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Ils ont été adoptés par des étrangers...

3 novembre 2007, 00:00

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En juin 1977, encore adolescente, Guylaine donne naissance à un garçon. Elle est alors dans une situation difficile et décide de faire adopter le petit Denis. Après ses six premiers mois passés avec sa mère biologique, l?enfant est adopté par un couple de Hollandais. Il quittera l?île Maurice pour l?Europe, sans que ses parents adoptifs n?aient mis les pieds sur le sol mauricien.

En janvier 2001, Denis, alors âgé de 23 ans, revient dans son île natale en compagnie de ses parents adoptifs, et de sa soeur Jennifer, elle aussi Mauricienne, adoptée par le couple alors qu?elle était une enfant. Les deux jeunes gens sont à la recherche de leurs parents biologiques, et n?ont pour point de départ que leurs actes d?état civil, où ne figurent que leurs lieux de naissance et les noms de jeune fille de leurs mères respectives.

«Il y avait beaucoup d?émotion», raconte Guylaine, qui garde en mémoire sa rencontre avec son fils. C?est dans un hôtel de la côte ouest que la réunion a eu lieu. Quand Denis a été adopté, dit-elle, elle pensait ne plus jamais le revoir.

Depuis, Denis est rentré dans son pays d?adoption, mais il devrait revenir prochainement, nous apprend Guylaine. Jennifer a aussi retrouvé ses parents biologiques après plusieurs années de recherches.

Mais que dit la loi concernant l?adoption d?enfants mauriciens par des étrangers ? En raison du manque d?organisation et de législation appropriée avant la création du National Adoption Council (NAC), de nombreux enfants adoptés, aujourd?hui adultes, ne peuvent retrouver leurs parents biologiques. C?est ce que nous apprend une source au ministère de la Femme.

Nous apprenons aussi, de sources sûres, qu?avant le NAC, il y a eu plusieurs cas de malversation. En effet, il paraît que bon nombre d?enfants ont été vendus à des Européens. Les noms et les chiffres pour ces transactions ne sont toutefois pas disponibles.

Après la mise en place du NAC, dans les années 80, les choses ont évolué de façon significative. Cet organisme, rattaché au ministère de la Femme, a pour rôle d?enquêter sur les demandes d?adoption. Concrètement, si un couple d?étrangers ou de Mauriciens installés à l?étranger, veut adopter un enfant mauricien, il doit respecter des procédures légales très strictes. Il est bon de savoir que l?adoption ne pourra se faire que si les parents adoptifs affirment que l?enfant pourra, s?il le souhaite, revoir ses parents biologiques.

<B>Enquetes obligatoires</B>

Ceux qui veulent adopter un enfant mauricien doivent obligatoirement loger une pétition en cour, via un représentant légal. D?une manière générale, ce représentant légal cherche l?enfant et fait ensuite une demande, au nom de ses clients, à la NAC. Ceux qui veulent adopter doivent aussi respecter des critères spécifiques. Par exemple, les parents adoptifs doivent prouver qu?ils pourront subvenir aux besoins de l?enfant.

Il appartient ensuite à au NAC d?enquêter sur les parents biologiques de l?enfant à adopter. Dans le cas où l?enfant a déjà été adopté, c?est la police qui est chargée de retrouver les parents. Ce n?est qu?en cas d?échec de cette recherche que l?enfant peut être adopté. Si les parents biologiques de l?enfant sont retrouvés, ils doivent donner leur accord à l?adoption pour que la démarche puisse aboutir.

Même dans le cas où les parents biologiques donneraient leur accord, le NAC doit engager une enquête. Le ministère nous apprend que certaines enquêtes ont révélé que des parents auraient vendu leurs enfants. Si un tel cas se présente, le NAC refusera l?adoption.

Il faut toutefois savoir que ce n?est pas le NAC qui décide quels enfants seront adoptés. En effet, cette instance ne fait qu?enquêter et soumettre ses recommandations à la Cour suprême. Seul le juge peut décider d?accorder la tutelle d?un enfant.

Le 9 octobre dernier, la Cour suprême a donné son accord à une adoption. C?est une petite fille, Pooja , qui a été adoptée par un couple de Mauriciens établi en Italie. Dans ce cas, les parents biologiques de l?enfant l?avaient laissée à la grand-mère de la petite. Ils ont toutefois donné leur consentement à l?adoption, au moyen d?un affidavit fait en septembre dernier. Les parents adoptifs avaient, eux, fait parvenir un affidavit pour l?adoption depuis novembre 2006.

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