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Il était une île : Diego Garcia

4 novembre 2006, 20:00

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  • Témoigner de la longue lutte des Chagossiens pour la reconquête de leur terre natale. Tel est le propos de Michel Daeron, réalisateur et documentariste français. Son documentaire Il était une île : Diego Garcia est coproduit par Filao Films, en association avec la MBC, la Seychelles Broadcasting Corporation, France 2 et Vagabond Film, une boîte de production australienne.

Michel Daeron s?est donné pour mission de suivre caméra au poing, le combat des Chagossiens pour la reconnaissance de leur droit de retourner dans leur paradis perdu. Ce documentaire de près de deux heures, pour lequel la MBC a fourni de nombreuses images d?archives, traite en profondeur d?une longue lutte qu?un jugement de la Haute Cour de Londres a modifiée en mai dernier.

Michel Dearon s?est donné pour mission de tout montrer de cet atoll en forme de vaste anneau de quarante-quatre kilomètres carrés. Il est formé d?une très étroite bande de corail qui enserre une rade bien abritée. En temps de guerre, comme ce fut déjà le cas lors du conflit du Golfe, en 1990, la base peut loger jusqu?à 4000 hommes, et accueillir notamment les fameuses «strato-forteresses», les bombardiers lourds B52 - les mêmes qui avaient servi lors de la guerre du Vietnam.

Sur le plan politique, les Chagos forment ce que Londres a appelé en 1965, le Territoire britannique de l?Océan Indien (BIOT), afin de les détacher de notre île qui allait obtenir son accession à l?indépendance. Depuis, les Chagossiens et les autorités du pays, n?ont eu de cesse de réclamer la souveraineté de l?archipel. Diego Garcia, la plus vaste île, avait été louée aussitôt pour un bail de cinquante ans par le gouvernement anglais au gouvernement américain, qui cherchait à se ménager une escale stratégique, sur la route entre le Pacifique et le Golfe.

L?archipel était toutefois habité. Des «îlois» y produisaient de l?huile, à partir des noix de coco. Mais l?amiral Elmo Zumwalt, le chef de l?état-major de l?US Navy, à l?époque, ne voulait pas des 2000 habitants de l?île pour gêner les opérations militaires de la base. Ces derniers ont été progressivement déplacés, puis franchement «déportés» chez nous. A 1500 kilomètres de leur terre natale, les Chagossiens ont survécu, plutôt mal que bien. À la fin de l?année dernière, tombe un verdict en forme de coup de théâtre à la Haute Cour de Justice, à Londres : les juges reconnaissaient leur nationalité britannique, et leur droit au retour dans leur archipel natal.

Michel Daeron a traversé tous les pays concernés par ce problème, de l?île Maurice à l?Angleterre, pour dénoncer l?immense tort causé à la communauté chagossienne. Cinq années de travail ont été nécessaires pour mettre les images sur pellicule. Des manifestations dans les rues de Port-Louis, jusqu?au verdict rendu par la Haute Cour de Londres, Il était une île : Diego Garcia, zoome sur cette lutte faite de déboires, d?espoir et de péripéties. « C?est l?occasion pour la MBC de faire voir un sujet qui reste d?actualité pour que chaque Mauricien comprenne toute l?épopée des Chagossiens,» explique Fareed Jangher Khan, président du Conseil d?administration de la MBC.

La diffusion du documentaire sera suivie par un débat. Il sera animé par Jugdish Joypaul et Ludovic Thanay. Sur le plateau, Olivier Bancoult, leader du leader du mouvement Groupe Réfugiés Chagos, cheville ouvrière de la lutte des Chagossiens, Rama Valayden, ministre de la justice, en remplacement de Madan Dulloo, ministre des Affaires étrangères, actuellement en mission à l?étranger. La présence d?un journaliste de la presse écrite est souhaitée par la MBC, mais le choix de celui-ci n?est pas encore arrêté.

MICHEL DAERON : «C?EST AVANT TOUT UNE HISTOIRE HUMAINE»

« Je me suis vite passionné par le côté exemplaire de la résistance de la communauté chagossienne : une modeste communauté qui s?est dressée contre des puissances conséquentes, » explique d?emblée Michel Daeron, que nous avons joint au téléphone.

De passage chez nous en 2001, il a été témoin de l?action des Chagossiens qui manifestaient devant l?ambassade britannique. Ils menaçaient d?avoir recours à une grève de la faim si leur cause n?était pas entendue. « Je me suis dit que je tenais là une aventure passionnante. Je devais y consacrer quelques jours, mais j?ai vite été touché par l?exemplarité de la lutte des Chagossiens, de leur pacifisme et de leur capacité d?absorption, mais surtout de leur dignité dans la résistance, » explique notre interlocuteur.

Pris dans le fil des événements, Michel Daeron y consacra cinq années de travail. « Je n?avais pas en tête de faire un travail didactique. Je voulais simplement qu?il y ait de la matière vivante qui évolue. C?est le principe même du documentaire qui suit l?évolution d?un personnage. La lutte des Chagossiens, c?est d?abord et avant tout une histoire humaine. »

Caméra au poing, Michel Daeron a filmé ces visages, un jour porté par le sourire de l?espoir, le lendemain par celui du désespoir. « Je me suis surtout intéressé à leur retour dans leurs îles, aux revendications associées à ce voyage. Il a fallu remodifier le montage du film en raison de ce retour aux sources, » précise Michel Daeron.

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