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Henri Poncet se défend des accusations d?homicide

15 décembre 2005, 20:00

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Le général Henri Poncet, ancien commandant de la force Licorne en Côte d?Ivoire, nie formellement les accusations de ?complicité d?homicide volontaire? qui lui ont valu une mise en examen. Le général est accusé par l?un de ses ex-subordonnés, le colonel Eric Burgaud, d?avoir ordonné implicitement le 13 mai dernier en Côte d?Ivoire l?exécution de Firmin Mahé, présenté comme un bandit de grand chemin ou ?coupeur de route?. Cet homme venait d?être arrêté et embarqué dans un blindé par des militaires français dans le nord du pays, où les troupes françaises sont stationnées depuis 2002 dans le cadre d?un mandat de l?Onu.

C?est la première fois depuis le putsch manqué en 1961 en Algérie que la justice française engage des poursuites criminelles contre un militaire de ce niveau, général ?quatre étoiles?, décoré en juillet dernier par Jacques Chirac. Le colonel Burgaud, mis en examen le 30 novembre pour ?complicité d?homicide volontaire?, affirme que le général lui a demandé de ?ramener? Mahé vers l?hôpital de la ville de Man, lui suggérant de prendre son temps et ajoutant ?vous me comprenez?. Il avait interprété cela comme un ordre de mise à mort.

L?avocat du général, Jean-René Farthouat, a déclaré mercredi à Reuters que son client n?avait donné ni ordre explicite, ni ordre implicite ni même des consignes générales. ?Il fallait essayer de capturer les ?coupeurs de route? et de protéger les populations, c?était l?objet même de la mission de l?Onu?, a dit l?avocat. ?Mais à aucun moment il n?était question de les éliminer physiquement. Le général Poncet avait même tout intérêt à les faire arrêter, pour faire une exploitation médiatique de l?opération?, a-t-il ajouté.

Selon Farthouat, l?enquête montrerait que le colonel Burgaud serait seul responsable. Avant le 13 mai, il aurait imaginé que les soldats français se dissimulent dans des sacs de fèves à bord d?un camion, afin d?attirer les coupeurs de route et faire feu lorsqu?ils auraient tenté de s?emparer du véhicule. Contrairement à un adjudant et un militaire du rang ayant avoué avoir exécuté Firmin Mahé par étouffement dans le blindé, et qui sont en détention, le général Poncet a été laissé en liberté, contre le souhait du juge d?instruction Brigitte Raynaud qui souhaitait une incarcération. Suspendu par le ministère de la Défense en novembre, le général est un protagoniste important de plusieurs enquêtes judiciaires ouvertes à Paris sur l?affaire ivoirienne et notamment le bombardement le 6 novembre 2004 d?une base française, à Bouaké, où neuf soldats français sont morts.

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