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Hors jeu malgré eux...
?Terrain basket-là ek terrain volley-ball qui fine construire depuis deux ans ici, zot sans la lumière, sans marquage, li ène scandale ek ène insulte pou ban habitants ici?. Ces phrases lancées par Harold Ameerally et Eddy Dominique Camoin, membres de Forces vives de Bémanique, près de Cluny, témoignent de l?impatience qui gagne les habitants de cette localité devant l?indifférence des autorités concernées.
Ils estiment que la somme dépensée pour la mise en place de ces infrastructures aurait été justifiée si seulement le concepteur de ces projets avait fait un suivi des travaux.
Les jeunes, comme les enfants qui veulent s?initier à ces deux disciplines sportives ne peuvent les pratiquer faute de lampadaires. Ils se contentent de jouer au basket grâce à un panier qu?ils ont fabriqué avec des moyens rudimentaires. ?Nous invitons les députés de notre circonscription à venir constater dans quelles conditions les jeunes, qui ont été motivés pendant les Jeux des îles pour la pratique du sport, évoluent,? commente Harold .
Ramen Veerapen, laboureur, habite Bémanique depuis plus de vingt ans. De temps à autre, il aime lui aussi à partager ses moments libres avec ses voisins sur un terrain de volley-ball Mais faute d?électricité, il doit se résigner. Il se contente de quelques parties de dominos ou de carrom dans le centre social de la localité. ?Viré tourné même zaffaire. Fine faire bel dépense pour construire ça ban terrains. Résultat : nou pas capave reste longtemps lors là. Bisin alle guette télevision bonhère?, dit-il, amer.
Comme son collègue Ramen, Kiran Neermath, souhaite que l?Etat fasse le nécessaire pour que ces lieux soient pourvus d?électricité au plus vite.
Il fait remarquer que des jeunes, dans d?autres régions, doivent se battre pour avoir à leur disposition de telles facilités pour faire du sport. La seule différence, c?est que nous, ici, à Bémanique, on met à notre disposition des terrains sans marquage, sans filet et sans éclairage.
Faute de lumière, le terrain est déserté par les sportifs et bien souvent, ce sont les chiens qui en profitent. Ils passent par un trou dans la clôture pour se prélasser ou faire leurs besoins.
Outre ce problème d?éclairage et les conséquences que cela entraîne sur la vie à Bémanique, les parents des étudiants regrettent qu?aucune disposition n?a été prise depuis deux ans pour réparer les ordinateurs qui leur ont été offerts dans le cadre du Gian Nath Computer Scheme. Ce plan visait à permettre aux habitants des régions rurales de s?initier à l?informatique.
Selon Harold Ameerally, qui est également membre exécutif des Forces vives, des étudiants qui étaient très motivés à cette époque s?étaient regroupés au sein d?un Computer club pour s?entraider.
?N?ayant pu bénéficier de l?encadrement nécessaire, ils ont été contraints de le dissoudre. En attendant, les ordinateurs sont tombés en panne et dorment toujours dans un coin à l?intérieur du centre communautaire?, témoigne Eddy Camoin.
Sailesh Mandhub, secrétaire des Force vives, regrette toutefois que l?initiative prise par des officiers du National Womens Council pour initier des femmes à des cours de couture et d?artisanat n?a pas eu de suite. ?Nous sommes confiants de pouvoir convaincre les habitantes des avantages qu?elles pourraient en tirer?.
Et comme Bémanique est souvent exposé au mauvais temps, les habitants trouvent logique que des trottoirs soient aménagés pour permettre l?évacuation de l?eau.
Un simple constat a permis de comprendre que tel n?est pas le cas . Les trottoirs sont bouchés en certains endroits. Conséquence : chaque fois qu?il pleut, l?eau pénètre dans les maisons et les meubles sont abîmés. ?Mo fine déjà passe ène la nuit tire de l?eau et lendemain même scénario?, raconte une habitante.
Face à ce chapelet de doléances, les membres des Forces vives lancent un appel aux agents politiques de tous bords pour qu?ils mettent de côté leurs divergences. ?Nou demande zot vine joine nou, unir nou la force pou nou capave pou l?intérêt nou village,? disent Harold et Eddy Camoin. Les Forces vives comptent inviter très prochainement les trois députés de leur circonscription pour leur exposer leurs problèmes et leurs suggestions.
Rajesh Bhowan, Secrétaire Parlementaire Privé de cette circonscription, reconnaît que les travaux sur les terrains de jeux auraient dû être terminés depuis longtemps et que les jeunes sont, de ce fait, privés de certaines activités. Les travaux ont été retardés parce qu?ils n?ont été effectués d?après les normes. ?Nous avons déjà pris des dispositions pour régler ce problème?, dit-il.
Il lance un appel aux jeunes du village de Bémanique pour qu?ils profitent des facilités et des jeux qui sont à leur dispositions .
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