de nouvelles offres ADSL », commente Dev Hurkoo. Il ne pipe mot ni de la nature des offres ni de leurs prix. Mais ce qui est presque certain, c?est qu?une baisse des prix chez Telecom Plus devrait entraîner une baisse du prix de location du réseau haut débit de MT. Ce que réclament à cor et à cri les FAI.

Mais l?association des FAI accuse MT de ralentir la démocratisation de l?Internet à Maurice, maintenant la location de son réseau haut débit à un prix élevé. Ganesh Ramalingum, directeur de DCL, va plus loin et accuse le gouvernement et l?ICTA de ne rien vouloir faire pour obliger MT à baisser ses prix. « MT est protégé », martèle-t-il.

MT est procédurier. Le coût de l?interconnexion pour l?Internet dial up à 33 sous la minute ne lui avait pas plu, il y a deux ans. L?opérateur national avait alors demandé à la justice de revoir cette décision. Les juges ne se sont toujours pas prononcés et le prix de l?Internet dial up chez les FAI privés n?a donc pas connu de baisse significative. Les FAI privés redoutent la même attitude de MT dans le domaine du haut débit.

« Qu?ils mettent en place leurs propres réseaux », lançait Megh Pillay, Chief Executive de MT, il y a quelque temps. Tous les FAI du privé s?accordent à dire que MT possède un réseau de qualité. Mais certains d?entre eux semblent désormais vouloir l?écouter. Ainsi les projets de réseaux alternatifs à celui de MT fleurissent. IBL veut utiliser des liaisons satellites pour faire de l?Internet haut débit. Mahanagar veut tendre des câbles sur les poteaux électriques pour fournir l?accès Internet à ses clients. Toptel veut créer un réseau micro-ondes. Ganesh Ramalingum assure, lui, que DCL peut lancer un réseau Wireless Fidelity (WIFI.) « Notre réseau WIFI est encore au stade expérimental pour le moment. Mais je pense qu?il pourrait être opérationnel vers la fin de l?année », promet Ganesh Ramalingum.

« Un pari fou »

Dev Hurkoo reste peu loquace sur un éventuel réseau WIFI que Telecom Plus voudrait utiliser :

« Pour le moment nous sommes très satisfaits de l?ADSL », se contente-il de dire. Mais un cadre de MT semble indiquer que l?opérateur national va déployer un réseau WIFI bientôt. « C?est une technologie que peu connaissent et qui devrait avoir du succès à Maurice très bientôt », assure-t-il.

Le National Telecommunications Policy 2003 du gouvernement contient deux objectifs sur l?Internet haut débit : 50 % des foyers mauriciens devront être connectés à l?Internet haut débit dans cinq ans. Le pari est encore plus ambitieux pour les entreprises, car le gouvernement souhaite que tous les lieux, où il existe une concentration d?entreprises, soient connectés à l?Internet haut débit.

« Un pari fou » et « une liste de bonnes intentions sans aucun plan précis pour atteindre les objectifs », selon la plupart des FAI. Dev Hurkoo, peut-être gêné par tant d?ambition, refuse de commenter ces objectifs. L?Internet haut débit accessible au plus grand nombre n?est décidément pas pour demain.

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