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Hindi à Maurice, ce paradoxe local

10 août 2007, 00:00

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Tous les signes de bonne santé sont là. Le hindi, même s?il n?est pas langue maternelle, est enseigné au primaire (depuis 1954) et au secondaire (depuis 1974). Ainsi qu?à l?université jusqu?au doctorat. Langue présente sur les chaînes de la radio-télévision nationale, que ce soit dans les bulletins d?informations et la diffusion de films bollywoodiens. Un cinéma également très présent dans les salles obscures. Mais les gens utilisent peu le hindi, lui préférant souvent le bhojpuri, entre autres.

?En dehors de l?Inde, Maurice est le pays qui produit le plus d??uvres en hindi.? Le constat est de Ajamil Matabadal, président du Hindi Speaking Union. Dans le même souffle, il cite Abhimanyu Unnuth, Ramdeo Dhoorundhur et Pahlad Ramsurrun dont les écrits sont étudiés au niveau universitaire. Dans la foulée, il mentionne le World Hindi Secretariat qui est basé à Maurice. ?Et pourtant, le hindi souffre d?un manque de pratique. La langue peine à sortir des salles de classe. Même deux personnes qui maîtrisent le hindi ne vont pas le parler, préférant recourir soit au bhojpuri soit à une autre langue.?

Fort de cette analyse, la Hindi Speaking Union tient un second et dernier jour de réflexion aujourd?hui au Indira Gandhi Centre for indian culture. Cette conférence nationale ?pour une réflexion pluridisciplinaire sur le hindi?, réunit 200 personnes, notamment des enseignants, des étudiants, des auteurs et des membres de sociétés de promotion de la langue et de la littérature.

?Avec les sociétés, dont l?Arya Sabha, qui existe depuis un siècle et le Hindi Pracharini Sabha, nous avons une solide tradition de diffusion de la langue.? Sauf que le hindi ?ne progresse pas?. Il peine à entrer dans les conversations à la maison, étape première de sa promotion. Surtout en comparaison avec le bhojpuri qui lui, est mieux implanté dans les actes de paroles au quotidien.

?Justement, nous pensons que si quelqu?un pratique le bhojpuri, c?est déjà un point de départ pour l?amener vers le hindi?, explique Ajamil Matabadal. La réflexion durant ces deux jours porte sur l?identification de moyens d?ouvrir davantage de portes à l?utilisation du hindi. ?L?idéal étant qu?il soit utilisé par la maman.?

Aujourd?hui, la réflexion sera axée sur la littérature en hindi à Maurice, ainsi que sur le potentiel en termes de formation. La Hindi Speaking Union ne compte pas s?arrêter là. Elle prévoit déjà d?organiser une semaine d?activités de promotion de la langue du 8 au 15 septembre.

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