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Habitudes alimentaires : cela se passe aussi dans la tête
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Habitudes alimentaires : cela se passe aussi dans la tête
Vous êtes-vous jamais demandé comment cela se fait qu?au moindre petit souci, à la moindre petite contrariété, vous avez tendance à vous empiffrer ? Vous posez-vous, au contraire, des questions sur les raisons qui font que vous ne mangez plus ? ou en tout cas bien moins ? dès que cela ne va pas ou encore juste parce que vous pensez que c?est mieux comme ça ? La réponse est loin d?être simple : elle peut d?ailleurs être une combinaison de facteurs multiples. Mais un point essentiel que beaucoup ont tendance à écarter, c?est le rôle du psyché dans tout ce processus.
Il faut savoir que la psychologie est basée sur le rapport esprit-corps, ou plus explicitement, l?esprit fonctionnant dans un corps. Le psychologue Kurt Barnes fait ainsi ressortir qu?alors que l?esprit se nourrit d?émotion et de ressenti, le corps, lui, consommera une nourriture physique. Cette nourriture sera, dans un premier temps, fluide et cela se passera dans le corps de la mère (pensez aussi à la présence de liquide amniotique). S?établit dès lors ce que notre interlocuteur appelle ?l?osmose ombilicale?.
Ce rapport mère-nourriture se poursuit après la naissance : le bébé sera nourri au sein, là encore par la mère. Cette dépendance sera au départ plus puissante puisque l?individu ira ensuite, dans son processus d?épanouissement, vers une étape respiratoire-buccale. C?est aussi à ce stade que la sensibilité de l?être entre en jeu. Une sensibilité allant parfois de pair avec une modification de la respiration. ?Il a été établi qu?il y a un rapport entre la qualité et le rythme de la respiration et le bien-être de la personne. Si le nombre de fois où elle respire par minute est en-dessous de la normale, cela peut révéler qu?elle est dans un état de déprime?, explique Kurt Barnes.
Il y a également un lien fort entre la nourriture buccale et l?émotion, poursuit le psychologue. Et les premières perturbations découlant de cela, fait-il ressortir, ont souvent un rapport direct avec la mère dans le sens où chez certaines personnes, le cordon ombilical peut avoir été coupé physiquement mais pas psychiquement. Il arrive ainsi que quelqu?un soit encore relié à sa mère et ce, peu importe l?âge.
Outre cet aspect des choses, il est important de souligner que les désordres alimentaires peuvent aussi résulter du manque d?un parent. Et ce manque n?est pas nécessairement physique. Il peut s?agir d?un parent décédé tout comme il peut s?agir d?un parent ?absent? étant donné qu?il ne fait pas attention à l?enfant, est violent ou a un comportement qui finit par effacer son image en tant que parent présent. Ce qui, en somme, équivaut à des débordements négatifs plutôt que positifs.
Cela peut être un élément déclencheur de troubles post-traumatiques (post traumatic disorder) qui surviendront plus tard. C?est dans des cas comme celui-là que survient la tendance de certains à manger par compensation, trouvant une sorte de refuge dans la nourriture, un moyen de combler le manque. Ainsi, les émotions et la nourriture peuvent être intrinsèquement liées, l?une servant à compenser l?absence de l?autre.
Ces dérèglements alimentaires, précise Kurt Barnes, peuvent aussi être tout autres, lorsque l?individu devient anorexique, par exemple, ou encore boulimique. Ces troubles surviennent également parfois à la suite de régimes que d?aucuns entament et ne veulent plus arrêter. Là encore, souligne notre interlocuteur, ce phénomène traduira une manière d?obtenir de l?attention (tout comme le fait de grossir).
Le psychologue explique cela par ce qu?il appelle le phénomène ?bébé? d?une part (la personne ronde et dodue ayant tendance à évoquer cette image) et l?autre extrême d?autre part, soit le ?bb?: le bonheur de la baguette (la minceur exagérée encouragée d?ailleurs par la société).
Que faire dans de tels cas ? Il existe plusieurs traitements, notamment le traitement de suggestion, d?ordre hypnotique ou encore l?écopsychologie, basée sur l?ensemble de l?être, à la fois sur l?aspect physique, psychique et environnemental, explique Kurt Barnes. Car il ne faut pas oublier que l?environnement peut être un facteur essentiel jouant sur les habitudes alimentaires de quelqu?un et influençant son comportement. Si, par exemple, tout le monde grignote sans cesse chez une personne donnée, il se peut qu?elle tombe dans ces mêmes excès.
Il est toutefois crucial de rester lucide par rapport à tous ces phénomènes liés au poids. Il va de soi que tout n?incombe pas forcément au seul aspect psychique, rappelle Kurt Barnes. Il ne faut pas hésiter à explorer d?autres possibilités comme les prédispositions génétiques ou encore le manque d?exercices associé à une nourriture trop riche. Face aux conséquences, notamment le diabète chez l?enfant, le psychologue dénonce la télévision, les jeux-vidéos, ce qu?il appelle le ?one-eyed God qui veut que ses dévots soient gros?. Il faut, rappelle-t-il, garder en tête que si l?enfant mange beaucoup entre cinq et neuf ans, il sera difficile pour lui de perdre les kilos accumulés plus tard.
S?il vous est arrivé, donc, d?entamer régime après régime, de perdre dix kilos pour en reprendre 20 (ou inversement d?en prendre et d?en reperdre si vous êtes en dessous de votre poids normal), de vous en vouloir de ne pouvoir atteindre le but que vous vous êtes fixé, dites-vous qu?il ne manque peut-être qu?une chose : prendre conscience que le corps et l?esprit vont de pair. Ainsi, pour qu?il soit efficace, il se peut que votre régime ait besoin d?être à la fois physique et psychique. Voilà ce que l?Anglais appelle ?food for thought? : songez-y...
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