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Infidélité récompensée
Six ans qu?il s?est mis en quatre pour défendre les couleurs des Beach Boys, puis, après la régionalisation, celles du Curepipe Starlight.
Jamais auparavant, Nicolas Dupouy, le contreur central du Red Star aux allures de déménageur, n?a endossé un autre maillot que celui du club curepipien. Pourtant, sa première saison chez les rouges lui a offert son tout premier titre à 35 ans. Son infidélité à son amour curepipien l?a enfin récompensé.
Nicolas Dupouy au Star Knitwear VBC. Cette nouvelle paraissait peu crédible quand, en 2004, il décida de poser ses valises au gymnase du collège d?État Adolphe de Plévitz à Grand-Baie. Dupouy quittait, enfin, le club qui l?avait accueilli à son retour au pays après ses études à la Réunion et en France.
L?amitié et l?amour du maillot le condamnaient en quelque sorte à rester à Curepipe. Mais quelque chose lui manquait. Un titre !
« Suzanne (son épouse) me disait souvent que je faisais tous ces efforts et que je ne gagnais rien malgré tout », lance-t-il. Elle avait vu juste Nicolas !
<B>Rattraper le temps perdu</B>
Avec le Star Knitwear VBC qui montait en puissance au fil des saisons et l?arrivée de Christian Bézandry de l?ASVP, un vieux camarade de troisième mi-temps, l?habitant de Trou aux Biches se voyait enfin nordiste. « C?était une bonne saison même si on a raté notre objectif de peu. On visait la troisième place mais on avait fini quatrième. Le départ de Sharma Burrun pour la Belgique avait changé les données. On a travaillé dans une bonne ambiance. Je ne regrette pas », raconte-il
Et puis vint le Red Star. « Il y avait cette nécessité de trouver de la concurrence. Au Red Star, c?est un tout autre niveau que j?ai découvert. Il te faut travailler en permanence. Et tu as cette incroyable envie de jouer », poursuit le joueur.
En fait, l?année 2005 a été une année de rattrapage. Tardive certes comme il le concède mais elle l?a aidé à grandir néanmoins. « J?ai perdu beaucoup de temps. D?ailleurs je me suis longtemps entraîné seul sans grand coach pour me guider », renchérit Nicolas.
Autodidacte, Nicolas Dupouy a fait son chemin en D1 sans tambour ni trompette. Jamais sélectionné, à cause de nombreux défauts dus à une absence de formation, Nicolas Dupouy est malgré tout de ceux qui se jettent corps et âme dans la bataille et qui n?abandonnent pas à la première salve adverse.
Avec le retrait du terrain de Melchior Minioppo, Cola est devenu le doyen pour ne pas dire le pépé du Red Star. Mais il ne fait pas ses 35 ans. Bien bâti, respectant une morphologie et une musculature du volleyeur moderne, le contreur central du Red Star voit venir lentement mais sûrement la retraite : « Je ne sais pas jusqu?à quand je vais pouvoir courir les terrains. Le boulot prend beaucoup de place dans ma vie. Il y a également ma famille (Suzanne et David). À 35 ans, on ne pense qu?à jouer et rien d?autre. Si j?étais encore jeune, je me dirais que c?est pas grave de rester sur le banc, l?année prochaine tu te rattrapes. Mais il commence à se faire tard pour moi. Rester sur le banc, ce n?est pas évident. »
Titulaire en début de saison, Nicolas Dupouy se retrouvera sur le banc après son retour de vacances au pays de la bonne bière. « En même temps, les six qui sont sur le terrain ce ne sont pas n?importe quoi. Il y a du niveau là », argumente-t-il.
La tête bien sur épaules, il sait que ce ne sera pas évident pour lui de retrouver sa place dans les six. La Coupe des Clubs Champions l?attend en janvier. C?est une nouvelle source de motivation.
Nicolas est bien parti pour une nouvelle saison de plus.
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