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Hurnam : «Il est temps de démissionner»
«Aster mo bizin demisione». Désespéré, Dev Hurnam a prononcé cette phrase lourde de sens dans la salle d?audience de la Bail and Remand Court (BRC) à l?adresse de ses partisans, hier après-midi. Ces derniers, venus le soutenir, sont restés figés et déçus devant le cri du c?ur de l?avocat parlementaire.
Quelques heures plus tôt, en Cour suprême, les juges Asraf Caunhye et Nalini Matadeen lui avaient refusé la liberté sous caution. Dev Hurnam a donc été conduit à la prison de Beau-Bassin jusqu?au 5 juillet.
A 10 heures, hier, la salle d?audience n° 4 de la Cour suprême est comble. L?assistance est composée en majeure partie de partisans de Dev Hurnam.
«Pena zes zordi Dev pou largue. Ki to pense toi ?» lance un quinquagénaire à son voisin. Ce dernier, plus prudent, lui répond : «Bizin atan zizman pou kone.»
Les commentaires vont bon train en attendant l?arrivée des juges. Les avocats de Dev Hurnam, Mes Gavin Glover, Nandraj Patten, Viren Ramchurn et Sanjeev Teeluckdharry sont tous là et discutent entre eux. Ils sont rejoints par Me Bobby Madhub, Acting Assistant Parliamentary Counsel.
Les proches de Dev Hurnam sont inquiets. Il n?est toujours pas arrivé en cour. «Ki arive ta, bann la pa finn amen li», lance un de ses fidèles.
10 h 30 précises : le juge Caunhye suivi de la juge Matadeen font leur entrée dans la salle d?audience. Le temps paraît s?arrêter. Tous sont suspendus aux lèvres du juge Caunhye qui va lire le verdict.
Liberté Refusée
Dev Hurnam n?est toujours pas là. Le juge Caunhye lit le jugement dans un silence total.
A 10 h 45, l?avocat parlementaire pénètre dans la salle d?audience. Il est accompagné des membres de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu).
Les gardes l?invitent à prendre place dans la rangée réservée aux avocats. Il refuse. Il paraît avoir perdu du poids. Son visage est tendu et triste. Il semble anxieux.
A 10 h 50 : le verdict tombe comme un couperet. Le Directeur des poursuites publiques qui avait contesté la décision du Presiding Magistrate Lutchmyparsad Aujayeb de libérer sous caution Dev Hurnam a obtenu gain de cause. La liberté conditionnelle lui est refusée.
Au bord des larmes
Visiblement déçu, Dev Hurnam va rejoindre ses avocats. Il laisse échapper un «bez sa zizman la ta». Il est au bord des larmes. Mais il les retient.
Dans leur jugement, les juges rappellent la chronologie de l?affaire. Dev Hurnam a été arrêté le 16 avril 2004 à la suite des allégations faites contre lui par Antoine Chetty, l?ex-bras droit du notaire Vinay Deelchand.
Il est accusé provisoirement d?avoir donné des instructions à Chetty pour agresser physiquement le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen et pour assassiner l?inspecteur Heman Dass Ghoora ainsi qu?un autre officier de police. Dev Hurnam a nié en bloc les allégations de Chetty.
Il devait être libéré sous caution le 23 avril 2004. Mais le DPP a immédiatement réclamé une suspension de la décision du magistrat. Les débats ont été portés en Cour suprême.
Les juges ont ainsi statué que la Cour suprême a toujours refusé de libérer sous caution un suspect accusé d?un délit grave. Ils écrivent : «The Bail Court, which is not a trial court, should be very cautious in drawing inferences or in making findings as to the veracity and weight to be attached to the evidence.» Ils demandent au DPP de faire diligence pour que l?enquête policière soit bouclée et pour que les charges formelles, s?il y en a, soient logées au plus vite.
Après avoir discuté avec ses avocats pendant cinq minutes, vers 13 h 15, Dev Hurnam a été conduit à la BRC où il a comparu. Il salue ses partisans. C?est à ce moment qu?il leur dit sans ménagement qu?il lui faut maintenant songer à démissionner du Parlement.
La séance débute. Me Glover n?insiste pas pour contester la décision de la police de transférer son client du centre de détention de Moka à la prison de Beau-Bassin.
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